‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 41 sur 118 · I . MOMALEMBEUT, loC. cil., p. 1 i · texte numérisé non relu

I . MOMALEMBEUT, loC. cil., p. 1 i

sur tous et se lia avec lui d'une étroite intimité. Appuyé sur cette amitié royale, l iniluence de Wilfrid devint prépondérante. Le jeune roi venait de fonderie monastère de Ripon, destiné à une grande célébrité. Il y avait fait venir des religieux scots adonnés aux usages celtiques. Wilfrid persuada au roi d'imposer aux nouveaux venus l'obligation d'abandonner leurs usages, en particulier pour la célébration de la Pâque . Ceux-ci préférèrent retourner à l'abbaye de Melrose, d'où ils venaient, et 'VN^ilfrid, resté maître du champ de bataille, devint abbé de Uipon qu'il gouverna scion ses principes. Peu après il reçut le sacerdoce à Ripon des mains d'un évêque franc, Agilbert, qui avait résilié son siège.

De nouveau la question des rites celtiques allait se poser. Nous avons dit, au chapitre précédent, la grande œuvre de conversion que les moines celtes avaient accomplie dans l'Heptarchie, notamment dans ce pays de Nortliumbrie, qui plus qu'aucun autre avait subi leur influence. Le roi actuel, Oswy, à qui sa victoire sur Penda le mercien, son litre de Bretwalda et ses autres qualités donnaient une situation privilégiée, avait été élevé dans la pratique des rites celtiques et n'en voulait pas d'autre. Wilfrid venait jeter une note discordante et déjà le fils d'Oswy et la reine Eanfleda étaient gagnés à la cause des rites romains. Le roi Oswy résolut d'en finir avec ces dissidences qui jetaient la division dans les esprits, au sein même de sa i'amille, et en GG'i, il réunissait, pour trancher cette question,

une conférence qui est restée célèbre dans cette histoire. Le lieu choisi, Whitby, était ce fameux monastère, une des gloires de la Northumbrie, alors sous la direction de la célèbre abbesse Hilda, la fille spirituelle de saint Aidan qui gouvernait, avec une admirable maîtrise, une communauté de moines et une communauté de religieuses, réunies sous sa juridiction, comme on en rencontra beaucoup chez les Saxons'. L'assemblée était composé de tous les hommes qui avaient le droit de siéger dans les assemblées nationales, ou witenagemot, de plus, de tous les principaux personnages ecclésiastiques ou laïques du pays.

La discussion commença entre le parti des Celtes représenté par l'évêque de Northumbrie, Colman, et par quelques autres ecclésiastiques, et les tenants des usages latins, dont l'anglo-saxon Wilfrid était l'âme. Actuellement la question semblait circonscrite à l'observance de la Pàque ; les autres usages étaient tombés en désuétude ou du moins relégués au second plan. Elle avait bien son importance, comme nous l'avons déjà fait observer, car Pàque est le pivot de l'année liturgique, et une différence sur sa date entraîne toute une série de changements qui affectent le caractère même du culte divin, mais en somme question de pure discipline qui aurait pu, semble-t-il, se régler à l'amiable.

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