‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 42 sur 118 · I. Voir le chapitre vm. p. 2i · texte numérisé non relu

I. Voir le chapitre vm. p. 2i

Bien des préjugés de race étaient tombés depuis que les Celtes étaient devenus les missionnaires des Saxons, les anciennes luttes étaient assoupies. Mais deux familles d'esprit se trouvaient encore aux prises. Les partisans des usages anciens, d'esprit indépendant, séparatiste, indiscipliné, c'est-à-dire les Celtes, qui avaient imposé leur manière de voir à beaucoup d'Anglo-Saxons ; de l'autre côté, l'esprit de discipline, d'autorité, de règle, représenté par Wilfrid et les partisans de Rome.

Après de longues discussions, la question futtrancliée par voie d'autorité, et avec un rare bon sens, par le roi Oswy qui présidait l'assemblée. « Est-il vrai, demanda-t-il aux dissidents, que Notre-Seigneura ditàPierre : Tues Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle, et je te donnerai les clefs du royaume des cieux? » Colman, l'évêque de Lindisfarne, qui avait juridiction sur ce vaste royaume, et défendait les usages celtiques, n'eut garde de le nier. « Pouvez-vous, reprit le roi, me prouver que Notre-Seigneur ait dit les mêmes paroles à votre Columba? » C'était de lui que se réclamait surtout Colman; il n'osa cependant le mettre sur le même rang que Pierre. « Vous êtes donc d'accord sur ce point que les clefs du ciel ont été données à Pierre? » reprit le roi. « Eh bien donc, continua-t-il, s'il est le portier du ciel, je ne veux pas le contredire, mais au contraire lui obéir en tout, de peur qu'en arrivant aux portes du royaume céleste, il n'y

ait personne pour me les ouvrir, si je suis l'adversaire de celui qui en lient les clefs. De ma vie jo ne ferai ni n'approuverai rien, ni personne qui lui soit contraire »

La réponse était concluante ; l'avis du roi fut adopté par l'assemblée, mais Colman ne se rendit pas ; il abandonna son évèclié et se retira avec les moines scots de Lindisfarne à lona, cette dernière citadelle des Celtes. Mais le coup de grâce venait d'être porté dans celte assemblée de Wliitby aux usages celtiques et aux tendances séparatistes.

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