Aldhelm
Aldhelm est du sang saxon le plus pur; il appartient à la famille royale du Wessex ; né au milieu du vii^ siècle, il doit sa première éducation à un
1. Cf. The Poclry of Ihe Codex Verceltensis, éd. J. M. Kf.mble, Londres, jElfric Society, 1847-1850, 8°; Coi.i-Aîicz, Cyneuoulfs Christ, Londres, 189-2; Jusserand, Hisl. litt. du peuple anglais, Paris, 1894, p. 72 sq.
Le poème sur la croix The holy Rood, gravé en caractères runiques sur la croix de Rutinvell, lui est parfois attribué. Cf. G. Ste- PHEN, The old Norlhcrn runic monwncnls of Scandinavia and Enfjland, 180G-18G8, t. I, p. 405 sq. et Jisserand, p. 75.
2. Cf. TiioiiPE, Libri Psalmorion cum paraphrasi anglo-saxonica, Londres, 1835; The earliest English prose Psaller, wilh eleven canlicles, éd. K. D. Biii.imiNG, Londres, Early English Tcxl Society, 1891; Eadwine's Canlerbuvy Psalter, éd. K. H.irsley, Londres (ETS), 188!).
maître irlandais, Maidulf, qui a donné son nom à Malmesbury [Maidulphi Burgus). Ainsi le premier Anglo-Saxon qui cultiva avec quelques succès la littérature latine classique fut formé à l'école celtique. Mais il vint de bonne heure à Cantorbéry, dans une des écoles fondées par Théodore de Tarse, où il apprit non seulement le grec, mais l'hébreu. 11 fut ensuite abbé de Malmesbury, fonda ou restaura plusieurs monastères, entre autres le fameux monastère de Glastonbury '. Il est vraisemblable qu'il fit le voyage de Rome vers 692. Plus tard il fut évêque de Sherborne dans le Wessex et mourut en 709.
Si ses ouvrages sont fort intéressants au point de vue historique pour nous iixer sur le degré de culture classique d'un scholardu wi" siècle, ils ont une bien mince valeur littéraire.
C'est un barbare de beaucoup de latin et de grec. S'il se forma patiemment à l'école des classiques, il n'apprit pas d'eux la règle, la mesure, la proportion. Comme tant de barbares et de novices en l'art d'écrire, il ne sut pas goûter le naturel des maîtres, qui est la forme de l'art la plus élevée; son admiration alla naturellement aux décadents, à l'emphase, à l'extraordinaire, aux jeux de mots, à l'acrostiche, au logogryphe. Dans une de ses épîtres, quinze mots de suite commencent par la même syllabe. Le compliqué, le tour de force littéraire, lui parurent le comble de l'art. Mais parmi tous ces tours de