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Monastères anglo-saxons

II faut laisser ces monastères celtiques pour étudier un autre courant monastique, beaucoup moins brillant, moins poétique, moins exalté, de proportions plus humaines, mais par là même, d'une influence plus durable.

Le plus important de ces monastères anglosaxons, ou mieux romano-saxons, est celui fondé par saint Augustin lui-même à Cantorbéry, avec le concours d'Ethelbert, roi de Kent, sous le titre des apôtres Pierre et Paul, et qui fut pendant des siècles la capitale religieuse des Anglo-Saxons -.

Pendant qu Ethelbert et Augustin fondaient Cantorbéry dans le Kent, Mellitus, un des compagnons d'Augustin, jetait les fondements sur les rives de la Tamise, sur un îlot perdu au milieu d'un marais ; d'un monastère dédié à saint Pierre, et dont la gloire rivaliserait un jour avec celle de Cantorbéry. Sa situation à l'ouest de Londres, la capitale du petit royaume d'Essex, lui faisait donner le nom de mo-

. 1. Hist. de Fmnrc, 1. II, o. i. p. iiii.

2. Sur Cantorbéry, voir l'art, de dom Leclercq dans notre Diet. d'archéoL et de liturgie, t. II.

nastère de l'ouest, ou Westminster, qui devint bientôt la sépulture des rois et des grands hommes de l'Angleterre, et comme le cœur de cet empire géant sur lequel le soleil ne se couche pas ' .

Une autre rivale de Cantorbéry s'élevait presque à la même époque dans un royaume du nord de l'Heptarchie. La ville d'York, déjà célèbre du temps des Romains, était devenue la capitale du royaume de Northumbrie. Paulin, autre compagnon de saint Augustin, en avait fait la capitale religieuse de ce royaume. Il y construisit bientôt un monastère (627) qui fut en même temps sa cathédrale, et qui deviendra la métropole du nord de l'Angleterre, souvent en lutte dans le cours des siècles avec Cantorbéry qui lui conteste la primatie.

Lindisfarne rappelle lona. Fondé par Aidan, disciple de saint Colomba, ce monastère s élève, comme lona, au sein d'une île sauvage, mais cette île est située sur la rive opposée, dans la mer du Nord, reliée à la côte northumbrienne par un bras de terre que la mer immerge à certaines heures. Lindisfarne devint bientôt la métropole religieuse de la Northumbrie. Le monastère, quoique situé en plein pays saxon, est donc celle par son origine, comme il le fut par ses traditions jusqu'à ce que Wilfrid en fit un des centres de la réaction romanosaxonne contre les usages celtiques-.

1. Stanley A. P., Hisloriral Mcmorial of Walminstcr Abbey, London, 1868; 5= éd., 1892.

2. Cf. MoNTALEMEKiiT, loc. Cit.. t. IV, p. 20 et t, V, appcndicc.

Au sein du royaume deWessex, Cenwalcli, le roi converti, fonda pour les Saxons de son royaume (vers 650) un monastère à Winchester, qui lui aussi eut sa célébrité, et celui de Malmesbury, qui aura une belle page dans l'histoire monastique d'Angleterre. Malmesbury doit sa principale illustration à saint Aldhelm. Ce monastère avait été fondé par un moine scot, Maidulphe, sur les confins du Wessex et de la Mercie. Aldhelm, son disciple, fut élu abbé à la mort de Maidulphe \ et sous sa direction le monastère devint une savante école où furent cultivés le latin, le grec, l'hébreu.

L'élément monastique celte, si puissant dans la période précédente (avant 650), devait reculer devant les traditions romaines. Nous avons dit quel fut à ce point de vue l'influence de saint Wilfrid. Il faut donner encore ici les noms des grands monastères fondés à l'époque de ces grandes contestations.

En première ligne Ripon, œuvre du roi Alchfrid, d'abord confié à des moines celtes, puis donné à Wilfrid (661-664) qui en fit sa capitale monastique. Comme Ripon, et presque contemporain, le monastère fondé par les rois de Mercie, sous l'influence encore de Wilfrid, en l'honneur de l'apôtre saint Pierre, en garda le nom, hurg de Pierre, ou Peterborough. Nous avons raconté la dédicace de ce grand monastère en 664, qui fut un véritable événe-

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