‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 72 sur 118 · KiNG Henry V · texte numérisé non relu

KiNG Henry V

•4. Cil. II, p. M.

monastère et évêclié, au temps du roi Arthur (v^^ et VI* siècle), compte aussi parmi les capitales du monachismc celtique en Cambrie. De là sortirent de nombreuses colonies de moines. C'est l'un d'eux, Iltud ou Eltut, qui fonda le monastère de Bangor, sur la Dee, le plus célèbre peut-être de tous ces noms monastiques ^ Il compta, dit-on, un moment, plus de deux mille moines divisés en sept cohortes qui se relayaient pour chanter l'office, et vivaient du travail de leurs mains.

Celui de Saint- Asaph (d'abord Llan-Elwy), fondé par saint Kentigern, qui fit sept fois le voyage de Rome ''^ de 550 à G12, ne comptait guère moins de cénobites que celui de Bangor. Ils étaient aussi divisés en troupes, chacune environ de trois cents hommes. La première cultivait les champs, la seconde travaillait à l'intérieur du monastère, la troisième était plus spécialement consacrée à chanter l'office divin. Ce monastère devint, comme beaucoup d'autres, un siège épiscopal.

Mais toutes ces gloires s'éclipsent devant celle d'Iona, le monastère de prédilection de Columba, la perle des monastères celtes et la « capitale monastique de l'Ecosse ». C'était un îlot désert et sauvage, au sein de l'archipel des Hébrides, sans cesse battu par les flots courroucés de l'Atlantique, Ijalayé

1. Ce Bangor est dilTércnt du Bangor d'Irlande d'où sortit saint Colomban, et du Bangor du comté de Caernarvan, siège d'un évcché au VI'' siècle.

■2. Bou AND., Acta SS, jun t. I. p. 81!) sq., 919 etc.

3. Dans la presqu'île calédonienne; le nom primitiT lilait Ily.

par des venls terribles qui ne laissent pousser ni un arbre ni une plante, sombre, aride, il n'a qu'une lieue de long sur un tiers de lieue de large. C'est là que vint se fixer Colomba fugitif, exilé, proscrit, pour y pleurer ses péchés, loin de son Irlande qu'il ne voulait plus revoir.

Sa sainteté fit de ce lieu sauvage un foyer de vie monastique intense, et de civilisation pour le nord de l'Angleterre.

Son temps fut désormais partagé entre le travail agricole et la transcription des manuscrits. Il apportait à cet exercice une telle ténacité, une telle passion, qu'on lui attribue la copie de trois cents exemplaires des évangiles. Il fut aussi un grand missionnaire et convertit de nombreuses tribus de Pietés .

Bientôt sa réputation attira de tous côtés des disciples; lona devint trop petite. Il fallut essaimer. Durant trente ans il envoya des colonies monastiques dans les îles voisines et dans toute la Calédonie. On parle de trois cents monastères ou églises qui, tant en Hibernie qu'en Calédonie, se réclament de lui. lona devint le quartier général des missionnaires irlandais, leur base d'opération pour la conversion du nord de l'Angleterre, la métropole de ce monde monastique, et Colomba fut le chef respecté de cette république, ou mieux le père de cette vaste famille, et son infiuence morale tenait en échec le pouvoir des rois. Après lui, et pour longtemps, lona garda cette suprématie hiérarchique dans tout \c nord de l'Angleterre. « lona, s'écrie Michelet,

lona sépulture de soixante-dix rois d'Ecosse, la mère des moines, l'oracle de l'Occident au vu'' et au viii'= siècle ; c'était la ville des morts, comme Arles dans les Gaules, et Thèbes en Egypte'. »

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