Sllfric
Oswald, rarclievêquc d'York, l'ami de saint Dunstan et son rival dans l'œuvre de la réforme, vivait encore et continuait sa tâche [f 992). De vigoureuses protestations s'élevaient contre le mariage des prêtres; et de nouvelles lois étaient portées pour obliger les évèques, les abbés, les prêtres, les moines et les religieuses à vivre dans la chasteté'. /Elfric, abbé de Cerne dans le Dorsetshire; écrivait pour l'évêque de Sherborne des canons qui précisaient sur ce point la discipline. 11 rappelait aux prêtres le devoir de prêcher chaque dimanche.
1. cr. Le corps de luis décrétées à Enham, sous Etlielred, vers
INVASIONS DANOISES
Bien plus, pour leur faciliter ce devoir, il écrivit deux livres contenant chacun quarante homélies, qui sont l'un des rares monuments littéraires de cette époque, si pauvre à ce point de vue. C'était un disciple d'.Ethehvold qui avait vécu dans le monastère de ce dernier à Winchester. Ses homélies, écrites de 983 à 990, ne sont pas très originales.
Ce sont pour la plupart des traductions ou des adaptations du latin en anglais. On y trouvera aussi un goût excessif pour l'allégorie ; mais pour un clergé ignorant, c'était encore beaucoup d'avoir, pour chaque dimanche de l'année, un sujet ou un modèle de prédication ^ L'une de ces homélies contient sur la transsubstantiation un passage qui a donné lieu à de longues controverses et dont quelques théologiens protestants ont voulu tirer la preuve que l'enseignement de l'Eglise d'Anglelerre sur l'Eucharistie n'était pas celui de l'Eglise de Rome. Le passage est du reste assez obscur, et il est certain que dans ces lignes pas plus que dans l'ensemble de ses livres, ^Elfric ne se montre pas théologien très précis, ni très profond.
Mais outre que le passage pourrait s'interpréter d'une façon conforme à l'orthodoxie, l'auteur ne saurait être cité comme un témoin authentique et officiel de la foi de son Eglise sur ce point particulier. Les docteurs de l'âge précédent, à leur tête
1. Sur les colleclions antérieures d'homélies en anglais, cf. Tlie Blickling homilies of the X"' cenlury, (•(). Moniiis, Londres. 1 vol. 8°, et aussi Hi'nt, The English Church, p. .'JTi.
le vénérable Bède. déposent en faveur de Torthodoxie ' .
A côté de ces homélies, ^Elfric a écrit quelques vies des saints, qui semblent aussi destinées à la prédication. 11 a composé encore une grammaire latine, des dialogues en latin et en anglais, et quelques autres ouvrages qui font de lui l un des auteurs les plus féconds de ce siècle.
Au milieu de cette disette littéraire, il y aurait lieu sans doute de citer ici la rédaction de tant de livres liturgiques qui, s'ils ne témoignent pas d'une grande originalité au point de vue de la composition, sont une preuve des progrès faits dans l art de l'enluminure des manuscrits. Le Missel de Robert de Jumièges, le Bénédictional d'.Ethelwold, le Bénédictional de Robert, et quelques autres livres de ce genre, sont des merveilles calligraphiques, qui font honneur aux monastères de ^Vinchester où ils furent écrits. Xous avons un appendice consacré spécialement à cet objet.