Actes et Paroles, t. II, pp
Lettre à Louis Bonaparte, le 8 avril 1855 ‘, sur les murs de Londres : affiche fut déchirée, selon Hugo, par « la police de Paris * ».
Dans cette lutte de Hugo contre « l’Anglo-France » de la guerre de Crimée les loyaux Jersiais n'avaient pas caché de quel côté se trouvaient leurs sympathies. Une note du Journal de l'Exil nous apprend que lors de la prise de Sébastopol, les habitants de l’île menacèrent de mettre à sac la maison de Victor Hugo s’il n’illuminait pas . Le 28 septembre 1854, lorsque le poète eut porté un toast, dans une réunion des proscrits, à la République Universelle, tous les assistants se levèrent en criant : Vive la République Universelle ! et un Jersiais ajouta : Et le God save the Queen aussi‘. Tous les journaux de l’île étaient hostiles aux proscrits maintenant : l’Impartiàl de Jersey, notamment, d’abord favorable aux exilés, excitait maintenant [a population contre eux”. Les quelques amis fidèles que les proscrits comptaient parmi les habitants étaient un peu persécutés ‘.
Survint la fameuse Lettre à la reine d’ Angleterre de Félix Pyat à propos de la visite rendue par la reine Victoria à Napoléon III à Paris . Cette lettre, « éloquente, ironique et spirituelle * », lue dans une réunion publique d’abord à Londres, ensuite à Jersey, le 22 septembre 1855, et publiée dans le journal des exilés, L'Homme, le 10 octobre 1855, était, sans doute, comme l’affirme Vacquerie, trop « parisienne » pour « ces lourdes compréhensions saxonnes » qui croyaient savoir le français ; le passage suivant sou-