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En 1865, Hugo écrivit son roman des Travailleurs de la Mer, et une préface importante (qui ne fut publiée qu’en 1883), intitulée L’Archipel de la Manche, dans lesquels sont résumées toutes ses impressions de la population parmi laquelle se passa son exil, et qui constituent, par conséquent, à certains égards, le tableau le plus important qu’il ait peint de la vie anglaise,
Le tableau n’est pas, à tout prendre, très flatteur, et ne diffère pas essentiellement de celui tracé par Vacquerie dans Les Miettes de l’histoire (v. pp. 119-20.) Ce qui semble avoir le plus frappé Hugo dans les îles de la Manche, c’est l’austérité religieuse excessive des habitants *. Notamment, « la stagnation du dimanche fait loi ? »; «le dimanche, ce roi d'Angleterre, à pour prince de Galles le spleen. Il à le droit d’ennui. Il ferme les ateliers, les laboratoires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, presque les jardins
- et les bois”. » Il y est défendu aussi de dire « Mon Dieu »
en dehors de la prière ‘.
Les sectes pullulent dans l’archipel *, — le wesleyanisme étant surtout très prospère ‘, — et ne s’accordent que dans
comme il le disait lui-même. Nous savons que l'aristocratie de l'île fit de grands efforts, surtout vers la fin de l’exil de Hugo, pour le faire sortir de sa solitude : le baïlli de Guernesey, avec sa femme et sa fille, la duchesse de Saint-Albans, lady Diana Beauclerk, Sir Robert Peel et sa femme sont nommés dans les Carnets parmi les visiteurs de Hauteville House; mais Hugo ne rendait jamais ces visites (il ne reçut même pas les Peel) et c’est bien à contre-cœur qu'il invita un jour à déjeuner la duchesse de Saint- Albans.
4. Cf. « À Guernesey, ce qui fut jadis druidique est maintenant huguenot; ce n’est plus Moloch, mais c’est Calvin ; l’égiise est froide, le paysage est prude, la religien a de l'humeur. » Actes et Paroles, &t. IL, pp. 6-7.