Ibid., pp. 96 et suiv
6. Asseline (A.), Victor Huyo intime. Paris, 1885, pp. 257-8.
et moins excusables, que l’ignorance où étaient les Guernesiais de la langue et littérature françaises ‘. Victor Hugo n’était pas seulement l’objet d’une indifférence presque complète dit Stapfer : « Le cant piétiste et puritain lui était même très décidément hostile, et s’indignait tout bas, — ou tout haut, — de sa vieille liaison avec «Mme Drouet », malgré l’âge respectable de Juliette et l'extrême réserve de son existence toute retirée *. » Stapfer raconte aussi qu'un dimanche, un prestidigitateur anglais, le docteur Lynn, tint une séance d’escamotage et de magie à Hauteville House. Victor Hugo invita plusieurs des habitants. Mais les invités ne vinrent pas nombreux. Le directeur d’un des journaux de l’île ne se contenta pas de refuser l'invitation, mais fit à Hugo un sermon d’assez mauvais goût sur la sainteté offensée du repos dominical *.
La leçon d'égalité et de fraternité que Hugo tâcha de donner aux Guernesiais au moyen du dîner des enfants pauvres ‘, ne semble pas avoir enchanté, non plus, les Guernesiais. Hugo à jeté la note suivante sur un de ses Carneis : « 24 décembre (1863). Christmas de mes petits pauvres. Un Anglais est venu exprès d'Angleterre, ce matin, pour voir cette petite fête intime. Presque personne de l’île *. » Stapfer dit, aussi, que si la meilleure société de l’île assistait quelquefois aux fêtes des enfants pauvres organisées à Hauteville House, c'était grâce, uniquement, à l'initiative de Miss Carey, fille du bailli, sir Stafford Carey, laquelle admirait passionnément Victor Hugo ‘.
1. Autre preuve de la même ignorance : les encriers de Lamartine, de Dumas, de George Sand et de Victor Hugo, réunis par Mue Hugo dans une vente qu’elle organisa pour les pauvres de. Guernesey, n’eurent pès d'acquéreurs. G. Simon, La Vie d'une femme, p. 345.