‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 129 sur 202 · William Shakespeare, pp · texte numérisé non relu

William Shakespeare, pp

4, William Shakespeare, p. 301.

(Le Groupe des Tdylles, XV), lequel faisait partie, originairement (avec l’Idylle intitulée Pétrarque), d’un poème composé par Hugo « pendant son absence à Jersey, 13 juin 1860 ». Dans les notes de son édition de la Légende des Siècles, M. Berret rapproche cette pièce, sans, pourtant, supposer une imitation consciente, de certains passages des Sonnets (que François-Victor avait traduits en 1857) dans lesquels Shakespeare chante « la vision imaginaire de son âme ». M. Berret fait observer aussi que le rapprochement de Pétrarque et de Shakespeare, sous-entendu par sa répartition des deux parties de son poème, Pendant son absence, a été suggéré à Hugo par un parallèle semblable établi par François-Victor dans la préface de sa traduction des Sonnets.

Signalons à notre tour la ressemblance qui existe entre lidylle Shakespeare et un passage de William Shakespeare, dans lequel Victor Hugo analyse le caractère de Hamiet : «… Il y à dans ses actions, dit Hugo, du somnambulisme répandu... C’est à travers cette couche de songe qu’il sent, comprend... Il y à entre la vie et lui une transparence : c’est le mur du rêve ; on voit au delà, mais on ne le franchit point. Une sorte de nuage obstacle environne Hamlet de toutes parts. » (William Shakespeare .) Dans l’Idylle, s'adressant à Juliette absente, le poète chante :

Oui loin de toi je vis comme on vit dans un songe; Ce que je touche est larve, apparence, mensonge : J'aperçois ton sourire à travers l'infini ;

La nature ignorée et sainte a de ces gouffres

Où le visionnaire est voisin du réel;

Ainsi la lune est presque un spectre dans le ciel ; Ainsi tout dans les bois en fantôme s'achève ; Ainsi c’est presque au fond d’un abime et d’un rêve Qu'un rossignol est triste et qu'un merle est rieur.

Il est impossible, aussi, de ne pas songer à Dea, — la jeune fille aveugle, aimée par Gwynplaine, dans l'Homme qui Rit, et qui ne voit pas la déformité repoussante de son amant, mais l’aime pour sa noblesse morale, — lorsqu'on

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