V. Choses Vues, éd. Imp. nat., t. Il, pp
7. Cf. la préface de lä Décadence de l'Angleterre. « Proscrits, nous portions avec nous ce droit sacré du malheur qui, chez les barbares même était reconnu comme une espèce de religion publique. Comment l’a-t-on respecté ? Nous avons eu chaque jour à subir l'insulte, et l'aristocratie anglaise nous à fait trainer sur toutes les claies de son journalisme. nous dénonçant à son peuple comme des forçats échappés du bagne, comme de misérables bandits, comme les immondices des égoûts de Paris.» (C’est Ledru- Rollin qui souligne.) Calman, op. cit, p. 31, confirme le témoignage de Ledru-Rollin.
Louis Blanc avait proposé à Victor Hugo, en 1851, de fonder à Londres un journal paraissant toutes les semaines en français et dirigé par trois Français (Hugo, Louis Blanc, Leroux), trois Allemands et trois Italiens. C’est lui qui servait de guide à Hugo lorsque celui-ci venait à Londres. Hugo trouvait sans doute que Louis Blanc était, dans ses Letires sur l'Angleterre ‘, trop prêt à étudier la politique égoïste de l'Angleterre * du point de vue des intérêts plutôt que des principes”, trop habitué, aussi, à considérer l'Angleterre comme «le pays des contradictions et des contrastes ‘ », et par conséquent, trop peu enclin à porter une condamnation générale contre les Anglais *.
En même temps, Hugo prépare son dossier de notes pour Quatre-vingt-treize ‘. Cette entreprise l’oblige à faire des recherches sur l’aristocratie anglaise au xvie siècle, et à Bruxelles, il emprunte des livres d'histoire sur ce sujet ?.
De ses expériences dans les îles de la Manche, des témoi-
4. Paris, 1866-7, 2 séries on 4 volumes. Ces lettres traitent des années 1861-
2. Qu'il dénonce, pourtant, assez vivement : v. Lelires sur l'Angleterre, dre série, t. 1, pp. 33, 417, 4149-50, etc., etc.
3. Il montre que la clef de la politique étrangère de la Grande-Bretagne est sa défiance profonde de Napoléon lil, et il trouve que la Grande-Bretagne à raison de se méfier. Jbid., 11° série, t. I, pp. 68, 146, 400, ete. ; t. I, pp. 440, 255, ete. ; 2 série, €. I, pp. 37 et suiv. 74, 194, etc. ; &. IT, pp. 2, 425, 464, 469, 2411-12, etc.
4. Of. ibid., préface de la Are série, p. v-vi; 2° série, &. À, p. 223, etc.
5. Un exemple trivial de la réaction de Victor Hugo contre l’anglophilie de Louis Blanc : « Je me souviens que lorsque Hugo vint à Londres, nous allämes ensemble visiter la ville et ses monuments. Quand nous fûmes devant Saint-Paul, il trouva sans doute mon admiration pour cette célèbre église un peu exagérée, car il me dit en riant : (Eh bien, quoi ? C'est le Val-de- Grèce qui a mangé des moules! » (Louis-Blanc, op cit., 17° série, t Il, p. 73).
6. La première mention de Quatre-vingt-treize, dans la correspondance de Victor Hugo, date de 1865. (V. Quatre-vingt-treize. éd. Imp. nat., notes de l'éditeur.)
7. En Octobre 1866, Paul Stapfer demandait à Hugo « s'il était exact qu'il fût actuellement occupé à écrire une histoire de l'Angleterre pendant la seconde moitié du xvure siècle. »
« Non, répondit Hugo, c’est une pure invention de la presse .. à moins que ce roman n'ait son origine dans cette circonstance vraie. qu’à Bruxelles
j'ai fait quelques recherches sur l'aristocratie anglaise et que j'ai demandé .
au bibliothécaire de me prêter des livres d'histoire. » Stapfer op. cif. p. 30.