‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 177 sur 202 · Chasles, op. cit., vol. II, p · texte numérisé non relu

Chasles, op. cit., vol. II, p

3. « Comment Victor Hugo utilisa les Délices de la Grande-Bretagne, de Beeverell, dans L'Homme qui rit. » (Modern Language Review, 2 avril 1943.)

BeevereLL, 0p. cit, IV, 850-1.

« De la ville de Londres il faut passer le pont, ou bien se faire conduire en bateau, pour voir le bourg de Southwark, que l’on nomme communément Soudrick.. lequel est si grand, si beau, si bien bâti, si peuplé, qu'il passeroit ailleurs pour une fort grande ville, puisqu'on n'y compte pas moins de cinq grandes Paroisses,

On y va voir le Jardin des Ours...

(voir p. 208.)

« Il s’y trouve une verrerie, où l'on fait d'assez beaux verres, et une boutique de poterie ou l’on fait de la porcelaine. De là l’on passe dans la Paroiïsse de Lambeth, pour voir le Palais des Archevêques de Cantorbéry; c’est un bâtiment antique, construit au bord de la Tamise, au-dessus de l'endroit où elle fait un coude, et vis-àvis du Palais de Westminster.

Près de ce Palais on peut aller voir une promenade fort longue et fort agréable nommée Foxhall. »

L'Homme qui rit :

« .…. Southwark alors se prononçait Soudric... »

Le Southwark de ce temps-là ressemble au Southwark d'aujourd'hui comme Vaugirard ressemble à Marseille. C'était un bourg; c’est une ville... »

(t. Il, pp. 3-4.)

(Gwynplaine se promène dans le Tarrinzeau field vers minuit, après avoir reçu le billet de Josiane) : « Minuit venait de sonner aux Cinq paroisses de Southwark avec des intermittences et des différences de voix d’un clocher à l’autre. »

(SIL peut)

Les plus belles boxes d’alors… (t. 1, pp. 388, 3914-2; voir p. 208.)

-« En amont de l'Effroc Stone, au

coude de Ia Tamise, presque vis-à-vis le palais de Saint- James, derrière Lambeth House, non loin de la promenade appelée alors Foxhall (Vaux-hall probablement) il y avait, entre une poterie où l’on faisait de la porcelaine et une verrerie où l'on faisait des bouteilles peintes, un de ces vastes terrains vagues où l'herbe pousse, appelés autrefois en France cultures et mails et en Angleterre bowlinggreen. »

(t. IL, p. 5.)

Ailleurs Victor Hugo à suivi un peu moins fidèlement ce Baedeker anglais du xvirie siècle. Il place, par exemple, à l’entrée de la geôle de Southwark l'échelle de bois pétrifié que Beeverell dit avoir disparu, au temps de Henri VIII, avec l’Abbaye de Woburn ‘. Et il fabrique les bas-reliefs

1. L'Homme qui rit, t. IT, p. 115. Beeverell. op. cif., t. II, p. 507.

de la Chambre des Lords avec des détails pris au hasard dans Beeverell et qui n’ont absolument rien à voir avec cette institution : « À droite du trône, une cheminée, blasonnée au pinacle, offrait deux bas-reliefs de marbre, figurant, l’un la victoire de Cuthwolph sur les Bretons en 572, l’autre le plan géométral du bourg de Dunstable, lequel n’a que quatre rues, parallèles aux quatre parties du monde‘. » Cf. Beeverell : « … Ce fut dans les prairies de Bedford que l’an 572, Cuthwolph remporta une victoire décisive sur les Bretons, et les contraignit à lui céder le pays ®; » et plus loin « … Dunstable, bon bourg, bien peuplé, situé sur un fond de craye, et composé de quatre rues, qui sont parallèles aux quatre parties du monde. »

Victor Hugo possédait à Guernesey aussi l’immense

‘ in-folio de Maitland', mais il ne paraît pas y avoir fait beau-

coup d'emprunts, sauf dans le passage où il parle de l'hiver, «mémorable aux pauvres », de 1689-1690 : « … de longues listes d’indigents trouvés morts de famine et de nudité sont encore lisibles aujourd’hui dans beaucoup de répertoires locaux, particulièrement dans les pouilles de la Clink liberty Court du bourg de Southwark, de la Pie powder Court, ce qui veut dire Cour des pieds poudreux, et de la White Chapel Court, tenue au village de Stapney par le bailli du seigneur ‘. » Ces cours sont décrits par Maitland (pp. 579, 644, 646); mais celui-ci ne souffle pas mot de ces « longues listes d’indigents trouvés morts de famine » !

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