‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 52 sur 202 · V. Marsan, J. La Bataille romantique, pp. 163 et suiv · texte numérisé non relu

V. Marsan, J. La Bataille romantique, pp. 163 et suiv

4. L'avènement de Canning. et la politique libérale de celui-ci, les avaient réconciliés à l'Angleterre. D'ailleurs ils trouvaient outre-Manche les modèles des institutions parlementaires qu'ils revendiquaient pour la France, et ils considéraient le voyage en Angleterre comme une partie indispensable de l'éducation d’un homme politique. Cf. l'exemple de Duvergier de Hauranne, qui accompagna Sir Robert Wilson pendant sa campagne électorale à Southwark, en 1826. (V. Delecluze, Op. cit., p. 326. et cf. Elkington, op. cié., p. 124 et suiv). L

5. Dans le Globe libéral, fondé en 1824, le l'béralisme s'étend à la littérature, malgré la résolution du fondateur, Dubois, de ne pas applaudir à « ces écolés de germanisme et d’anglicisme qui menacent jusqu’à la langue de Racine et de Voltaire... » (C4. Marsan, p. 167.) « A partir de 1824, le seul

Es,

1819-1827. ANGLOPHILIE POLITIQUE DT

Par conséquent, les poèmes où s'exprime le napoléonisme de Hugo, à cette époque, sont moins anglophobes qu’on ne l’aurait attendu. Sans doute n'est-il pas étonnant, puisque le but du poète est de venger l’insulte de l’ambassadeur autrichien, que dans l’Ode à la Colonne son indignation soit dirigée contre l’ « aigle à double tête » : mais même dans Lui‘, où il ne s’agit plus de la gloire de Napoléon, maïs de sa captivité, l'Angleterre est à peine mise en cause : une brève allusion, en passant, aux « geôliers vils » de l'Empereur forme un contraste assez remarquable avec la violente diatribe que Hugo avait rédigée un an plus tôt contre l’Autriche, qui avait pourtant fait moins de mal à son héros. Le rôle joué par l’Angleterre dans la victoire de Navarin lui à, évidemment, fait oublier un peu Waterloo *.

C'est à ces tendances libérales qu’il faudrait attribuer, aussi, la ferveur un peu inattendue de l’article que Victor Hugo publia, dans la Muse Française, au mois de juin 1824 sur la mort de Byron. Il y place Byron à côté de l’idole de sa jeunesse, en ajoutant, il est vrai, que Chateaubriand est supérieur au poète anglais «autant par sa propre élévation que par la hauteur de sa morale ».

S'il reproche à Byron, considéré comme poète, de « négliger absolument l'ordonnance de ses poèmes», de«pouss(er) trop loin le lyrique dédain des transitions », et de jeter sur ses descriptions physiques des clartés trop « fantastiques » et des teintes trop « vaporeuses », sur le chapitre de la religion et de la morale, il est singulièrement indulgent. L’impiété de Byron n’est qu'un aspect, le « côté

organe vraiment intéressant à consulter sur la question de renaissance dramatique » (Des Granges, C. M. La Presse lilléraire sous la Restauration, Paris, 1907, p. 334), le Globe défendra Shakespoare (Cf. les articles d'É&. D. (Ernest Desclozeaux) dans le Globe, novembre 1824-octobre 1826), — Shakespeare que les libéraux français avaient fait siffler à la Porte-Saint-Martin, en 1822, comine « aide de camp du due de Wellington » ! (stendhal : Racine et Shakespeare, It partie, Lettre VII), — et fera, en 1827, plus qu'aucun autre journal pour assurer le succès des représentations anglaises de l’'Odéon. (Cf. les extraits des comptes rendus de Charles Magnin donués par Borgerhoff, op, cil., passim.)

Page 1