MARIE TUDOR
La reine Marie, autrefois amoureuse du cardinal Polus, aime passionnément, maintenant, un Italien, nommé Fabiano Fabiani. Elle étale sa passion sans aucune honte ni scrupule ; elle a élevé son amant d’un état très obscur, — ilest le «fils d’un chaussetier du village de Larino * », — aux plus hautes dignités du royaume ; elle l’a fait « chevalier doré et comte libre d'Angleterre * », plus précisément, comte de Clanbrassil, baron de Dinasmonddy, baron de Dartmouth en Devonshire, et chevalier de l’ordre de la Jarretière ; tout le monde sait qu’il est tout-puissant, que c'est lui qui commande les nombreuses exécutions qui ensanglantent le règne de Marie. Le favori, pourtant, déguisé en chevalier du pays de Somerset, nommé Amyas Pawlet', à séduit une jeune fille obscure nommée Jane, fiancée d’un ouvrier ciseleur. Il ne faut pas que la reine apprenne l'existence de cette liaison, car, « la reine Marie est prude, quoiqu’elle ait des amants ‘ »; elle à déjà fait mettre en jugement Trogmorton pour avoir été chez une fille ; c’est une «lionne qui guette », et, dans l’emportement de sa jalousie, elle est capable d’une vengeance éclatante.
Maïs Fabiano à un puissant ennemi à la cour ; il s’appelle Simon Renard; c’est l'ambassadeur de Charles-Quint, venu en Angleterre pour négocier le mariage de Marie avec Philippe d’Espagne. Celui-ci découvre le secret de Fabiano et le révèle à la reine. La perte du favori est dès lors assu-
«V.; p.62. x . Marie Tudor, journée II, sc. vit.
. Ibid., journée IF, se. vu.
. Ibid., journée I, se. vi.
. Ibid., journée I, sc. vr.