‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 81 sur 202 · Ms. fo · texte numérisé non relu

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Roy ne dédaigna pas de représenter son personnage ‘ ».

Ce trait, transformé « sous la baguette magique de l’art, » se retrouve, à peine reconnaissable, dans la plainte de lord Clinton : « Madame la reine... vous avez tous les jours dans votre palais des comédies, des théâtres, des estrades pleines de musiciens. Pardieu, Madame, moins de joie chez vous, s’il vous plaît, et moins de deuil chez nous. Moins de baladins, ici, et moins de bourreaux là. Moins de tréteaux à Westminster, et moins d’échafauds à Tyburn °! »

Burnet remarque que l’auteur d’une Vie de Commendon «insinue » que Marie «avoit une pensée particulière en faisant revenir Polus, parce qu’elle demanda à Commendon si ce Prélat ne pouvoit pas se marier, avec dispense du Pape, puisqu'il n’estoit que Diacre *. » Ce détail, noté par Hugo ‘, subit le même grossissement que les autres : dans la pièce Hugo fait dire à lord Chandos : « Il faut que ce damné italien ait ensorcelé la reine. La reine ne peut plus se passer de lui. Elle ne vit que par lui, elle n’a de joie qu’en lui, elle n’écoute que lui. Si elle est un jour sans le voir, ses yeux deviennent languissants, comme du temps où elle aimait le cardinal Polus, vous savez * ? »

A vrai dire, il est inutile de chercher dans ses sources historiques la Marie Tudor que Victor Hugo à peinte dans sa pièce. Celle-ci à été créée d’après un seul fait, un fait historique, il est vrai, mais qu’il n’était pas nécessaire de consulter vingt-sept ouvrages pour apprendre, c’est-à-dire, le fait que Marie était la fille de Henri VIII. Il y a dans le manuscrit un passage très significatif à cet égard : « J’ai dans ma chambre, écrit Hugo, un portrait de Marie Tudor, la sanglante Marie. C'était une jalouse reine, une vraie fille de Henri VIII et dont l’alcove comme celle de son père, s’ouvrait de plain pied sur l’échafaud ‘. »

1.Godwin. Annales des choses plus mémorabies arrivées sous Les règnes de Henry VILE, Edouard VI ei Marie, traduites par le sieur de Loigny, Paris, 1647, p. 148.

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