‹ L'Angleterre Dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 89 sur 202 · Willson, (B.}, op. cit, p · texte numérisé non relu

Willson, (B.}, op. cit, p

san, que Victor Hugo, en juillet 1841, dans la conclusion des Lettres du Rhin’, donne libre carrière à sa haïne de l'Angleterre et préconise une alliance franco-allemande. Cette longue diatribe, où Hugo s'efforce de prouver au successeur de Louis-Philippe qu’il y à en lui Pétofte d’un homme d'état, et où deux ou trois idées générales sont enfouies sous un amas de détails mal triés, de nomenclatures sans fin, et d’analogies trompeuses, peut se résumer brièvement : au xIxe siècle, comme au xviie siècle, deux immenses égoismes menacent la paix de l’Europe, et empêchent le progrès de la civilisation : «l'esprit de guerre, de violence et de conquête est encore debout à l'Orient, l'esprit de commerce, de ruse et d’aventure est encore debout à l'Occident... A la Turquie à succédé la Russie ; à l'Espagne à succédé l'Angleterre *. » Mais que lAngleterre prenne garde : sa puissance est menacée par les mêmes défauts qui amenèrent autrefois la ruine de l’Espagne, — à savoir, l'autorité royale annulée *, une riche aristocratie possédant le sol et vendant le pain au peuple, un clergé opulent, prépondérant et fanatique, la misère du peuple, l’énormité de la dette, la mauvaise administration des vice-rois lointains, une nation sœur traitée en pays conquis (l'Irlande), la distance qui sépare les possessions anglaises de la métropole, l'acceptation des coutumes les plus atroces ‘, enfin une politique étrangère profondément immorale, fourbe et égoïste (« l’esprit mercantile sans l’intelligente probité qui fait du marchand le lien des états * »). Les seules puissances vraiment européennes,

4. Les mêmes sentiments sont exprimés dans un hymne que Hugo composa pour l'inauguration de la statue de Napoléon sur la colonne de Boulogne, le 15 août 1841. L’Hymne ne fut pas chanté, à cause, précisiment, de l'anglophobie de certains vers, et il n’a jamais figuré dans aucun des recueils de Hugo. Biré le reproduit d’après les journaux du temps. Victor Hugo après 1830, {. I, pp. 280-1.

Page 1