En Voyage, p
4, lbid., p. 198,
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rudoyer, sans violer mon incognito, bien entendu. Décidément, je hais de plus en plus chaque jour les grands hôtels, les grandes villes, les grands seigneurs et les grands laquais. Tout cela est insolent, vide et creux. Or, lesdits garçons d’auberge, avec leurs airs britanniques, n'étaient même pas des laquais, comme j’ai eu l’honneur de le leur dire. Ce n'étaient que de pauvres rustres picards vernis de je ne sais quel cirage anglais ‘. »
À côté de l’arrogance, c’est la pruderie qui prédomine dans le caractère anglais. «Je n’ai rien vu de curieux du reste, dit-il dans une lettre à sa femme, datée de Barneville, le 1er juillet 1836, si ce n’est une grande femme sèche et maigre qui à partagé avec le conducteur et moi l'impériale de Saint-Lo à Carentan, fort prude, fort laide et fort bel esprit, un bas bleu vêtu de blanc, avec des cheveux rouges, une sorte d’Anglaiïse tricolore.Je dis Anglaise parce qu’elle avait l’accent, et aussi parce que l'Angleterre est la terre la plus féconde en ce genre de tulipes. Je me suis figuré que c’était Mme Trollope, et j’ai eu tout à coup un fou rire qui à paru la fort scandaliser *. »
C’est encore à Mme Trollope que Hugo pense lorsque, voulant aller de Furnes à Dunkerque à pied et faire transporter son paquet de linge par la diligence, il soulève l’indignation d’ « une grande dame indéfrisable », qui ne se résigne qu'avec « une rougeur pudique » à « avoir des chemises d'homme entre les jambes » ; il assure sa femme que «la grande dame qui ne voulait pas de mon paquet, était Mme Trollope faisant son voyage de Belgique * ».
Plus tard, en 1849, devant la commission théâtrale, lorsque le président fait allusion à la sévérité avec laquelle la censure est exercée en Angleterre, Hugo déclare : « Nulle comparaison à faire selon moi, entre la question du théâtre en Angleterre et la question du théâtre en France. En
1. En Voyage, p. 126 (lettre datée 4 septembre 1837). Cf. sa description de Montalembert en 1847 : « Montalembert, avec ses cheveux longs et son air anglais, doux et dédaigneux. » (Choses vues, lre série. Hetzel-Quantin, 1887, p. 175.)