‹ L'Angleterre en EgyptChapitre 20 sur 73 · LA DETTE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

LA DETTE PUBLIQUE

La loi de liquidation de 1880 nous apprend que la dette égyptienne publique s'est élevée jusqu'à cette date à 98 millions de livres.

La dite dette fût de 94 millions de livres d'après le livre officiel des statistiques égyptiennes, lorsque l'Angleterre occupa l'Egypte.

Selon la règle que la loi de liquidation approuvée par l'Angleterre imposa, cette dette devrait être amortie en 65 années à partir de 1881.

Il y a donc 41 années, durant lesquelles, l'administration financière anglaise en Egypte aurait dû amortir 61 millions de livres. Mais hélas ! Elle n'en a rien amorti ! !

Ces chifîres révélateurs prouvent que l'Angleterre a vraiment trop bénéficié de l'Egypte en la ruinant.

Continuons :

Somme absente 115.000.000

Appointements anglais 50.000.000

Frais de l'armée d'occupation 6.000.000

Cadeau de l'Egypte à l'Angleterre pendant la guerre 3.000.000

Sur les achats anglais 25.000.000

Total 199.000.000

Si nous ajoutons à cette somme ce qu'a perdu le peuple égyptien par suite de la mauvaise administration anglaise, nous trouvons :

Par le manque de drainage dans la Basse Egypte pendant 20 ans (d'après M. St.-Claire Deville) 70.000.000

Par suite de la privation de la nation

de cultiver le tabac pendant 30 ans 60.000.000

A cause de la baisse des prix du coton pendant la guerre (d'après les grands économistes américains) 178.000.000

Total 308.000.000

L'autre total des pertes précédentes 199.000.000

Le total de toutes les pertes 507.000.000

Le total des pertes estimées est à peu près de 13 milliards !

Fasse le Ciel qu'on puisse trouver à la Caisse Publique d'Egjq^te, l'or qui pourrait couvrir les banknotes dont la valeur monte aujourd'hui à près de 2 milliards de francs! Mais hélas! tout l'or égyptien est à la Banque d'Angleterre!

Puissent les Anglais libéraux être juges de leurs dirigeants et comparer leurs actes à celui du Khédive Ismaïl ?

Ismaïl a fondé un royaume puissant, riche, malgré tout ce qu'il a dû emprunter ; mais les Anglais, qu'ont-ils faits ? Les réservoirs, les ponts, ne sont

qu'un lourd fardeau par suite des dépenses exagérées successives faites pour les construires ! C'est à l'avenir d'en juger !

Page 1