‹ L'Angleterre en EgyptChapitre 34 sur 73 · LA JUSTICE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA JUSTICE EN EGYPTE

« La question de la justice nous préoccupe énormément aussi. D'un côté, le nombre des magistrats anglais dans nos tribunaux, va toujours croissant et d'autre côté. Lord Cromer conserve ce tribunal exceptionnel, dont l'œuvre à Denchawaï nous a tant révolté,

« C'est une monstruosité que de laisser dans un pays civilisé, — et faisant moralement et intellectuellement partie de l'Europe — un tribunal qui n'a ni code, ni lois, et qui ne connaît, ni appel, ni grâce !

« Son existence est un outrage au droit,à la justice, au peuple égyptien et à l'honneur de la civilisation britannique !

« Il est du devoir de l'Angleterre de faire disparaître une pareille institution. L'univers entier a entendu des millions de fois, vos voix retentissantes parler d'humanité et de civilisation. Vous avez protesté, de toutes vos forces, contre les injustices commises chez les autres peuples. Il est un devoir impérieux, pour vous, celui de protester contre celles commises en Egypte en votre nom. Vous vous êtes agités, pendant des années, pour savoir si Dreyfus était justement, ou injustement condamné. Vous devez vous demander maintenant s'il y a une justice au monde, pour condamner 21 hommes aux peines les plus atroces — pendaison, travaux forcés et flagellation — pour la mort accidentelle d'un anglais et la blessure de deux autres.

« Et je demande, au nom de tous les vrais amis de la justice et de l'humanité, la révision du procès de Denchawaï, devant des magistrats absolument indépendants, comme ceux de la cour d'appel mixte d'Alexandrie, par exemple.

« Il dépendra de vous. Messieurs, d'effacer cette tache qui a déshonoré l'humanité à Denchawaï.

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