LES SULTANS D'EGYPTE
Le Sultan Hussein Kamel, fils d'Ismaïl et oncle du Khédive Abbas II, fut nommé Sultan par l'Angleterre, le 20 décembre 1914, pour succéder à son neveu destitué par 1' « occupant ».
Je connaissais le Sultan Hussein Kamel, connu d'ailleurs en France, esprit sérieux, généreux, ayant toutes les qualités d'un chef d'Etat. Son éducation s'était faite aux Tuileries sous le règne de Napoléon III, ami intime de son père Ismaïl. Quoi qu'il eût failli être victime de deux attentats par des égj^ptiens, il aimait passionnément son pays et son peuple. On l'appelait le père du « Paysan ».
Durant son règne il fonda un grand nombre d'œuvres de charité, sans distinction de religion, ne cessant de nourrir de grands projets de bienfaisance.
Ses qualités étaient aussi nombreuses qu'elles peuvent l'être chez un chef d'Etat.
Il mourut le 8 octobre 1917. Son fils le Prince Kamal El Dine, quoique prince héritier, renonça au trône.
Son oncle, le Prince Ahmed Fouad, le plus jeune des fils d'Ismaïl, remplaça son frère et gouverna l'Egypte. Je ne le connais pas, mais les journaux ont publié sa biographie en ces termes :
« Fouad I" est né au Caire le 26 mars 1868. Il est le fils le plus jeune du Khédive Ismaïl pacha. Lorsque celui-ci fut déposé et exilé en Italie en 1879, il l'accompagna dans son exil et dès ce moment il se lia d'amitié avec l'Italie, où il reçut son éducation. A l'Académie de Turin, qui le comptait parmi ses meilleurs élèves, il eut pour camarade le prim-e Victor-Emmanuel, actuellement Roi d'Italie. Dans l'armée italienne, il arriva jusqu'au grade de capitaine d'artillerie. Il parle couramment l'italien, le français et possède une grande culture littéraire et scientifique.
Ses ardentes sympathies italiennes lui valurent, avant la guerre, d'être le candidat de l'Italie au trône d'Albanie. Elles lui valurent aussi l'hostilité de l'Autriche qui parvint à faire échouer sa candidature et à placer sur le dit trône le prince de Wied.
Au moment où il devint sultan d'Egypte, Fouad s'occupait activement d'un grand nombre de société scientifiques et de bienfaisance. Il fut et resta l'ami des arts et des lettres. Le 24 mai 1919. il convola en secondes noces, en épousant Mlle Nazly Sabry, fille de l'ancien ministre de l'agriculture Abdel-Rahim Sabry pacha. De cette union naquit, le 11 février 1920, le prince Farouk, que le gouvernement britannique reconnut officiellement, le 15 avril de la même année, comme l'héritier présomptif du trône d'Egypte.
Ajoutons que la liste civile, qui comprend le budget annuel du souverain, de son cabinet et des membres de la dynastie régnante, s'élève actuellement à 11 millions de francs. »