‹ L'Angleterre et l'impérialisme: Avec 1 ct. en couleur hors texteChapitre 112 sur 143 · Miscellaneous Séries, n · texte numérisé non relu

Miscellaneous Séries, n

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gnement moderne qui copie le Realgymnasium allemand. Mais dans combien d'établissements, en fait, cet enseignement moderne n'est-il pas méprisé des maîtres et, par suite, des élèves, alors que l'enseignement classique passe toujours pour la seule éducation d'un gentlemanl Combien de jeunes Anglais, au sortir de l'école et à leur entrée dans (fuelque grande affaire embrassant les marchés du monde, peuvent-ils parler, sinon couramment, du moins passablement, une autre langue que la leur? Ils savent un peu de latin et ils soupçonnent le grec, langues fort utiles aux gens d'Église ou de science, mais qui ne leur ouvrent ni la France, ni l'Espagne, ni l'Allemagne.

L'Allemagne a, de ses enfants, fait les modèles du siècle actuel et non les caricatures des siècles passés. Industrie, commerce, agriculture, chimie, horlogerie, tissage, menuiserie, architecture, mines, cuisine, brasserie, aviculture, horticulture, chaque ville ou chaque district a fait apprendre à ses fils les règles scientifiques du métier dont ils vivraient. Français, anglais, russe, turc, grec, arabe, espagnol, chinois, chaque port ou chaque État a fait, dès l'enfance, parler et écrire à ses futurs commerçants toutes les langues de leur future clientèle. Les Livres Bleus sont unanimes sur ce point :

Il ne peut y avoir le moindre doute, écrit encore le consul de Stettin S sur l'entière attention que donne la nation allemande aux avantages de l'éducation technique en toutes branches de l'art, des sciences, du commerce et de l'industrie. Elle n'hésite jamais quand il faut procurer quelque moyen d'apprendre quelque chose à ses jeunes gens. Elle s'est mise en état de leur apprendre tout ce qu'ils désirent et, en général, les jeunes Allemands désirent apprendre et font un plein usage de ce qu'ils apprennent.

-^ualSenesy n" 2064, p. 14-io.

C'est la première des causes de notre malaise, que les Allemands apprennent bien leurs leçons et qu'ils n'oublient jamais ce qu'ils ont appris.

Et ce consul donne en exemple la ville de Steltin qui ouvre une école de construction pour architectes et ingénieurs de terre et de mer, mais aussi pour contremaîtres, pour maçons, pour fumistes, pour ouvriers de tous genres. Cette école, qui a coûté cinq cent mille marcs et qui a un budget de près de cent mille, offre ses classes à tout le monde du bâtiment : chacun y apprend les derniers perfectionnements de son métier, et, du gâcheur de plâtre aux constructeurs en fer ou en bois, chacun y apprend bien sa leçon, the Germans learn their lessons well. L'exemple de Stettin est pris au hasard : toutes les villes, grandes ou petites, pourraient offrir de même leurs écoles techniques, leur Polytechnicum, Personne, au reste, ne s'y trompe plus, en Angleterre et ailleurs. Dans un jour de franchise et de bonne foi, Torgane mensuel du jingoïsme le plus impériaUste, la National Review^ se demandait : « Pourquoi les Allemands sont-ils en train de nous battre *? » Et, écartant toutes les autres réponses, elle ne retenait que celle-ci : « C'est par leur éducation Supérieure à la nôtre en ses applications, en ses méthodes, en son organisation. C'est par leur armée permanente d'hommes de science. »

Standing army of scientific men^ aucun mot plus juste n'a été trouvé pour l'Allemagne nouvelle. La nation tout entière, de l'adolescence à la vieillesse, est enrôlée aujourd'hui dans les corps multiples de cette armée scientifique. Chacun y doit prendre son rang.

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