Cf. Bltie Blook, G-4715, p. 318 et suiv
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V^r* *^ "^'^ cow^ de fortune lui vient : elle découvre parmi les houillères d'Ecosse ce fameux Black Bandy ce banc de minerais épais et presque purs, que le procédé du hanking permet d'exploiter à frais très réduits. Le Times, du 5 décembre 1842, dénonce l'invasion du fer écossais et conseille aux concurrents anglais de recourir au même procédé. Mais la construction des chemins de fer absorbe tout le fer que Ton veut bien produire, et Ton continue à produire lentement, négligemment, sans tant de peine ni d'études : il faut quinze ans pour populariser les méthodes écossaises. En 1850, nouveau coup de chance : on découvre les minerais du Cleveland, des Lincoln et Northamptonshires, sur lesquels on va vivre tranquille pendant vingt ans ; de 1850 à 1870, le minerai et le charbon abondent; le Continent et l'Amérique consomment ce que l'on veut bien leur vendre et l'on continue à leur vendre du fer ou de la fonte de môme qualité médiocre que depuis cinquante ans.
Un Anglais pourtant, Bessemer, a dès 1853 découvert, et dès 1856 exposé à Cheltenham, devant la British Association of the Iron Trade, le procédé nouveau qui va révolutionner l'industrie sidérurgique et détrôner le fer au profit de l'acier. L'acier, qui jusque-là nécessitait une cuisine compliquée et coûteuse, peut désormais s'obtenir aussi facilement et presque aussi bon marché que la fonte. Mais l'Angleterre reste près de vingt ans sans adopter cette admirable et pourtant si simple invention. Jusqu'en 1875, ignorant toujours ou méprisant l'acier nouveau, elle ne cesse pas de développer ses fourneaux à puddlage, de fabriquer ses rails, poutres, plaques et ustensiles presque uniquement en fonte ou en fer. En 1864, elle
Et
l'empirisme anglais 341
vend encore sept livres la tonne les rails de fer (175 francs) et dix-sept livres (425 francs) les rails d'acier. En 1870 elle ne fabrique que 240000 tonnes d'acier. Il faut la concurrence allemande, belge et française, les succès du Creusot et d'Essen, pour qu'elle adopte enfln ou qu'elle généralise cette invention nationale. Et pourtant ce procédé Bessemer, exigeant des minerais très purs, était tout à l'avantage des mines anglaises bien pourvues d'hématites espagnoles ou écossaises. Le Continent, avec ses minerais phosphoreux, dut recourir à un nouveau perfectionnement pour être en état de concurrence. Ce fut encore un Anglais, Thomas, qui tomba, en 1879, sur les moyens de réaliser le procédé basique, dont se préoccupaient les savants et les ingénieurs continentaux. Mais l'Angleterre encore ignora ou méprisa cette découverte, qu'elle laissa vendre pour une centaine de livres à des étrangers. Ce procédé basique, en trois années — l'Angleterre a mis vingt-treis ans à connaître le procédé Bessemer, — transforme toutes les usines continentales. La science et la technique allemandes ou françaises mettent alors en exploitation les minerais impurs de Lorraine ou du Luxembourg, et chassent devant leurs aciers les fers anglais. Le monopole de l'Angleterre est à jamais ruiné.
A défaut de monopole, mieux pourvue de charbons et de minerais, elle aurait dû garder la plus large part des affaires sidérurgiques et devenir au moins la grande fournisseuse d'acier comme elle avait été la grande fournisseuse de fer. Mais il eût fallu briser encore avec la routine, et l'Angleterre, restant aux vieux procédés, se contenta longtemps de calomnier les nouveaux. En 1885, devant la Commission Parlementaire, Birmingham et Sheffield accusent la pira-
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terie allemande do contrefaire leurs propres marques; elles altribuent la réussite allemande à ce mauvais acier, disent-elles, obtenu à pleins creusets çans la longue cuisine d*autrefois, et transformé en mille objets de camelote, disent-elles, gros et petits, voitures presque sans frais des lointaines usines de Westphalie jusqu'à la mer, exportés sur tous les marchés du monde grâce à la protection gouvernementale, disent-elles encore ^ Sans incriminer cette mauvaise humeur, il ne faut pas accepter non plus ces mauvaises raisons. L'acier allemand à la mode nouvelle coûtait moins cher^ mais pour la plupart des usages, sauf peut-être pour les outils de précision, il valait autant que Tacier anglais old fashion : le président de la British Association of ihe Iron Trade en convenait tout le premier. Les Allemands pirataient, il est vrai, les marques anglaises, mais c'était pour complaire et peut-être pour obéir à leurs correspondants de Londres ou de Liverpool qui se chargeaient, eux, de vendre ces fausses marques.
Et ces marques imitées couvraient, en réalité, des produits tout nouveaux. Non contente d'obtenir Tacier à bas prix, TAllemagne des ingénieurs et des chimistes Favait plié à toutes sortes de nouveaux usages. Rails, charpentes, machines, armes, cordages, instruments, outils, meubles, jouets, l'acier, entre ses mains, servit à tout et remplaça le fer, le cuivre, l'étain, les autres métaux, et le bois, dans une foule d'ustensiles de première nécessité. L'Angleterre continuait de fabriquer ses rails en fer : l'Allemagne n'usa et ne vendit que des rails d'acier; à peine plus chers et beaucoup plus durables, ils firent prime sans avoir besoin de la protection impériale. L'Angle-