Birmingham, 7 juin
46 L'ANGLETERRE ET L*IMtȃRIALISME
ques* ». Parmi les hommes, il n'a jamais eu de sympathies que pour ceux de Birmingham et de leur sorte, jamais de haine que contre ceux qui en différaient *. Chaque fois qu'il s'éloigne de son peuple, il en emporte comme une réduction dans la personne de son féal Jesse CoUins. C'est son unique confident, son intime conseiller, son Birmingham de poche. Il l'emmène partout avec lui : au Parlement, en Suède, en Egypte, au Ministère, chez les Libéraux et chez les Unionistes. De cet honnête Bimmmagem^ il a fait un sous-secrétaire d*État. Partout il lui faut son Jesse sous la main, pour lui servir de poids et de mesure. Quand Jesse paraît, tout le monde aujourd'hui sait que Joe est par derrière. Mais, d'ordinaire, Joe va devant. Ce long et maigre chevalier ne redoute ni les fier-à-bras, ni les hosteliers perfides, — « il est avec la bière », — et Jesse fidèle le suit, béatement bercé sur quelque sinécure, car le temps n'est plus où chevaliers errants et fidèles écuyers ne songeaient qu'à l'honneur et qu'à leur dame : « Je suis un homme pratique, et non pas un hâbleur constamment engagé à la poursuite d'idéals impossibles '. »
Aujourd'hui, cet homme pratique est l'arbitre de la situation. Ministre des Colonies, c'est lui qui, par la force des choses autant que par la force de son ambition, impose les mesures les plus graves. Un ministère conservateur, voulant toucher le moins possible aux questions du dedans, se tourne toujours vers les Affaires étrangères. A cette heure, toute la politique extérieure de l'Angleterre est une politique coloniale, car le Foreign-Office ne se sent plus de taille à lutter