‹ L'Angleterre et l'impérialisme: Avec 1 ct. en couleur hors texteChapitre 54 sur 143 · Blue Booky 08449, p · texte numérisé non relu

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dans ce pays, écrit un voyageur de commerce qui visite le Cap en ce moment. Les horloges et montres américaines ou allemandes, fabriquées à la mécanique, se vendent pour rien. Avec leurs couronnements estampés et leurs cadres peints, les horloges allemandes ont une apparence plus artistique que les nôtres. Le bronze d aluminium ou le fer oxydé donnent aux montres américaines un certain cachet de distinction, et les cadrans un peu voyants plaisent à ce peuple de paysans et de mineurs*. » De la camelote! jamais une vieille maison de Birmingham ne déshonorera les marques anglaises! si ces Boers ne sont pas capables d'apprécier la différence, tant pis! Voulant passer leur humeur, ces Messieurs ont pris leurs journaux. En première colonne, à son ordinaire, le Birmingham Daily Post célèbre la gloire de Joe, L'infatigable ministre des Colonies travaille pour ses chers Midlands. Cadeau de Noël : il va leur donner le port de lettre à deux sous dans tout TEmpire ; les lettres coûtant moins cher, les commandes vont affluer. Joe s'est aussi renseigné sur la concurrence étrangère aux colonies. En un gros Livre Bleu de six cents pages ^, il a publié les réponses des gouverneurs et les conseils pratiques à en tirer : « Dans tous les pays neufs, comme les chances sont plus nombreuses d'avaries ou de perte, les émigrants peu fortunés en général préfèrent les articles bon marché et ayant de Vœil. Il faut aussi ne pas oublier qu'en nos maisons et fermes isolées un instrument, une serrure, une machine doivent pouvoir être montés ou posés par le premier venu et facilement réparés au moyen de pièces inter-

i. Blm Book, G-8449, p. 237.

2. G-8449 : Trade of the Brilish Empire and Foreign Compétition,

changeables, identiques, faites à la machine. Il faudrait donc recourir aux dernières simplifications, aux derniers perfectionnements mécaniques et chimiques (p. 7 et 8)... A Ceylan, les poteries et faïences anglaises ne se vendent plus : on se plaint du conservatisme de nos fabricants et de leur répugnance à changer leurs modèles (p. 271)... A Hong-Kong, on se plaint que le fabricant anglais ne sache pas s'adapter aux besoins du pays et qu'il se colle aux vieilles grandeurs et qualités, aux vieilles couleurs, aux vieux poids, vieilles formes et vieux styles (p. 330)... Les Australiens achètent des pianos allemands : les pianos anglais sont du style et du ton d'il y a quarante ans (p. 411)... A Victoria, les articles français sont préférés : les articles anglais, toujours les mêmes, sans changement aucun depuis des années, ont lassé le public (p. 429)... »

Changer! toujours changer! Joe en parle à son aise! Il sait pourtant quelles entraves met aux changements, à l'introduction des machines nouvelles ou des procédés nouveaux, l'obligation de discuter avec les syndicats ouvriers! Ce qui fait la force des Américains et des Allemands, pensent ces Messieurs, c'est qu'ils tiennent leurs ouvriers, les uns par la force gouvernementale, les autres par la force de l'argent. Ce qui tue Tindustrie anglaise, c'est l'ingérence et la révolte constante des 7 rade- Unions, Un patron n'est plus libre chez soi. Dès qu'il veut modifier les clauses du contrat de travail, ou les heures, ou les salaires, ou les procédés, ou les machines, — afin de lutter contre la concurrence étrangère, — les syndicats se mettent en branle ou en grève *... Quand Joe aura fini avec les gêneurs du dehors, il faudra qu'il songe

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