‹ L'Angleterre et l'impérialisme: Avec 1 ct. en couleur hors texteChapitre 60 sur 143 · Cf. Annual Séries, n"* 1934 et 2104 : Trade of Hamburg · texte numérisé non relu

Cf. Annual Séries, n"* 1934 et 2104 : Trade of Hamburg

mières ou demi-travaillées et pour les produits ouvrés de ces deux industries textiles : Hambourg importait d'Angleterre, laine brute, coton brut, fils et tissus, en abondance. Chaque année, elle se libère de cette dépendance.

En 1897, écrit le consul anglais, les importations totales de matières textiles ont un peu faibli; mais la part de la Grande-Bretagne surtout a grandement diminué. Sur H millions de livres sterling environ, en 1897, au lieu de 12 millions en 1896, nous n'avons plus eu que 1 800 000 livres sterling environ, au lieu de 2 500 000 en 1896. Pour les fils de toute espèce, nous avons conservt'3 notre monopole. Mais l'Allemagne réduit ses demandes et se fournit ellemême : au lieu de 4 500 000 de livres sterling en 1896, Hambourg ne nous a pris, en 1897, que pour 4 millions de fils. Nos tissus perdent aussi ce marché et sont remplacés par les tissus indigènes. Nos draps et nos cotonnades ne comptent plus que pour 2 500 000 livres sterling dans les importations de Hambourg, qui exporte aujourd'hui pour 8 millions de tissus laine, coton, soie, lin*.

C'est un port de ravitaillement. Toutes les subsistances y affluent, grains d'Europe, viandes d'Amérique et épiceries coloniales. Il fournit de tabac la moitié des pays germaniques et de café les deux tiers de l'Europe. Pour le cacao : en 1895, 14 millions; en 1896, 16 millions; en 1897, 19 millions de kilos. Le lard américain et le blé russe s'y arrêtent avant d'atteindre les marchés de la Baltique ou de la mer du Nord*. Mais non contente, comme Liverpool, d'appeler les provisions du monde, Hambourg peut

1. Voir Board of Tracle Journal, décembre 1898 : la Suède importe de Hambourg pour 40 millions de marks en 1896, pour 57 en 1897, dont 22 millions de café, 4 à 6 millions de viandes conservées, et 5 à 6 millions de coton, peaux, salpêtre, etc.

2. Miacellaneous Seines, n° 482 : Trade of Hamburg in yams and tissues.

renvoyer à tout J'univers certains produits agricoles de la grande plaine allemande. Car cette Allemagne merveilleuse a su garder ses champs et développer ses cultures, tout en construisant ses usines et en décuplant ses cités. En milliers d'hectares, les betteraves et les pommes de terre couvrent la Saxe, le Mecklembourg et le royaume de Prusse. Elles ont fait de Hambourg le port de l'alcool et des sucres*. L'alcool pour nègres a conduit son commerce vers toutes les barbaries africaines et malaises. Le sucre Ta conduit chez tous les peuples civilisés. Les neuf grandes Compagnies de navigation se sont partagé le monde, trois pour l'Amérique du Nord, du Centre et du Sud, deux pour les côtes occidentale et orientale de l'Afrique, une pour le Levant, une pour l'Australie, une pour l'Inde, la dernière pour la Chine : toutes ont distribué en 1897 un fort dividende à leurs actionnaires. La plus grande de toutes, la Compagnie Hambourgeoise-Américaine, au capital de 70 millions, a payé 6 0/0 net; d'autres ont donné 6,50 et 7,50 0/0; quelques-unes, 12 0/0. La seule Compagnie Hambourg- Calcutta s'est plainte des affaires, à la suite des mauvaises récoltes et des épidémies de l'Inde *.

Outre le sucre et l'alcool, d'autres industries agricoles fournissent à Hambourg des frets d'exportation : le beurre, le fromage et les œufs pour l'Angleterre, la bière pour le reste du monde. Le pale aie anglais régnait autrefois sur les deux hémisphères. Tous les rapports de consuls anglais signalent depuis dix ans sa disparition. Partout, au Chili comme en Chine, dans la Méditerranée comme dans les mers austra-

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