‹ L'Angleterre et l'impérialisme: Avec 1 ct. en couleur hors texteChapitre 83 sur 143 · Annual Séries, n°' 1961, 2008, etc · texte numérisé non relu

Annual Séries, n°' 1961, 2008, etc

2. Pour ces chiffres et les suivants, Ellison and Ço" Annual Review of the Cotton Trade.

demande incessante. De 1850 à 1870, il fallut encore TAmérique et le Continent réunis pour atteindre à peu près son niveau. Puis le Continent prit l'avance : à lui seul, vers 1880, il égala Manchester, et, vers 1890, il la dépassait. L'Amérique, A son tour, l'égalait en 1897 et la dépassait en 1898. Sans parler de l'Inde et du Japon, dont la consomniation est énorme, mais impossible à chiffrer exactement, le Lancashire ne consomme plus aujourd'hui qu'un quart environ de la récolte universelle.

Consommation du coton dans le monde blano.

Grande-Bretagne. Continent. Amérique. Total.

1862 (Guerre de Sécession). 1 332 814 40 2 186

1882 3426 3 447 2 258 9iai

Milliers de balles de 500 livres.

Mille livres = 453 kilogrammes.

Mais cette concurrence du monde entier n'a pu entamer ni la fortune ni la confiance de Manchester. Quand les Midlands se plaignent de la surproduction universelle : « S'il y a surproduction, répond le Lancashire, ce n'est pas de marchandises produites, mais de marchandises non vendables, c'est-à-dire de produits non conformes aux besoins de l'humanité. Pour nous, surproduction est un mot vide de sens aussi longtemps qu'il reste sur la terre tant de foules errantes toutes nues. Nous pensons qu'il faut arriver à ces foules et, sans cesse, leur oflfrir nos manufactures au

gré de leur consommation. Après llnde et la Chine, il nous resterait encore l'Afrique et bien d'autres humanités. Le tout est de savoir adapter nos produits et sans cesse de travailler davantage et à meilleur marché*. » Manchester a donc redoublé de travail. Autrefois elle ne faisait que la moitié de la besogne dans la transformation du coton brut en tissus : elle prenait la bourre d'Amérique, la filait, et vendait ces filés au monde qui les tissait à sa guise. Cette exportation de filés suffisait presque à sa vie ou du moins tenait une place notable dans son commerce :

Fils exportés 8,7 9,8 14,8 16,6

Millions de livres sterling.

C'était TAUemague surtout qui prenait ces filés : à elle seule, en 1872, elle en achetait, directement ou par l'intermédiaire de Rotterdam, pour 8 millions et demi de livres sterling (212 millions de francs); ses commandes, aujourd'hui, n'atteignent plus 2 millions. L'Italie, l'Inde, la Chine et le Japon, qui étaient les autres grands consommateurs, se sont outillés euxmêmes ou fournis ailleurs. Manchester a dû abandonner les filés les plus gros : elle s'est spécialisée dans la production des filés très fins, qui, plus difficiles à obtenir, mais aussi plus coûteux, laissent un plus gros bénéfice avec un chiffre d'affaires apparemment moins considérable.

Dans l'ensemble pourtant, Manchester a délaissé cette industrie rudimentaire de la filature que pouvaient sans peine acclimater chez elles les humanités moins savantes et moins civilisées. Depuis 1872, son

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