‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 100 sur 149 · Il s'agit de tonnes de 1016 kilogrammes · texte numérisé non relu

Il s'agit de tonnes de 1016 kilogrammes

LE PANBRITANNISME 273

tou- les produits indiqués ci-dessus et d'autres encore. Les importations anglaises aux États-Unis, du 1er juillet 1897 au 30 juin 1898 (fer-blanc compris), représentent une valeur de 43 355 905 francs et les exportations des mêmes produits d'Amérique en Angleterre ont atteint, pour la même période, 66 055 442 francs; si on considère seulement les produits dont le poids est indiqué, on trouve qu'il a été importé aux États-Unis (fer-blanc compris) 119 189 tonnes et qu'il a été exporté en Angleterre 118 232 tonnes. Les États-Unis, il y a quelques années, étaient le principal client de la Grande-Bretagne pour les produits sidérurgiques : ils vont maintenant vendre sur le marché anglais autant de fer et d'acier qu'ils lui en achètent.

L'avenir immédiat de cette exportation est assuré, quelle que soit la hausse des prix. Quoi qu'il arrive, les États-Unis continueront à exporter en grandes quantités au Canada, au Mexique, aux Indes occidentales et dans l'Amérique centrale. L'excellente qualité des produits américains en fer et en acier et la rapidité des industriels à exécuter les ordres contribueront à maintenir leur commerce en tous produits sidérurgiques, rails, billettes, locomotives et machines, etc. Le jour n'est pas éloigné non plus où les États-Unis construiront pour toutes les nations maritimes les navires de guerre et de commerce en fer et en acier : ils ont déjà bien débuté en construisant des cuirassés de premier rang pour la Russie et le Japon. La prospérité de l'industrie sidérurgique dans tous les pays, au cours de ces dernières années, a été accompagnée d'un relèvement général des prix. Seuls, les États-Unis ont eu une tendance nette à la baisse, ce qui a eu pour effet de confirmer aux industriels américains la possession des marchés lointains dont ils s'étaient empai

Pour l'année 1899 et 1900, l'officiel Board of Trade Journal (Journal du Ministère du Commerce anglais) est plein de semblables nouvelles. En Angleterre, les Américains ont importé pour 338 mille livres sterling de fers et aciers bruts en 1897, pour 339 mille livres en 1898, et pour 508 mille livres en 1899. A Melbourne,

■ LETERRE ET L'IMPERIALISME. \%

ils obtiennent une commande de 30 000 tonnes de rails acier; en Chine, ils placent 16 locomotives; dans l'Inde, ils envoient 8 chargements de machines. Les Baldvjin Works de Philadelphie ont une commande de 150 locomotives pour les Indes, les Antilles et l'Amérique du Sud. Ces Baldwin Works, avec leur organisation du travail jour et nuit, peuvent fabriquer aujourd'hui 1 000 locomotives par an; les quatre plus grandes maisons anglaises réunies, Neilson, Dûbs, Stewart et Kitson, n'atteignent pas 720. Aussi partout où les commandes pressent, France, Egypte, Tunisie, etc., s'adresse-t-on de préférence à eux. Dans l'Afrique australe, les Américains vendent rails, fils et tuyaux à 20 0/0 meilleur marché que les Anglais ; leurs importations y ont presque doublé en une seule année. Dans l'Ouganda, ils enlèvent 36 machines à leurs concurrents d'Ecosse et d'Angleterre. En Birmanie, ce sont eux qui construisent le viaduc de Gokteik, qui sera l'un des plus grands du monde, 2 260 pieds de long, 320 pieds de haut : on estime à 5 000 tonnes la quantité d'acier nécessaire. Le chemin de fer de lord Kitchener vers Khartoum est pourvu de 250 wagons américains. Bicyclettes, tramways électriques, machines agricoles, outils, ils vendent en Russie, en Norvège, en Allemagne, en France, tous les articles que l'Angleterre fournissait autrefois l. Au mois d'août 1899, il y a sur les chantiers américains 50 navires de guerre, d'une valeur de 200 millions de francs non compris la cuirasse et l'armement) et plus de 200 navires de commerce; tous les constructeurs américains ont des commandes pour plusieurs années2.

1. Boardol "Trade Journal, 1899, p. 229, 645, 641, 605, 653; 1900, p. 79.

2. Pour ces chiffres et lessuiv., Anaual Statements ofthe Trade.

LE PANBRITANNT8ME 275

On ne saurait trop réfléchir sur 1 importance de ce4- faits. Cet extraordinaire développement n'est pas particulier aux industries de l'acier et du fer. Les États-Unis ont aujourd'hui les plus riches mines de cuivre et d'argent : tôt ou tard, ils annexeront aussi le travail de ces deux métaux: ils chasseront, devant leurs articles, les articles similaires de Birmingham ou de Sheffield. Les États-Unis ont les plus grands champs de coton du monde : leur industrie cotonnière naissante expulse peu à peu les fils et tissus de Manchester qui entraient pour près de 5 400 000 livres en 1872 130 à 135 millions de francs), et qui ne figurent plus aujourd'hui que pour 2 600 000 livres f65 millions de franc- :

Importations de cotonnades anglaises aux États-Unis ■

en milliers de livres sterl 1872 4882 1887 1891 1895 1897

5 33T 3 849 2 H9 2 fô7 î 770 2 620

Seuls, les lainages anglais ont encore là-bas une nombreuse clientèle, et, bien que leurs importations aient baissé beaucoup depuis 1872, elles se maintiennent encore à un niveau assez élevé :

Importations de lainages anglais

en milliers de livres sterling).

7 036 2 995 i 237 3 ITT 6 853 3 545

La baisse énorme de 1882, due à la crise générale des affaires, la hausse encore plus énorme de 1895, due à l'attente de nouveaux droits sur les lainages étrangers, n'empêchent pas de constater la continuité, mais aussi la lenteur de cette baisse...

Page 1