‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 106 sur 149 · Annual Séries, a · texte numérisé non relu

Annual Séries, a

il y a vingt ans, et qui reviendrait les étudier aujourd'hui, ou, plus simplement encore, un voyageur qui aurait visité les villes allemandes vers 1860 et qui les reverrait aujourd'hui, serait étonné des énormes changements. La plupart des villes ont été plus richement et plusartistement reconstruites; toutes ont à montrer quelque nouvelle rue, quelques nouveaux quartiers, quelques grands palais d'affaires. Allemagne du Nord et Allemagne du Sud, c'est partout la même preuve des gigantesques efforts pour aller de l'avant, partout la même ambition d'évincer les compétiteurs. La population, en moins de treize ans, a augmenté de six ou sept millions d'individus, dont quinze cent mille à peine sont allés à L'agriculture. Les champs monopolisés par les féodaux ne peuvent pas nourrir une population beaucoup plus forte et l'utilisation des machines agricoles empêche de ce côté l'augmentation de la main-d'œuvre. C'est le commerce et l'industrie qui ont nourri le surplus, soit environ 1500 000 individus pour le commerce, et plus de quatre millions pour les industries de toutes sortes. Le mouvement des chemins de fer, les dividendes des grandes compagnies, le nombre des entreprises nouvelles, tout accuse la même marche ascendante. Un tableau des cinquante-deux sociétés sidérurgiques et houillères les plus importantes montre leurs dividendes passer de 5,45 p. 100 .Mi 1894, à 7,59 p. 100 en 1895, à 10.08 p. 100 «■ii 1897. La production de charbon était de 35 millions de tonnes en 1809 :elle dépasse 115 millions aujourd'hui. Celle de fonte n'était pas de 1 500000 tonnes en 1869; elle dépasse neuf millions aujourd'hui. Au cours de 1897, 254 compagnies mettaient en œuvre un capital total de 380 millions de marcs, au lieu de 18-J compagnies seulement en 1R90, au capital de 270 millions, et do 92 compagnies en 1894, au capital de 88 millions. Les banques allemandes syndiquées ont conquis un grand nombre de places étrangères et entrepris au dehors toute une série de grands travaux : les voyages de l'empereur Guillaume en Turquie ont tourné un grand nombre de capitaux vers les entreprises d'Asie Mineure.

Je commençais mon rapport sur l'Allemagne en 1891 en

disant que cette année avait été au plus haut point un grand succès et que « toutes cheminées fumantes » pourrait être sa devise. L'année 1898 mérite les mêmes notes, mais un peu meilleures encore. Mines, houillère-, usines, bureaux, tous ont eu plus d'affaires que jamais. La confiance générale n'a fait qu'augmenter. Le temps est loin où, dans son rapport sur l'Exposition de Philadelphie '1876), le professeur Reuleaux déclarait que l'Allemagne ne pouvait produire que de la mauvaise camelote à bon marché, cheap and bad. A coup sur, dans le concert de louanges d'aujourd'hui, il y a de l'exagération, comme il y en avait dans le verdict du professeur Reuleaux. Mais, tout en se gardant de glorifier l'industrie allemande aux dépens de l'industrie britannique, l'Angleterre peut, sans réserves, croire au succès de l'Allemagne l.

England may unrcservedly admit Germany's success. Nous avons là un témoin autorisé, désintéressé, mis en garde et mettant en garde contre toute exagération. — oneoughi ta be on one's guard against gtorifying Germany ai the expense of Briiish industry : — voilà donc la réponse à notre première question. Tous les autres consuls anglais parlent de même. Celui de Berlin conclut : o Ce serait une absurdité et une duperie de croire à un arrêt du commerce allemand ou de mépriser ce rival comme un compétiteur indigne du commerce britannique f. »

Donc l'Allemagne est prospère. Sa prospérité, qui peut devenir un danger pour le commerce anglais, date de vingt-cinq ans environ. Elle est postérieure à l'Empire. Elle n'a grandi que sous lui. >Ta-t-elle grandi que par lui? L'Allemagne doit-elle cette pros-

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