‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 109 sur 149 · I. Discours à la Chambre des lords, 31 janvier · texte numérisé non relu

I. Discours à la Chambre des lords, 31 janvier

a fait mieux : elle les a imposées à la volonté du plus militariste des empereurs. Au maniement de l'Allemagne nouvelle, ce chevalier de la force qu'était Guillaume II, ce petit-fils enthousiaste de « l'inoubliable » soldat, est devenu le placier de marchandises et de capitaux germaniques, que connaît aujourd'hui tout le Levant balkanique et syrien. Il lui faut toujours, — jeux de prince. — des soldats, des canons, des bateaux. Il garde le parler haut et l'intempérance de langue des camps. Trop souvent encore, il fait mine d'assurer son grand sabre. Mais colère, rancune, ambition, jalousie, haine, alors que tous ses sentiments lui mettent contre l'Angleterre la menace à la bouche, toujours il s'arrête avant l'acte, « à cause de son commerce de Hambourg », va-t-il répétant.

C'est à la paix, c'est à vingt-huit années de paix, disent tous les consuls britanniques f, que l'Allemagne doit tout d'abord sa fortune. La paix seule lui a économisé les énormes recrues de bras qui font sa première supériorité. Bon an mal an, elle a gagné par l'excédent des naissances de 500 000 à 700 000 travailleurs nouveaux, qu'au temps des reîtres et des lansquenets elle eût tournés vers les guerres privées, publiques, civiles ou étrangères, et qu'elle envoie aujourd'hui à ses usines et à ses comptoirs. — « Mais le militarisme, disent quelques Anglais, a pu faciliter la grandeur de l'Allemagne commerciale, en inculquant à toute la nation les qualités d'endurance et de sobriété, les habitudes d'ensemble et de travail commun, qui sont les vraies forces du commerce allemand 2. » Qualités, habitudes, qui peut savoir au

i. Annual Séries, n0' 1942, 2104 et 2312; Miscellaneous Séries, ir 400.

Page 1