‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 108 sur 149 · I. Bine Blook, C-4D21, p · texte numérisé non relu

I. Bine Blook, C-4D21, p

que pourraient méditer les impérialistes anglais... Et l'Allemagne hanséatique ne reparut qu'aux dépens de l'Allemagne impérialiste. Car l'Empire pangermanique n'est pas encore réalisé : tous les peuples de langue et de race allemandes ne sont pas enclos dans les frontières impériales. L'Allemagne actuelle songet-elle sérieusement à les incorporer? Qui formule aujourd'hui les revendications pangermanisles de la « Plus Grande » Allemagne? De temps à autre, quelque vieil unitaire de 1848. quelque docteur-professeur attardé aux conceptions moyenâgeuses ou romaines. Mais l'Allemagne trafiquante s'en est détournée, comme si la vie d'un peuple ne pouvait contenir à la fois le Commerce et l'Empire. Alors, que signifient les belles formules de J. Chamberlain : « L'Empire, c'est le commerce, Empire is Commerce »? L'unité nationale fut, il est vrai, d'un autre secours pour la prospérité matérielle. Les succès nationaux, les victoires sur l'Autriche et sur la France, réveillèrent dans le peuple l'orgueil de race, la confiance en la valeur de tous et de chacun, le sûr espoir que désormais tout leur était possible, et la volonté de faire des choses que l'Allemagne émiettée ne faisait pas ou ne faisait plus. Industriels ou commerciaux, pour tous les succès de ce monde, un peu de confiance en soi est nécessaire, et les Allemands de 1860 en manquaient vraiment trop. Mais l'Angleterre de 1900 en a-t-elle aussi sûrement besoin? L'affaire du Transvaal ne prouverait-elle pas que trop de confianceest également fatal? Ne voit-on pas qu'en somme, tout ce que l'unité a valu aux Allemands, les Anglo- Saxons le possèdent déjà en surabondance? L'unité, d'ailleurs , n'a pas causé vraiment la prospérité germanique : elle n'a fait que la rendre possible.

Serait-ce dans la force militaire, autre forme du rêve impérial, qu'il faudrait chercher cette vraie cause?

L'Angleterre commerçante a contre le militarisme une méfiance qui lui rendra longtemps encore inacceptable le service obligatoire. Si cette méfiance pouvait être calmée par les prédications de lord Rosebery ■ et des docteurs en jingoisme, il devrait suffire aux travailleurs anglais de méditer l'exemple d'un autre voisin : ils peuvent, sans grands renforts de statistiques, constater le dépérissement continu du commerce français, depuis trente ans que. pour assurer la défense quotidienne et l'avenir de la vie nationale, nous avons dû endosser le fardeau des charges militaires. Ce commerce fut autrefois énergique et répanda : qu'en restera-t-il avant peu, si des mesures ne sont prises pour concilier ses intérêts avec les nécessités de la défense? L'Empire allemand, depuis 1870, a subi sans doute la nécessité de rester armé et de défendre sa vie; mais il n'a pas donné toutes ses pensées el toutes ses ambitions aux préparatifs et aux rêves de guerre. Il a songé à maintenir aussi les effectifs des armées de la paix : il a toujours été le premier à diminuer l'étendue el la durée du service effectif. Ici encore. L'Allemagne «les affaires a fait entendre sa voix : elle a. gagnant beaucoup d'argent, consenti à payer tout ce que son armée exigeait; mais elle a strictement limité les forces, les initiatives, les volontés et. surtout, les années employées au service des armes. Publiquement, la guerrière d'autrefois a répudié tout désir de conquête. Elle a proclamé ses désirs de paix. Ses intentions pacifiques, elle a pu ne pas les imposer encore a la créance européenne; elle

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