Birmingham, 19 juin
JOSEPH CHAMBERLAIN 3b
inclina tout le cabinet à ce radicalisme. Il admettait qu'entre whigs et radicaux l'alliance demandait de mutuelles concessions; parfois, il se plaignait que les radicaux, « le sel du parti », l'équipe la plus active, dussent faire les plus grands sacrifices1. En réalité, il s'arrangea toujours pour que ses concessions à lui fussent négatives, concessions de temps et de formes, et que celles des whigs fussent toutes positives, concessions d'actes et d'idées. C'est ainsi que la réforme électorale de 188 i conduisit presque au suffrage universel. Les radicaux obtinrent pour leur peuple de nombreux sièges. Dès lors, « pionniers du parti libéral », ils montrèrent la route, et les whigs durent suivre, avec la permission seulement, étant vieux et sans ardeur, de traîner la jambe et de grommeler un peu. Ouand le Times annonçait la reprise des whigs et leur triomphe sur les radicaux à l'intérieur du Cabinet : « Vous savez bien, disait J. Chamberlain aux électeurs de Liverpool, que, si le Times avait raison, ce n'est pas un ministre qui vous parlerait ce soir2. »
Pourtant, un jour, le leader Gladstone et, derrière lui, le gros du parti libéral prirent un chemin qui peut-être était conforme à leurs principes et à leur passé, mais qui, aux yeux de J. Chamberlain, avait le tort de ne pas mener tout droit au bonheur de son peuple : ils s'entêtèrent dans cette question irlandaise qui, en somme, n'intéressait pas Birmingham. Ne leur marchandant d'abord ni son appui, ni sa fertile coopération, J. Chamberlain se donna tout entier à la solution de ce problème irlandais. Réserve faite,