‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 13 sur 149 · octobre · texte numérisé non relu

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bien entendu, des intérêts et des principes dont les radicaux ont la garde, il fît un plan, deux plans, négocia avec les Irlandais, avec les Orangistes, avec tous les partis. Il construisit sur le papier toute une Irlande nouvelle... Mais le leader Gladstone donna la préférence à d'autres, sans tenir compte, au gré de J. Chamberlain, des nécessités radicales, c'est-à-dire des intérêts de l'Angleterre noire et des préjugés ou des théories de J. Chamberlain lui-même. Le Home Ride, établissant une Irlande indépendante, donc privilégiée, brisait le droit commun aux Trois Royaumes. Le rachat des terres irlandaises par l'État prenait l'argent du peuple anglais pour doter le paysan de l'île sœur. Le résultat final était une rupture de la vieille Constitution et un danger permanent pour l'Angleterre noire, car l'Irlande indépendante et hostile pourrait en face de Liverpool devenir un foyer de guerre civile et un point de débarquement étranger... J. Chamberlain protesta comme il le devait, mais vainement. Gladstone ne l'écoutant plus, il dut, en fin de compte, sacrifier à son devoir de radical sa vénération filiale pour le plus grand des leaders, et il sortit du cabinet et de l'alliance libérale, le cœur navré, mais avec la conscience du devoir accompli (1886).

Quelque temps, il espéra que les libéraux reviendraient à la sagesse et à l'obéissance. Il s'offrit aux tentatives de réconciliation. Mais les libéraux tardèrent un peu, puis pelotèrent et lui laissèrent le temps de combiner de nouvelles alliances. Il s'était tourné vers les tories, et il avait vu qu'en réalité ce ne sont plus les noirs réactionnaires que le vain peuple pense. Lord Beaconsfield, déjà, leur avait donné la formule nouvelle : « Quel est le devoir de l'homme d'État?

C'est d'effectuer par des moyens pacifiques et constitutionnels tout ce que ferait une révolution par des moyens violents1. » Depuis lord Beaconsfield, une autre influence avait continué son œuvre : « J'ai souvent pensé, dit un jour J. Chamberlain à son peuple, que bien des libéraux se sont étrangement mépris sur le caractère et la valeur de lord Randolph Churchill. J'ai souvent différé de lui. Souvent même nous avons été en conflit personnel. Mais j'ai toujours rendu justice à son courage, à son extraordinaire habileté, à sa rapide appréciation du sentiment public. Élevé dans les traditions du vieux torysme, il s'en est dégagé et s'est montré capable d'apprécier les forces nouvelles qui ont grandi dans le gouvernement, incapable de poursuivre une politique réactionnaire. A des électeurs tories, il fait des déclarations libérales 2. >

Lord Randolph Churchill méritait cet éloge. Dans le parti tory, il avait toujours tenu la même conduite que J. Chamberlain dans le parti libéral. — n'acceptant de cœur que les mots d'ordre donnés par luimême et ramenant tout à son autorité. Dégagé du « torysme noir -, son torysme démocratique ne différait guère du radicalisme brummagem. C'était, au fond, la même théorie utilitaire et la même pratique démagogique. Ne comptant plus sur la force du gouvernement et sur l'ignorance des masses pour maintenir les privilèges de la royauté et des classes seigneuriales, il voulait les appuyer sur l'amour du peuple, les lier aux intérêts et aux préjugés populaires. Par tous les moyens, grands et petits, il vou-

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