Blue Book, C-4715. passim
l'empirisme anglais 3*3
terre établissait toujours ses voies ferrées sur dés traverses de bois: encore aujourd'hui, elle achète à l'étranger les bois nécessaires à ses lignes IV en pleins Midlands et dans la banlieue même de Birmingham, sur celte terre productrice de fer, on voit empilées les traverses de bois exotiques : jusqu'à Angora, en pleine Asie Mineure, les ingénieurs allemands ont couché leurs traverses métalliques.
Celte routine anglaise se traduit aux yeux les moins observateurs et dés les premiers regards, quand, au sortir de la grande et g station de Calais, toute en fer et brique, on débarque aux bas et lourds hangars de bois, pesants, massifs, de Douvres, — John Bull aime les choses taillées à son modèle, — et tout le lon</ des lignes anglaises, à chaque station, on retrouvera le même conservatisme des ais et poutres d'autrefois. Dans les villes encore, même spectacle : pour ses monuments publics. l'Angleterre conserve les matériaux et les formes des temples grecs ou romains; pour ses maisons, elle a, jusqu'à ces années dernières, conservé le plan et les colombages de ses huttes et cottages anciens. En dehors des deux ou trois rues centrales, et sauf trois ou quatre édifices religieux ou municipaux. Birmingham, la ville du fer. nfst faite que de maisons en bois semi-gothique-. — John Bull aime les vieilles choses. — à pignons, à charpentes, à escaliers, et souvent à murailles mêmes de bois. L'Angleterre, depuis quarante ans. loin de diminuer ses importations de bois de charpente, les a triplées :
Importations anglaises de bois en milliers de loads = 1415 m. eu1 1860 1870 1880 1890 1897
Au dehors, l'entreprise anglaise garde les habitudes nationales : sur les lignes anglaises d'Asie Mineure, la majorité des ponts sont en bois. Et ne construisant pas elle-même, l'Angleterre n'a pas cherché à perfectionner la bâtisse en fer. Elle s'est laissée distancer par les concurrents plus instruits : ce sont les Américains, les Belges, les Allemands, les Français même, qui, par des tâtonnements répétés et par une étude journalière, découvrent les lois et les applications du nouveau matériel; les ayant conquises pour eux, ils peuvent ensuite les offrir aux autres. Les consuls britanniques signalent partout l'arrivée des poutrelles et même des maisons toutes faites en fer, en tôle, en acier, belges ou américaines.
Dans les rues, dans les champs, dans les usines, pour les machines de toutes sortes, c'est la même ignorance et le même retard. L'Angleterre en est toujours à la machine à vapeur, puissante et régulière, mais encombrante et impersonnelle. Les énergies nouvelles, pétrole et électricité, — plus maniables, plus faciles à fractionner et à conduire au gré du besoin ou de la fantaisie, — lui demeurent inconnues ou peu familières. Aux dires des consuls anglais, il n'est pas de ville allemande qui ne possède son ElekîricitaetsgeseUschaft, avec savants, ingénieurs, laboratoires et ateliers, pour l'étude et pour l'exploitation de cette Elektrotechnik, qui va révolutionnant toutes les industries de transport, d'éclairage et de chauffage. L'Allemagne savante a conquis cette force électrique que d'autres, et même des Anglais, avaient étudiée avant elle, mais que l'Angleterre ignorante commence à peine à soupçonner l. L'Allemagne fournit aujour-