‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 146 sur 149 · I. Michelet, l'Étudiant, p · texte numérisé non relu

I. Michelet, l'Étudiant, p

tudes traditionnelles ou rationnelles. Le peuple, en tout pays, consulte d'abord ses besoins et ses goûts, et bien plus encore, sa bourse. 11 lui faut d'abord des articles bon marché.

L'Anglais riche et aristocrate ne crée que des articles chers ; il ne veut pas comprendre que le monde pauvre a d'autres besoins : il raille cette camelote allemande — comme il dit — qui daigne se mettre à la portée de toutes les bourses. Tous ses consuls et fonctionnaires au dehors s'usent à lui répéter que « le bon marché est aujourd'hui la première nécessité ' ». L'Anglais s'en tient aux prix anglais. Et il s'en tient aux conditions de paiement de l'ancienne Angleterre monopolist du monde. Tout ce qui n'est pas anglais doit payer comptant ou même d'avance. On ne fait pas crédit au reste de l'humanité. Les bons Suisses euxmêmes sont blessés de cette marque de défiance. Les colons et sujets anglais n'obtiennent pas dans la mère patrie les trois ou même six mois de crédit que l'Allemagne fait à tous ses clients2... Et l'Anglais s'en tient à sa monnaie, à ses mesures, que dans le monde actuel, où règne le système métrique, il est seul à posséder, que le reste de l'humanité ne comprend pas : « Le monde entier et les Chinois eux-mêmes, écrit le consul d'Hanoï, ont adopté le système métrique. Il est impossible à nos clients de s'orienter dans nos catalogues et prix courants. Faites leur multiplier des shillings et pence par des yards et biches : ils y perdront leurs chiffres et leur patience... Quelle absurdité, écrit le consul de Xaples, pour la première nation commerciale de n'avoir pas encore adopté le

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