Annual Séries, n
2. Blue BooÀ-, C- 8 139, p. 356 : The Germant bring iheir goods to the buyers, the British irait for (hem.
3. Cf. tout le Blue Book, C-S449, en particulier p. 275, 92. etc.
L'ANGLETERRE ET LIMPÉRULISMB. 2"t
priée à notre climat, nous arrive en caisses cloisonnées qui permettent de la débarquer, transporter et conserver sans risques et sans précautions spéciales. Le déchargement et l'emmagasinage des bières anglaises, trop lourdes, d'ailleurs, est d'un trop gros frais (Victoria, British Guinea, etc.)- Les Anglais ont perdu chez nous le commerce des pointes et clous en refusant toujours de nous les envoyer en boites de cartons au lieu de papier gris, et le commerce des cartouches, en ne voulant pas les séparer par liasses de vingt-cinq au lieu de cent. Autre défaut et non moins grave : le conservatisme des fabricants anglais refuse de changer leurs modèles et leurs formes suivant l'utilité de leurs clients : ils ne fabriquent que pour l'Angleterre : c'est à prendre ou à laisser. Les haches, marteaux et autres outils américains conviennent mieux à nos charpentiers à cause de la nature de nos bois: les maisons anglaises refusent de changer leurs modèles anglais (Victoria). Les parfumeurs français ont l'art de présenter leurs produits. Les moins chers sont soignés et parés. Les produits anglais les meilleurs semblent, à la comparaison, communs et mesquins, vilaines étiquettes, grossiers bouchons, vieilles bouteilles que l'on connait depuis trop longtemps : les modes anglaises ne sont pas les nôtres. Les pianos anglais ne nous plaisent pas et les fabricants anglais ne veulent rien y changer. Leur conservatisme est intolérable. Les Allemands, au contraire, viennent s'enquérir de nos goûts. Ils ne nous disent pas : Vous devez acheter ce que nous fabriquons. Ils disent : Si notre fabrication ne vous convient pas, nous allons la changer South Australia).
You must buy whal ice make. l'Anglais tient ce langage à toute l'humanité : « Nous sommes la nation sélect, distinguée entre toutes. Nous fabriquons donc pour nous et vous devez vivre, trafiquer, manger, vous vêtir et vous meubler à notre goût. » Pour l'Anglais d'aujourd'hui, tout ce qui n'est pas anglais est barbare, comme disaient les Grecs, c'est-à-dire racaille sans importance, bétail humain, auquel l'Angleterre,
de par son droit de nation supérieure, prétend imposer sa langue, ses idées, ses préjugés, ses modes et jusqu'à ses besoins. Si Ton veut autre chose, qu'on aille chercher ailleurs, they makefor the british market onhj, and if the goods are not suit ab le tkesupply must le sought etsewhere l. Depuis vingt ans, les avertissements de ses consuls, gouverneurs coloniaux ou représentants à l'étranger n'ont encore pu la persuader qu'il y a une mode chinoise et une mode brésilienne, que blancs, noirs, rouges ou jaunes, tous les hommes ont une conception de l'utile et du beau, dont ils ne peuvent ni ne veulent se départir, et que l'humanité tout entière peut aujourd'hui, grâce à la surproduction universelle, trouver des fournisseurs à ses besoins ou à ses caprices. L'Anglais continue son ancienne offre : « Prenez mon drap; il est à la mode de Londres. Prenez ma charrue: elle est en usage sur toutes les terres du comte deWarwiek. »
Dans tous les pays, il se trouve une minorité de gens « distingués » pour suivre les modes anglaises. Michelet le disait déjà en L848 : « Dans le monde démocratique d'aujourd'hui, le fils de l'enrichi, le petit-fils du nabab et du marchand, se lançant dans le haut monde, trouvent dignité et sûreté dans la distinction anglaise, taciturne, rai de, insolente2 » : il est plus facile de se distinguer par une cravate ou par une coupe d'habit que par une vie de travail, d'inventions ou de droiture. — En tous pays, donc, une infime minorité s'enrôle dans la clientèle anglaise. Mais la grande majorité secoue cette tyrannie étrangère et reste ou redevient fidèle aux conceptions et aux habi-