An?utal Séries, n01 ISSo et 2073, 23 avril
l'impérialisme 87
à cause de l'énorme demande indigène : l'outillage industriel de l'Empire et les grands travaux de chacun des États ont absorbé la production; les seuls chemins de fer de l'État en Prusse ont demandé un million de tonnes de rails en une fois... Mais cette diminution est passagère, car tout marque l'énorme progrès économique, Ihe enormous économie progress, accompli par l'Allemagne durant les vingtcinq années dernières; tout traduit au dehors le gigantesque effort de ce pays pour arriver à la tète du mouvement // industriel et évincer tous ses rivaux l. //
Mais le danger allemand n'est rien encore. Un autre ennemi commence à paraître dans les mers européennes, qui déjà a conquis les autres océans. L'Amérique agricole a inventé les meilleures machines et les meilleurs instruments pour l'agriculture moderne. Dans la Baltique et dans la mer Noire, à Riga, à Odessa et à Stockholm, les machines américaines sont préférées : seule, l'industrie allemande, à cause de son bon marché, a pu lutter contre elles2. Les bicyclettes américaines et les machines à coudre ont expulsé les produits anglais d'Allemagne, d'Italie et de France. A Barcelone, les Américains sont venus soumissionner pour les tramways électriques. Leurs montres sont vendues dans tous les bazars de l'Europe. Mais c'est l'Amérique surtout et l'Asie et tout le monde Pacifique qu'ils cherchent à accaparer. Leurs manufactures ont conquis les rives américaines des deux Océans. De New-York à Buenos-Ayres et de San-Francisco au Chili, tous les ports reçoivent aujourd'hui leurs machines et leurs outils. La concurrence allemande et belge avait déjà réduit l'ancien monopole, qui jadis i';ii<;iil de toute l'Amérique du Sud une dépendance de Sheffield et de Birmingham.