Anmial Séries, n"5 1ST0, 1911. 181 -, .te
Tacoma et fondé tout un trafic « transpacifique » dont les fers américains, bruts ou manufacturés, sont le principal aliment et dont les riz chinois, les soies japonaises, les blés africains et les laines australiennes fournissent les matières d'échange. D'autres compagnies américaines, Pacific mail, Pacific coast, etc., ont leurs sièges à San-Francisco et font le même commerce. Les compagnies japonaises de Kobe et de Yokohama, la Nippon Yusen Kaisha surtout, doublent ce réseau d'interchanges, grâce auquel les fers américains pénètrent en Chine, au Japon, en Australie et jusqu'au Cap l.
La surproduction américaine, écrit le consul anglais de Tokio, a jeté sur notre marché des clous, des rails, des locomotives, que l'on vend à un prix dérisoire, avec l'intention aussi de détruire le préjugé local, qui donne la préférence aux articles européens. Nos articles anglais tiennent encore le premier rang. Mais durant ces deux années dernières (1896-1897j, les Compagnies de navigation américaines et japonaises ont commencé à établir un grand commerce avec la côte de Californie. Les États-Unis ont sur nous un grand avantage à cause de la proximité, et surtout à cause de leur exportation de matières premières; ils échangeront leurs fers et leurs produits ouvrés contre la soie et le riz qu'ils commencent à venir chercher; ils sont aujourd'hui les plus gros consommateurs du marché japonais2.
En Chine, l'Amérique a d'abord importé son pétrole et son blé. Ce sont encore ses deux gros articles d'importations. Mais d'autres suivent. Les machines, apparues en 1892, comptaient pour 13 000 livres en 1895, et pour 26 000 en 1897. Les importations de scies et outils, de clous et articles de quincaillerie, ont quintuplé en deux ans. Les chiffres actuels ne peuvent donner une idée de ce commerce futur. Les Américains comptent bien que la Chine deviendra rapidement un de leurs meilleurs clients pour tous ces articles. Leurs succès au Japon prouvent que pour