‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 43 sur 149 · Miscellaneous Séries · texte numérisé non relu

Miscellaneous Séries

3. Annual Séries, n° 1"J21 ; Blue Book, C-8449, p. 231 et suiv.

qu'au lac tout voisin, le transport est aisé puis, sur les lacs, les canaux et les fleuves, le minerai s'en vient aux houillères de Pensylvanie, d'où les canaux et les fleuves emportent encordes produits bruts et ouvrés vers New-York ou la Xouvelle-Orléans. Cette navigation intérieure a permis de supprimer pour ainsi dire les frais de transport. Elle va se développant sans : en 1896, le canal du Sault-Sainte-Marie, entre les lacs Supérieur et Huron, a vu défiler près de 19000 navires, portant 17 millions de tonnes de marchandises, — c'est le double du transit parle canal de Suez: — la rivière Détroit, entre les lacs Huron et Érié. accuse un mouvement annuel de 30 millions de tonnes, — c'est le mouvement de la Tamise en aval de Londres. Pour mieux utiliser ces avantages naturels, les puissances financières ont fondé l'un de ces gigantesques syndicats, trusts, qui mènent toutes les affaires d'Amérique. Les « rois » du pétrole et de l'acier, Rockefeller et Carneggie. ont uni leurs centaines de millions de dollars : ils veulent simplifier les transports, fonder de nouvelles usines et conquérir dans le monde entier le monopole de l'acier et du fer.

Véridiques ou exagérés, ces rapports consulaires ont eu sur l'opinion anglaise une influence que l'un ne saurait exagérer. Publiés par le gouvernement à des prix très minimes, envoyés à toutes les Chambres de commerce et à toutes les bibliothèques publiques, analysés dans le Journal, mensuel autrefois, hebdomadaire aujourd'hui, du Board of Trade, reproduits dans les journaux quotidiens, commentés dans les journaux de corporations et de métiers, résumés dans les publications des Chambres de commerce et dans

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les Magazine hebdomadaires, comparés et réunis dans les grandes revues pour des articles alarmants : Comment nous sommes battus, La chute de notre commerce, La concurrence étrangère, etc., repris et amplifiés en des brochures ou en des livres populaires dont le succès a été toujours grandissant, — tel ce Made in Germany Articles allemands), de E.-E. Williams, tiré à des centaines de milliers d'exemplaires, — ces rapports sont devenus le plus grand facteur, peut-être, de la politique anglaise au cours de ces dix dernières années. C'est à eux qu'il faut recourir si l'on veut comprendre le changement politique d'une moitié de l'Angleterre.

Si les Midlands ont suivi J. Chamberlain dans son alliance avec les tories^ si, depuis dix ans, ces anciens libéraux sont restés fidèles à la nouvelle alliance, c'est que l'unionisme impérialiste n'a fait que traduire leurs doctrines et leurs désirs. C'est la seule explication du succès de J. Chamberlain aux dernières élections : non seulement il a été nommé: les Midlands lui ont encore donné quinze sièges pour sa famille et ses amis ; il est maître et seigneur de Birmingham, West-Bromwich, Aston-Manor, Worcester, Dudley, Handsworth, Liechlicld. etc.; il est duc des West-Midlands par la grâce de l'élection populaire l... C'est aussi la seule explication du choix fait par lui entre les portefeuilles du cabinet unioniste. Avant lui, le ministère des Colonies était considéré comme un poste de second ordre, où les débutants gagnaient leurs droits à de plus hautes fonctions. 11 a pris ce ministère, parce qu'il avait la charge des intérêts des Midlands et qu'il voulait appliquer son nouvel évangile :

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