Reiiew of Revievs, août 1892, p
Il y a quelques semaines (janvier 1896], l'Angleterre est apparue isolée dans le monde, entourée de jaloux compétiteurs et même d'ennemis tout à fait inattendus. Il nous a fallu reconnaître que nos succès nous étaient imputés à crimes, que notre amour de la paix était pris pour an signe de faiblesse et notre indifférence aux critiques d' autrui pour un encouragement à V insulte. L'espoir de notre ruine a rempli de joie ces compétiteurs, qui pourtant reconnaissent que nous tenons l'empire du monde pour le bénéfice de tous et que nos marchés leur sont ouverts comme à nousmêmes. Je regrette qu'un pareil sentiment existe; mais, puisqu'il existe, je suis heureux qu'il ait trouvé son expression. Jamais pareil service n'avait encore été rendu à ce peuple. Car nous avons dû montrer au monde que nous étions résolus à remplir nos obligations, sans doute, mais aussi à défendre nos droits1...
Il est une question qui domine toutes les autres : l'établissement d'une union commerciale ne serait pas seulement la première étape, mais l'étape décisive, capitale, vers la réalisation de la plus géniale idée qui soit jamais entrée dans l'esprit d'hommes d'État anglais... Voyez l'Empire allemand! Comment fut-il élevé? Il commença par l'union commerciale, par le Zollverein, de deux des grands États qui le composent aujourd'hui. Les autres États, attirés par le profit, suivirent. Un conseil commun, conseil commercial d'abord, le Reichsrath, se réunit pour traiter les questions de commerce commun. Peu à peu, il s'engagea dans les affaires nationales et les intérêts politiques; il devint le lien d'unité pour le nouvel Empire allemand2.
Trois routes aujourd'hui peuvent s'offrir à nous. La première conduirait à l'abandon par nos colonies de leur système protecteur, à l'adoption par elles de notre libreéchange. C'est la théorie du Cobden-Club et des libre-échangistes orthodoxes. Ce serait peut-être la meilleure solution. Mais jamais les colonies n'aboliront les droits, qui sont leur principale source de revenus. Et puis ce ne serait pas,