‹ L'Angleterre et l'impérialismeChapitre 46 sur 149 · Discours de J. Chamberlain, Londres, 9 juin · texte numérisé non relu

Discours de J. Chamberlain, Londres, 9 juin

l'un des articles de la foi publique anglaise. Le mot seul a comme un pouvoir magique sur les auditeurs. Aussi, pour détruire le charme, les gens de Birmingham en ont-ils inventé une contrefaçon : n'osant pas se dire protectionnistes, — le mot sonne trop mal aux oreilles anglaises, — ils ont mis en cours les expressions de Fair Trade et Fair Trader, mots intraduisibles [Fair trade, franc commerce, loyal commerce, comme on dit fair play, franc jeu) et système nuageux, où le libre-échange international, la réciprocité et même la pure et simple protection apparaissent tour à tour comme le trait essentiel, — suivant les auditeurs auxquels on s'adresse. Au fond, c'est la protestation de Birmingham contre le système de Manchester, la révolte des Midlands contre le Lancashire, la répudiation de ce libre-échange « qui sans doute a pu, dans ce pays, produire de beaux résultats, mais qui n'a jamais pu s'implanter au dehors; car nous ne voyons pas que les colonies y aient la moindre propension et nous voyons bien que l'étranger s'en éloigne de plus en plus1 ». Les temps du libre-échange et de la paix sont finis : il faut chercher ailleurs le salut des Midlands. Il faut l'Empire, si l'on veut que les Midlands continuent à vivre, parce qu'il leur faut de nouveaux marchés. Les dîners de Chambres de commerce, à Sheffield et à Birmingham, ne retentissent que de ce toast : Marketsf Markets! « Et les candidats aux élections n'auraient qu'à se promener dans nos rues en hommes-sandwichs, avec l'affiche New Markets, Markets, Marchés nouveaux! pour récolter toutes les voix2. »

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