US
Milliers de tonneaux.
Les deux domaines ne sont pas absolument distincts. L'Argentine transatlantique préfère le port de
1. Chiffres empruntes au Blue Book, C- 8884 : Annual statement of the /'.aviyation.
Londres, où elle apporte ses 1 16000 tonneaux d'importations, où elle prend 18 000 tonneaux d'exportatntions; Liverpool ne reçoit d'elle que -220 000 tonneaux d'importations, mais lui fournit 135 000 tonneaux d'exportations. Inversement, l'Egypte méditerranéenne fréquente plus volontiers Liverpool, où elle entre 142211 tonneaux, d'où elle en sort 108 396, alors que ses chiffres à Londres montent seulement à 51 939 et 18092 tonneaux. Bien d'autres contrées méditerranéennes partagent presque également leur trafic entre les deux ports. Mais, en général, si Liverpool devient le grand commissionnaire pour l'exportation des articles ei produits anglais, c'est Londres qui devient le grand importateur et exportateur de produits et articles étrangers. En millions de livres sterling, les statistiques annuelles. — Annual stàtement ofthe Trade, — nous le montrent clairement :
Exportations de Produits anglais.
Chiffre total.... : -l'A 22i 227 234
Liverpool 100 91 91,4 90 76,9
Londres 53 16 14
HuH Grimsby J 43 ^
et Goole )
Glasgow 10,8 14 12,1 13 13.3
Southampton... 7,1 " 6,9 .-.1
Exportations de Produits étrangers et coloniaux.
Chiffre total 65 59 64
Londres 35 32,8
Liverpool.. 11,6 11 13,1 13.5
Bull, etc 1,2 6,8 5,8
Folkestone, Douvres el
Newhaven )
Southampton 1.5 0,8 0,8 2,4
ISO
Importations de Produits étrangers et coloniaux.
Chiffre total
Londres
Liverpool
Hull, etc
Douvres, Folkestone
et Xewhaven
Southampton
Bristol
Harwich
loi 101,9 39,8
Londres et les ports de la Manche ou de la mer du Nord font donc à Liverpool une concurrence de plus en plus grande. Le Liverpool Daily Post dressait en 1896 le tableau suivant :
Royaume-Uni
Liverpool
Millions de livres sterling.)
Importations Exportations
Total.
Importations Exportations
Total.
~ÔÎÏ
soit
soit
soit
173 soit 26,9 p. 100.
En 1875, 31 0/0 du commerce de 1* Angleterre passait par Liverpool; en 1895, 27 0/0 à peine, soit une perte nette de 4,1 0/0, qui, chiffrée par les statistiques de 1895, donnerait une perte annuelle de 26 millions de livres, soit 650 millions de francs. Et que Ton ne regarde pas ces années 1875 et 1895 comme exceptionnelles. C'est par une baisse continue que depuis vingt ans les importations de Liverpool ont passé :
Importations (en millions de livres sterling) : Royaurne-Uni Liverpool
1875-1879 375 98 soit 26,17 p. 100.
LE PROTECTIONNISME loi
Liverpool est en décadence avérée. Elle tombe lentement, mais sans relâche, alors que tous les autres groupes de ports se développent ou se maintiennent. On peut diviser les ports du royaume en un certain nombre de groupes naturels : Liverpool, Manchester, Barrow et Fleetwood forment le groupe de Liverpool ou de la Mersey; Bristol, Gloucester, Newport, Cardiff et Swansea, le groupe de la Severn ; Southampton, Newhaven, Folkestone, Douvres et Harwich relèvent en réalité de Londres; et tous les embarcadères aux embouchures de l'Humber, de la Wear, des Tees et de ta Tyne, forment le groupe de l'Est. En adoptant cette division, les statistiques montrent que la seule Mers îya subi di grosses pertes pour les importations :
105 112 111 1U1 millions de livres sterling.
Severn 12 16 17 16 — —
Londres 171 197 196 203 — —
Groupe de l'Est. 33 49 56 47 — —
Autres port- .. . 49 51 42 47 — —
Mais pour les exportations depuis 1880, la perte s'est sensiblement partagée entre tous les ports. C'est le royaume entier qui voit baisser le nombre de ses acheteurs et le chiffre de leurs commandes :
Mersey 80 102 90 81 millions de livres sterling.
Severn 5 13 14 12 — —
Londres 74 65 59 62 — —
Groupe de l'Est.. 45 41 37 39 — —
Autres ports.... 18 26 25 21 — —
Baisse des exportations pour tout le royaume, développement des importations surtout dans les ports de l'Est, — c'est Londres, Harwich, Hull et les entrepôts de la mer du Nord qui se sont le plus développés, — le commerce anglais pense que ces deux phénomènes ont en la même cause principale dans le réveil de l'Allemagne. Au dehors, ce sont les articles
io2 L ANGLETERRE ET L'IMPERIALISME
allemands qui accaparent l'ancienne clientèle anglaise: en Angleterre, ce sont les bateaux ou les produits allemands qui augmentent de jour en jour le tonnage des ports orientaux. C'est l'Allemagne qui a appauvri l'industrie anglaise et c'est l'Allemagne qui a forcé le commerce anglais à faire, depuis vingt ans, une véritable volte-face. L'Angleterre d'autrefois, servant de façade commerciale à une Europe agricole, regardait l'Atlantique . L'Angleterre d'aujourd'hui s'est retournée vers la mer du Nord, pour faire front à une Europe, et surtout à une Allemagne, qui, jadis sa cliente, ose maintenant la défier dans le champ clos du commerce et de l'industrie.
Sur le pourtour continental de cette mer du Nord, en effet, à toutes les embouchures des fleuves, de l'Escaut à l'Elbe, quatre grands ports allemands, Anvers. Rotterdam. Brème et Hambourg, se sont rouverts, qui, battant pavillon belge, hollandais ou hanséatique. sont tous, en réalité, des embarcadères et des débarcadères germaniques. Grâce aux fleuves qui les prolongent jusqu'au centre du Continent, ces ports ont attiré tous les produits de l'Europe orientale et centrale, et reçu toutes les provisions exotiques pour les peuples et industries de cette Europe. Entre l'Europe et le reste du monde, ils ont peu à peu supprimé l'intermédiaire anglais. Importations et exportations enfilent maintenant le canal de la Manche, sans toucher aux quais de l'Angleterre. L'Allemagne et la Belgique subissent, depuis vingt ans. la même évolution profonde qui, de 1830 à 185U, transforma l'Angleterre agricole en une cité industrielle et commerçante. L'Allemagne surtout, autrefois puissance continentale, s'est prise d'un beau zèle pour les choses maritimes. Le --Û décembre 1897,
l'attaché commercial anglais envoyait de Berlin un long rapport sur les Intérêts maritimes de V Empire allemand '.
L'Allemagne, depuis vingt-six ans, a fait dans toutes les directions des efforts gigantesques. L'établissement d'industries productives a donné du travail à une population toujours grandissante, qui, de 1872 à 1807, a augmenté de 30 0 0 : 41 millions d'âmes en 1872, aujourd'hui 53 millions. L'établissement d'un commerce florissant a doté cette population d'une vie de plus en pins confortable. Ce commerce a grandi de 60 0 0 dans les vingt années dernières. Le trafic des ports allemands a augmenté de 124 0 0 dans son ensemble, ei ce chiffre moyen n'est rien encore. Car le trafic avec l'Angleterre et avec la Méditerranée n'a guère augmenté que de 60 0/0, parce qu'il était très important déjà. Mais, dans certaines mers jadis non fréquentées par lui, le commerce allemand a monté de 128 0/0 avec l'Amérique du Nord, de 475 0/0 avec l'Australie, <!<■ W) 0/0 avec les Indes-Orientales et Orcidentales. Hambourg est le centre. Il suffit de donner les chiffres moyens des vingt dernières années, en millions de marks (1 fr. 2:, :
Importations 1 04S l 559 1 713
Exportations 591 981 1261 1439
Mais tous les autres ports ont, de loin, suivi la même route et leur mouvement total, en millions de tonneaux, est passé de 12.7 pour la période 1873-7o, à 1 4,3 pour la période 1876-80, à 18,3 pour 1881-85, à 23,2 pour 1886-90, à 29,7 pour 1891-95, à 31 pour 1896-97. h. m- ce tonn . part du pavillon allemand s'est élargie d'année en année :