Huant of Trade Journal, 18 janvier
tonnes de minerais étrangers. Elle paie ainsi à l'Espagne, à l'Algérie, à l'Italie, à la Suède, plus de -4 millions de livres sterling 100 millions de francs; l. Les industriels des États-Unis n'ont à compter ni avec les prix ni avec le bon vouloir de l'étranger. Au bord du lac Supérieur, ils exploitent depuis dix ans des amas profonds et étendus qui renfermeraient, au minimum, dit-on, 300 millions de tonnes de minerai, et probablement le double. Grâce aux lacs, aux fleuves et aux canaux, ce minerai est tout voisin des houilles de Pensylvanie. L'industrie américaine se trouve ainsi formidablement armée pour la lutte, et c'est de lutte qu'il va s'agir désormais entre les métallurgistes 6 biitons « pour la conquête du marché universel. Ce que l'Angleterre détenait il y a cinq ans encore, l'Amérique le veut aujourd'hui. Un témoin désintéressé, sympathique pourtant à ses voisins d'Europe , le Journal de Liège, dépeint ainsi les choses 2 :
I/apparition sur les marchés européens de minerais, de fontes et d'aciers américains est venue surprendre désagréablement ceux qui s'étaient habitués à considérer les États- Unis comme un pays mis hors concours par l'excès même de la production européenne. Les Américains avaient tant crié contre la réduction à 20 francs par tonne des droits d'entrée sur la fonte, à 40 francs du droit sur les rails; ils avaient une telle crainte de voir la concurrence européenne envahir leur pays qu'on ne les croyait guère capables de nous disputer sérieusement nos débouchés extérieurs, moins encore notre marché intérieur.
Et voilà que l'on apprend successivement que du minerai de fer exploité sur le lac Champlain, à 350 kilomètres de New-York, a pu arriver jusqu'aux fourneaux du Rhin; que