Blue Book, C-4715, p. 74, 88 et suiv
Or, ces produits étrangers sont, avant tout, des matières premières : caoutchouc '920 mille livres en 1897;, coton brut 939 mille livres , peaux et cuirs (2 millions 300 mille livres), laine brute (5 millions 300 mille livres), etc. Pour les produits ouvrés, l'Amérique commence à se suffire. Elle devient de jour en jour une plus grande puissance industrielle. Elle est devenue déjà la plus grande puissance métallurgique du monde. Ses houillères lui fournissent aujourd'hui autant de charbon qu'en fournissent à l'Angleterre celles du Royaume-Uni.
Production des combustibles minéraux.
Eu millions de Tonnes de 90Q kilogrammes.)
Etats-Unis 31 130 170 200 219
Angleterre 1 1 :;, 1 50 1 8 1 203 226 220
En 1898. elle a extrait à elle seule autant de charbon que le monde entier en 18G8. Aussi la houille américaine, après avoir alimenté le marché indigène, cornmence-t-elle à remplacer le charbon britannique dans les pays voisins. Elle l'a chassé du Canada, où les États-Unis vendent aujourd'hui 3 millions 153 mille tonnes *, alors que l'Angleterre n'en vend que 116 mille. Et voilà deux chiffres que les panbritannistes devraient méditer : les importations de charbons anglais au Canada ont diminué de près de moitié depuis 1868 2. Au Mexique, dans les deux Amériques, il en est ou en sera bientôt de même. Dans le Pacifique, aux Hawaï et aux Philippines, la houille américaine est maintenant installée. Elle est apparue jusqu'en
1. Ces chiffres et les précédents sont empruntés aux circulaires du Comité central des Houillères de France.
2. Charbons anglais au Cana Ja (en milliers de tonnes; : 216 en 1868, 139 en 18T8, 92 en 1868, 116 en 1897.
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Europe. S'offrant partout à des prix de plus en plus bas. elle est sûre de la clientèle universelle si les « lords » de la houille anglaise continuent cette hausse de leurs prix qu'ils ont poussée et soutenue depuis cinq ans. Les Etats-Unis ont des champs de houille décuples en superficie et en épaisseur des houillères anglaises. Ils commencent à chercher une clientèle étrangère et à pénétrer jusque dans cette .Méditerranée que la houille anglaise considère comme son meilleur fiel'. Des chargements ont déjà quitté Philadelphie pour Gibraltar, Gènes, Ancône et Venise, à destination surtout des chemins de fer italiens *.
Et ils ont des mines et des minières de fer telles que l'Angleterre n'en a jamais eu. Leur production d'acier, durant ces trente années dernières, a passé de 19 mille tonnes à 7 millions 402 mille. Leur production de fonte, qui n'était guère en 1871 que le quart de la production anglaise, la dépasse aujourd'hui, et depuis dix ans bientôt :
Production de
fonte
en mil]
iers de tonnes .
États-Unis
i :oG
Royaume-Uni . . .
En 1898, cette production américaine est supérieure à 13 millions de tonnes. Et la supériorité des chiffres n'est rien encore. Les États-Unis, avec leur récolte annuelle de 21 ou '1± millions de tonnes de minerai de fer, ne sont, pour leurs hauts fourneaux, tributaires de personne. L'Angleterre, bon an mal an, est obligée d'emprunter au dehors 5 million- de