‹ L'Angleterre, la Chine et l'IndeChapitre 6 sur 8 · FAC-SIMILE · texte numérisé non relu

FAC-SIMILE

d'une enveloppe de défiche adressée par Su , vice - roi de Canton , et Commissaire im\)érial pour traiter avec les agents diplomatiques étrangers, à Don Simbalco dk Mas, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de la reine d’Espagne en Chine.

Cjù Fac-Similé est réduit au* 25” de l'original.

Les lignes en petits points, V 11 il V, indiquent les ouvertures de l'enveloppe. Les deux lignes parallèles, H H, sont des bandes de papier pelure, collées sur les endroits où il y a des fermetures. On ne peut ouvrir l'enveloppe sans déchirer quelqu'une de ces bandes

Les carrés longs rouges, l) 3 sont des empreintes du sceau «lu plénipotentiaire chinois, apposées sur les fermetures.

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voya, mais l'on ne put obtenir qu'ils ajoutassent rien aux stipulations contenues dans les traités antérieurs; car, disaient-ils, tout ce que l'on nous concéderait à nous autres viendrait par le fait il être concédé aux Anglais. '

A la Hn je me résignai à ce que nous fissions un traité copié à la lettre sur le traité français, avec cette seule différence qu’au lieu de mettre : te roi de France, on mettrait : ta reine d'Espagne, etc. ; mais il s’y refusa aussi.

Je fis encore plus ; voyant que Siu tenait à se rencontrer avec moi, ’ comme il disait , dans une maison particulière (certainement en vue d’établir un précédent dans la manière de traiter arec les plénipotentiaires étrangers), je loi offris d’aller dans l’endroit qu’il m’indiquerait, si celte démarche avait positivement pour objet de signer le traité de la manière qu’il aurait été dit en dernier lieu; mais il s’y refusa également.

La raison qu'il donnait était que « les règles suivant lesquelles doit se

• faire le commerce étranger en Chine sont déjà fixées dans les traités

• signés avec les trois grandes puissances, et que l’empereur ne peut

• faire un nouveau traité particulier avec chacune des petites nations étran-

• gères. •

C’était dire que l’Espagne était une petite nation , et qu'elle ne pouvait être considérée et traitée de la même manière que l’Angleterre, la France et les États-Unis.

Un jour je reçus une communication du gouverneur de Casablanca , ville chinoise voisine de Macao. Par ordre du vice-roi , commissaire impérial , il m'envoyait enchaînés deux naturels de Manille qui avaient tué un Chinois. La communication renfermait quelques dépositions des témoins qui avaient été présents lors de l’événement. L'adresse de la dépêche était formulée de telle sorte que. je devais refuser de l’ouvrir; car on m’y nommait taipan, c’est-à-dire consul ou subrécarguc, et l’on ne m’y donnait point les titres qui m’étaient dus.

L'affaire était cependant sérieuse, les Chinois ne m’envoyaient si spontanément les coupables qu'afin de ne pas laisser comprendre que, quand ils procèdent de la même manière avec les Anglais, ils oc le font que par force; mais si je me refusais à recevoir le pli, et par conséquent les prisonniers, on pouvait se faire un prétexte de mon refus pour leur couper b tête.

Je me décidai donc à ouvrir la dépêche, et j’adressai aussitôt à celui qui m’écrivait, une des enveloppes qui avaient contenu les communications du vice-roi, afin qu’il vit comment celui-ci me traitait et qu’il employât des termes conformes; en effet j'obtins qu’il m'envoyât une autre subscriplion. En résumé, cet incident ne laissa pas que d'être une preuve frappante des progrès accomplis. Quand on se rappelle la rigueur avec laquelle

précédemment le vice-roi de Canton s'attribuait le droit exclusif de juger les Européens; quand on considère qu'en 1834 il s'indignait de ce que le représentant de l’Angleterre, lord Papier, avait eu la prétention de lui adresser une communication et lui ordonnait de lui faire une pétition, on ne saurait s'cmpèciier de s’écrier : Quantum, muta tus *6 Uto

Quant 1 la négociation concernant le traité, les concessions aâkqudles je me prêtai ne servirent de rien , comme je l’avais trop bien prévu; je n'avais, du reste, offert de tes faire que pour sortir de la situation désagréable où je me trouvais.

Mon gouvernement, impatient de me Voir obtenir un arrangement avantageux, ne cessait de me harceler, et allait jusqu’A me dire que je perdais mon temps; mais il exigeait que l'on procédât par voie de conciliation et de bons procédés) voulant absolument me persuader que le gouvernement de la Chine s polir celui d'Espagne une grande considération, quoiqu’il n’en ait (As donné jusqul présent de grandes preuves.

Quant à moi , je tue désespérais e* voyant que je ne pouvais pas fsire comprendre au ministre des affaires étrangères ce que c'était que le pays où j’avais ï négocier, et dans quelles circonstances difficiles je me trouvais. J'exposais que les Chinois étaient a une époque de réaction, qu’ils avaient été encore plut inconvenants envers tes Anglais qn’cnvers nousrnèmes , malgré les forces de terre et de mer que la Grande- Bretagne mainteuait datas cés parages; que not*s pouvions attendre des temps meilleurs comme faisaient les Anglais , et comme ils avaient fait Mirtout lorsque l'ambassadeur, lord Amersth , avait été maltraité ht qu’on avait refusé de le • recevoir t Pékin; qu'une révolte très-grave avait cvlaté contre te gouvernement tartare et pouvait «mener mt bouleversement complet ; qu'une nouvelle guerre avec les Anglais s'allumerait infailliblement avant pen, et ne manquerait pas dé rendre les mandarins pins traitables, liafin j’écrivis plus d'une fois que, si le gouvernement ne voulait ni attendre ni mettre k ma disposition deux ou trois vaisseaux , afin d’inspirer qudque respect k Ces geos-ii, il P avait qu’à envoyer es Chine un autre ministre pour voir s’il serait plus habile ou plus lieu ceux que mois on bien qU’k rkppeterih légation. *

J’ajoutais que, dans ce dernier ces , on devrait laisser en Chine et confier aux soins de notre vice-consol , dans le port portugais de Macao, deux élèves qui étaient attachés à la légdtion pour étudier le dhinois, car il était évident qu’en raison dé ie proximité de notre colonie des Philippines, nous aurions toujours des affaires en Chine.

Je conseillais égaie «cm que l'on ne nommât pks d’outre IgM espagnol outre celui qui était dfqà A Macao, accrédité près «lu gouvernement portugais; car les mandarins, pour se refuser à faire un traité avec nous,

ayant prétexté que l'Espagne était une petite nation et qu’elle ne devait pas être traitée comme l'Angleterre, la France et les États Unis, retirer <a légation sans demander aucune sorte de satisfaction pour le mauvais accueil qui lui avait été fait, et envoyer un consul, c’était évidemment donner raison aux mandarins.

Je demandai instamment, à plusieurs reprises, qu'on me déclarât d’une manière catégorique si je devais accéder aux propositions, pu, pour mieux dire, aux prétentions du commissaire impérial, qui voulait me recevoir dans une des maisons de campagne ou magasins dys commerçants chinois, au, lieu de venir me visiter comme son prédécesseur avait vjsilé lys envoyés d'Angleterre, de France et des États-Unis, et comme lui-même m'avait écrit dans le principe que c’était pour lui mie obligation ; je ne pus jamais obtenir, î> ces demandes réitérées, que des réponses vagues où l'on me répétait d'une part, sous des phrases emphatiques, (a nécessité de conserver intacte la dignité de 1a nation , et de l’autre la nécessité non moins grande de maintenir la bonne harmonie, finissant toujours par laisser à mon jugement la décision à prendre.

A la fin le miniatredes affaires étrangères se décida pour la dernière de mes propositions , et la mission fut rappelée précisément dans les termes que j’avais indiqués.

Je dirai , pour clore cette partie de ('histoire que j'ai entrepris d'ex* poser, qu'aprés mon arrivée è Madrid , un nouveau miuistre, le maFqttis de Mira flores, résolut d'envoyer en Chine un consul général, et quoique j’essayasse de lui faire comprendre que celte mesure u’aurait pour nous d’autre résultats que de nous humilier davantage encore aux yeux des mandarins, qui nous avaient déjà témoigné tant de mépris , je ne pus parvenir è le dissuader. Ne seraiCil pas superflu d'ajouter que ledit consul, bien que tout è fait digue et honorable , n'a jamais été eu présence d’aucune autorité chinoise?

En terminant ee chapitre, je ferai observer que, depuis ie 17 février lWifi, le vice-roi de Canton n’a conféré personnellement avec aucun représentant étranger. Cette interruption de huit apnées dans les relations t|c bonne harmonie, cette longue persistance dans une voie rétrograde, n'aooupçaicntelies p» assez clairement une tourmente prochaine!

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