LOCUTIONS QUE M. TARDIVEL A RANGÉES A TORT PARMI LES ANGLICISMES
Avant d'énumérer les expressions que le savant critique range à torf parmi les anglicismes, il est assez curieux de voir comment il définit l’anglicisme en général.
«Voici, dit-il, comment je définis le véritable anglicisme: Une signification anglaise donnée à un mot français.» (P. 6.)
Franchement je n’y comprends rien. Voilà une formule qui me déroute complètement. J’ai beau la tourner et retourner de: tous sens, je n’y vois point les caractères de l’anglicisme, ou, pour mieux dire, je n’y vois rien du tout. Que peut vouloir dire M.
que ître ma ent,
les ons
Tardivel par ce mot, le plus important de toute la définition : une signification anglaise? Est-ce qu'une signification peut être anglaise, ou française, ou allemande, ou l’un plutôt que l'autre ? Prenons un mot français quelconque, disons collection, comment s'y prendre pour lui donner une signification anglaise ? On pourrait bien lui donner la signification que le mot analogue—collection—a en anglais, ce qui serait un anglicisme ; mais ce n’est pas là donner au mot français collection une signification anglaise,
Du reste, s’il est vrai que l'anglicisme consiste à donner une signification anglaise à un mot français, il s'ensuit qu'il ne peut y avoir d'anglicisme qu'en français, ce qui est très faux.
Pourquoi le savant critique n'a-til pas adopté plutôt la définition que donne le dictionnaire de l’Académie ? C'eût été à la fois beaucoup plus simple, et plus satis' sant pour ses lecteurs.
Voici :
«ANGLICISME, Façon de parler particulière à la langue anglaise.
Il se dit aussi des Façons de parler empruntées à la langue anglaise et transportées dans une autre langue»
Cela se comprend, au moins.
Commençons maintenant notre œuvre de réhabilitation.
10 «On croit trop généralement, dit M. Tardivel, que les seuls anglicismes que l’on ait à nous reprocher sont ces mots anglais qui s’emploient plus souvent en France qu’au Canada, tels que steamer, fair-play, leader, bill, meeting, square, dock, etc. A vrai. dire ce ne sont pas là des anglicismes, et il n’y a que très peu de danger à faire usage de ces expressions, surtout lorsque le mot français correspondant manque.»
Il y a là-dedans un mélange de vrai et de faux, une confusion pire que l'erreur absolue.
Essayons de débrouiller ce chaos. D'abord le savant conférencier donne comme mots anglais, indistinctement, les mots steamer, fair-play, leader, bill, meeting, square, dock. T1 a tort. Passe pour fair-play et leader, qui ne se trouvent pas d&us le dictionnaire de l'Académie ; mais quant à steamer, bill, meeting, square, dock, ce ne sont pas des mots anglais, ce sont des mots empruntés de l'anglais, ce qui est très différent, des mots adoptés par l’Académie, enfin des mots français.
Ouvrez le dictionnaire de l’Académie, vous allez les trouver, tous, avec la manière de les prononcer, avec cette note : emprunté:
de l'anglais, avec une signification bien déterminée, quelquefois deux et même trois acceptions diverses.
Le critique veut bien ajouter que «ce ne sont pas là des anglicismes et qu'il n'y a que très-peu de danger à faire usage de ces expressions, surtout lorsque le mot français correspondant manque.»
Très-peu de danger ! Mais, en vérité, pourquoi cette confusion ? S'il s’agit de steamer, de bill, de meeting, de square, de dock, non seulement il y a très peu de danger, mais il n’y a pas de danger du tout à en faire usage, puisqu'ils sont acceptés par l’Académie ; mais s’il s'agit de fair-play ou de leader, il y a du danger à en faire usage, et un tel danger qu’aux yeux de l’Académie ce serait un barbarisme.
20 Un prétendu anglicisme, qui menace de devenir célèbre, c'est le mot orateur employé comme traduction du mot speaker.
M. Tardivel le dénonce en ces termes :
«M. l’orateur, mauvaise traduction du mot Mr. Speaker. En France, on dit le président de la chambre. Que ne le dit-on ici ? Mais quelqu'un, très-fort sur les nuances du parlementarisme, me répondra peut-être que M. le président ne rend pas tout à fait la signification de Mr. Speaker. Cela est vrai, mais il est également vrai que orateur ne rend pas du tout le mot speaker, qui ne peut se traduire exactement en francais que par une périphrase. Le speaker, dans le parlementaris: ie anglais, est celui qui sert d’organe à la chambre, celui qui cosnmunique avec le chef de l'exécutif. Il est plus que le président d’une assemblée délibérante. Mais le mot orateur signifie un homme qui parle; or, le speaker ne peut prendre partaux débats que lorsque la chambre lége en « comité générah. De tous les députés, c’est lui qui parle l> moins. M. l’orateur est donc un non sens. Qu'on dise soit #.
président, ou bien M. le Speaker» (Page 9.)
Sur ce l’Opinion publique prit feu, contre son habitude, l’Evéwement dit son mot, puis la Minerve; jusqu’à la Concorde, qui appelle l’anathème sur ce pelé, ce galeux d’anglicisme, et qui s’afflige d'avance à la pensée qu’à la première occasion on lira dans tous les journaux : (l’urateur prend son siège, etc., etc.»
Il n’est donc pas ici question de parti, quoiqu'il s'agisse de nommer un personnage politique, et c’est un signe que nousne serons pas longtemps sans nous entendre.
Ecoutons d’abord l’Opinion publique :
« M. Tardivel, du Cancdien, se donne parfois beaucoup de mal
pour rien, dans l’accomL'issement de la tâche qu’il s’est imposée
efois
nglie ces idant
ion ?
, non nger mie ; à en serait
èbre, ker.
En a ici?
isme, à fait égale- , qui péri- 11 qui chef élibéor, le mbre parle oit M.
l'Evé- , qui s'afdans
se de us ne
mal posée
de réformer le langage et les mœurs de ses compatriotes. IL y a quelques jours, il dénonçait l'emploi du mot écuyer comme désignation sociale. Aujourd'hui il s’en prend au mot orateur, qu’il trouve absurde d'employer pour désigner le président de la chambre des communes. Malheureusement pour M. Tardivel, cette traduction du mot speaker est bel et bien consacrée par l’Académie.
« Mais, dit notre excellent ami, cela n’a pas le sens commun d'appeler orateur celui des membres de la chambre qui précisément est le seul qui ne puisse prendre part aux débats. Pardon, cher M. Tardivel, mais vous vous méprenez sur la signification. du mot speaker, qui n’est pas pris ici dans le sens de debater, de discutant (d’après lequel tous les membres de la chambre seraient des orateurs), mais dans le sens de prolocutor ; c’est-à-dire que le président est le seul qui soit autorisé à parler au nom de tous et celui par l'entremise de qui la chambre s'adresse au souverain. RE ainsi qu'il est le prolocutor, l’orateur, le speaker par excelence.»
La Minerve dit à son tour: «Nous ne pensons pas qu'il soit possible de traduire le mot speaker par un autre mot que celui d'orateur. Pourquoi l’on a appelé speaker un homme qui ne parle jamais, nous l'ignorons. Mais le terme orateur n’en dit pas
lus long en français que le mot’ speaker (parleur) en anglais. Force nous est de prendre les choses telles qu’elles sont. Le mot président ne rend pas du tout l’idée. D’autant plus que le mot orateur est maintenant passé dans nos mœurs et dans notre langage.»
L'Opinion publique du 10 écrit :.
« Encore M. Tardivel.
«Le chatouilleux critique nous reproche de vouloir bien lui en remontrer sur l'anglais (1),sa langue maternelle. Nous n'avons jamais eu cette prétention, pas plus que nous n’ambitionnons de lui enseigner le français, notre langue maternelle, à nous. Mais. il nous semble utile de mettre à profit de temps à autre les occasions qui se présentent de montrer un critique acerbe en faute. C’est ce que nous avons fait, à propos du mot écuyer et du mot oraleur.
(1). Allusion à ce passage du Canadien du 11 février . ‘“ M. Gélinas donnant dés leçons d'anglais à un homme dont la langue maternelle est la langue anglaise, c’est un peu fort. Mais glissons là-dessus.
“ Si M. Gélinas s'était donné la peine de lire la petite brochure que M. Tardivel lui a expédiée ces jours-ci, il aurait découvert que notre collaborateur connait parfaitement la signification du mot speaker. Et c’est précisément parce que speaker signifie interprèle, organe, mouthpiece, si vous voulez, qu'il prétend que l’on ne peut pas logiquement le traduire par oraleur, qui signifie un.homme qui fait un discours.”
«M. Tardivel pose pour la modestie et se déclare prêt à remercier quiconque lui signalera ses erreurs. Cependant, dans la même page qui contient cette humble déclaration, il refuse d'admettre la correction du mot speaker, bien que l’Académie reconnaisse cette traduction. Il déclare avec irrévérence «qu’on ne peut logiquement traduire ainsi speaker par orateur, qui signifie un homme qui fait un discours.” Nous allons lui citer les autorités et nous le laisserons ensuite se débrouiller avec elles»
Là-dessus le savant écrivain cite Bescherelle et Littré, puis termine ainsi :
« Voilà pour l’orateur de la chambre des communes. Orateuwr, comme traduction du motspeuker, est ainsi formellement accepté par le dictionnaire. Libre à M. Tardivel de soutenir, après cela, que ce n’est pas logique. C’est son affaire. Qu'il aille le dire à l'Académie.
«Nous prendrons la liberté de le référer (pour renvoyer) aussi à cette fontaine où les savants comme les ignorants ont parfois besoin de puiser, pour qu'il y constate que le mot orateur ne signifie pas exclusivement «un homme qui fait des discours» On appelle orateur d’après Bescherelle, celui qui compose, qui prononce des discours, des ouvrages d'éloquence. Le mot se dit même, au figuré, des choses, comme dans cette phrase de Larochefoucauld : ‘“ Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours.»
Trève de raisonnements. Îl s’agit d’un fait; or, un fait ne se raisonne pas. Le mot orateur employé pour désigner le speaker de la chambre est-il français, oui ou non ? En d’autres
‘termes, est-il accepté par les dictionnaires autorisés, et en parti-
culier par l'Académie, qui fait loi ?
Oui.
Bescherelle, cité par l’'Opinion publique et par la Minerve, dit: «Orateur. Se dit en Angleterre, du président de la chambre des
communes. L’'orateur est élu à la pluralité des voix. C’est lui qui
expose les affaires. »
Littré, à son tour :
«Orateur. En Angleterre, l’orateur, le président de la chämbre des communes. Son major général ide Cromwell) va droit à l’orateur et le fait descendre de Îa chaire -avec violence. Vozr. Mœurs, 181.»
Le dictionnaire Ge l’Académie, au mot orateur dit :
«En Angleterre, l’orateur, le président de la chambre des communes.
Voilà.
Causa finita est.
emerns la efuse lémie qu’on ynifie auto-
puis
atewr, cepté
cela, dire à
assi à arfois ur ne Durs.
, qui se dit se de s qui
it ne er le utres parti-
com-
Maintenant, entassez arguments sur arguments, Pélion sur Ossa, vous n’avancerez ni ne ferez reculer la question d’une ligne. Le fait est là, orateur, comme correspondant du terme speaker, est français.
A propos de cette avalanche d'arguments, je me rappelle la réponse quelque peu brusque d’un bon évêque à son secrétaire. Celui-ci se permettait quelquefois de le contredire, et en appelait à la logique :
— Monseigneur, mais... la logique.
— La logique! la logique! oui, mais encore faut-il que votre logique ait du bon sens.
C’est un peu le défaut de la logique de M. Tardivel : elle man- Que je ne dis pas de bon sens, mais de sens pratique. Au lieu de consulter il raisonne. Or une question de langue est avant tout une question d'expérience, d'observation, de fait. Supposez mème que le savant critique eût raison sur le choix de la méthode et qu’il pût raisonner a priori, le raisonnement qu’il fait n’en serait pas meilleur pour cela : le mot orateur signifie un homme qui parle ; or le speaker ne parle point, ou ne fait pas de discours ; donc traduire spedker par orateur est un non sens.
Mais, d’abord, le speaker parle, puisqu'il sert d’organe à la chambre, qu’il communique avec le chef de l'exécutif.
Ensuite, orateur est au moins aussi logique que speaker, puisque tous les deux veulent également dire parleur, celui qui fait
des discours; c’est un bon orateur, he is a good speaker. Pourquoi
tous les deux r’auraient-il pas aussi l’autre sens, celui de porter la parole au nom de quelqu'un ?
En troisième lieu, où M. Tardivel a-t-il pris qu'orateur ne veut pas dire autre chose que parleur où celui qui parle ou celui qui prononce un discours, qui prend part à un débat? Le mot se dit aussi de quelqu'un qui ne parle pas, et c’est encore l’Acadé. mie qui nous l’apprend : «ORATEUR, celui qui compose, qui prononce des discours, des ouvrages d’éloquence.»
Enfin, M. Tardivel, supposez tout ce que vous voudrez ; supposez que le speaker, comme tel, ne parle jamais; supposez que le mot orateur signifie celui qui parle, qui fait un discours, de quel droit concluez-vous que ce mot ne puisse signifier autre chose ? Si chaque mot avait une signification essentielle et n’en avait essentiellement qu’une, vous pourriez raisonner comme vous raison-
nez en effet : Orateur veut dire celui qui parle, qui fait un discours ;
donc il ne signifle pas celui qui ne parle pas, qui ne fait pas de
discours. Mais, remarquez-le bien, la signification des mots n’est
Î que conventionnelle ; le même mot peut signifier mille choses dis-
| tinctes, mème opposées, et c'est là-dessus que reposent l’équivoque et l’analogie. Dès qu’il y a quelque chose de commun entre deux objets, cela suffit pour qu’on puisse très logiquement les
| désigner par le même mot. Ainsi de ce que le mot orateur
| | signifie un homme qui fait un discours, il ne s'ensuit nullement qu'il ne puisse pas signifier ou ne signifie pas en effet un homme qui n'en fait pas.
A plus forte raison pourrait-il signifier, et très-bien, un homme qui parle au nom de tous les membres d’une chambre, comme le prétend avec beaucoup de raison M. Gélinas.
Le correspondant la Patrie, qui fait rude guerre aux locutions
( vicieuses et aux anglicismes, a donc raison de dire :
«Du moment que l’Académie française admet cette traduction,
| | il ne reste plus qu'à nous incliner, et à laisser nos députés dire | Monsieur l'orateur tant qu'il leur plairas
M. Tardivel s'engage, le 21, «à ne plus importuner ceux qui voudront dire : M. l’Orateur» C’est bien généreux. Il se contentera, dit-il, d'écrire M. le président. J’en doute, et pour l’honneur de M. Tardivel, je veux croire que non jusqu'à preuve du contraire. ‘
30 « Opposer une loi. Il faut s'opposer à, de même que l’on doit
dire s’objecter à et non objecter à» (P. 11.) | On ne dit pas opposer une loi, cela est évident, mais pourquoi * M. Tardivel ajoute-t-il: « De même qu’on doit dire s’objecter à et
non objecter à?» Objecter à est très français. Et s’il ne l'était à | pas, est-ce que s’objecter à le serait davantage ? Dans tous les en
| cas, «je m'objecte à une loi,» comme on dit souvent, n’est pas un
français du tout. na
4o «Il (le rédacteur en chef d’un journal neNonael ) avertira ji
ses correspondants que les manuscrits refusés ne seront pas. (
retournés, voulant dire qu'ils ne seront pas remis.» rai 5 Si c'était là le seul crime du rédacteur en chef ou d'aucun. on
‘l autre rédacteur, il serait difficile de leur jeter la pierre. Larousse fai
| lé prend le mot retourner dans le sens de renvoyer, faire rapporter : d 1! Quand vous aurez lu l’ouvrage que je vous ai prêté, vous me le et
Li retournerez. Cette expression, qui est dans le dictionnaire de pro
is de n’est dis- 1ivontre t les teur nent mme
mme nme
ions
tion, dire
qui itenneur con-
doit
quoi à et était | les
pas
tira
pas.
cun:
sse er :
be le
de:
Larousse, tout aussi bien que législater dans celui de Bescherelle, devrait, ce me semble, trouver grâce, elle aussi, aux yeux de M. Tardivel.
50 Un jour, c'est lui-mème qui nous fait cette confidence, M. Tardivel bondit littéralement.
Qu'était-il donc arrivé ? Je vous le donne en mille. Ecoutez-le :
«Responsable à. Un gouvernement responsable au peuple.— A government responsible to the people. Voilà, m'assure-t-on, un anglicisme du meilleur aloi. Le jour où l’on m'a brusquement ouvert les yeux à cette vérité, j'ai bondi littéralement, car je venais d'employer ce mot dans un article que j'avais signé et il était trop tard pour arrêter l'impression du journal. Je me suis consolé un peu en pensant que personne ne s’en apercevrait, car cet anglicisme, je crois, est absolument universel. On est responsable d'une chose et envers on devant quelqu'un.”
Je ne voudrais pas faire bondir de nouveau M. Tardivel,.
mais il me permettra de lui ouvrir les yeux à mon tour, tout doucement, à cette vérité qui est vraie : c’est que responsable à n’est pas du tout un anglicisme.
«Un corps d'hommes qui n'est responsable à personne n'a la confiance de personne. (Payne.) … Qui donne à sa fille un mari qu’elle hait Est responsable au ciel des fautes qu'elle fait.
(MoLiÈRE.)
Le grand dictionnaire de Larousse dit la même chose.
Enfin, ouvrez le dictionnaire de l’Académie, vous trouverez: Responsable à la postérité.
Vous aviez donc mille fois raison de vous consoler, Monsieur, en pensant que personne, en effet, ne s’apercevrait que ce fût là un anglicisme. Tout le regret qui puisse vous rester maintenant, c’est d’avoir failli communiquer votre erreur aux autres, et, si vous le voulez, d’avoir bondi pour rien.
Quant à l'ami qui vous ouvrit ainsi les yeux, il aura quelque raison de vous traiter un peu moins brusquement à l'avenir, ou on le tiendra pour responsable à la postérité du tort qu’il aura fait à la langue française.
J’ai dépassé les limites ordinaires d’un article bibliographique,
et cependant j'aurais plus d’un mot à dire au savant critique à
propos des expressions : approcher un ministre, —change pour me. nue monnaie, —projet de loi, qui est voté, adopté, —selon M. Tardivel,—mais qui ne passe pas, etc., etc.
LÉ sn.
Comme en le voit, Ja critique à ses dangers. Sous prétexte d’extirper l'ivraie, on arrache quelqueluis le bon grain. Ce n’est pas une raison de se décourager, cependant, ou de manquer de zèle.
N'y eùt-il que le mérite d’avoir attiré l'attention sur tel ou tel. point, que la critique aurait encore rendu un grand service.
Maintenant, suffira-t-il de réclamer, de discuter, de signaler les locutions vicieuses, les anglicismes, etc., dans des articles de journaux ou de revues pour guérir le mal? Non. Il faudrait un ouvrage spécial, mais un ouvrage complet, une espèce de dictionnaire fait exprès pour le pays, où l’on pourrait voir f\cilement la faute à éviter, le mot à apprendre, On me dira qu’il existe déjà des ouvrages de ce genre ; oui, mais aucun de ces ouvrages n’est complet, aucun ne fournit les renseignements voulus; aucun ne fait autorité.
Si quelques écrivains, ou plutôt une société de grammairiens
et de littérateurs, voulait entreprendre un travail de ce genre, la
Revue de Montréal serait prête à le publier, par livraison, pourvu qu'avant de l’imprimer on donnât tout le temps et toute la facilité nécessaires pour examiner ce travail et en faire la critique, de manière qu’à la fin on pût espérer avoir atteint ce qu'il y a de mieux.
Ce n’est pas assez, ce petit livre devrait être partout, dans toutes les écoles, dans les académies, dans les collèges, voire même dans les établissements d'éducation supérieure. Avec leur science, leur persévérance et leur dévouement, les professeurs formeraient une génération d'écrivains et d’orateurs plus heureux que leurs devanciers, car, sans aimer plus que nous la langue . de leurs pères, la belle langue française, ils auraient du moins le mérite et l'honneur de la parler plus correctement.
L'abbé CHANDONNET.
mens es
te d’exest pas de zèle.
r tel ou service.
aler les cles de rait un de dicfucilera qu’il de ces ements
airiens mre, la pourvu facilité que, de y a de
s toutes même cience, formeeureux langue .
moins.