SMART ET
par foi, la v et L ab tre:
im} lui ont de
sél'
dE RES
parce qu'il est établi sur la pierre (D) c'est-h-dire sur la vraie foi, c'est-à-dire sur l'Eglise, qui est ‘la colonne et fondement de la vérité," c'est-à-dire sur Jésus-Christ, qui est ln voie, la vérité et la vie. Jusqu'ici la province de Québec à montré le plus admirable attachement à la foi catholique, à l'Eglise et à «es iministres, Aussi l'Angleterre à reconnu dès l'origine qu'il lui serait impossible Ge lui enlever sa langue, ses mœurs et son esprit, et lui a donné depuis lors la plus ample liberté, Les anglomanes ont montré souvent du dépit à la vue de la puissance et de l'essor de cette race francaise {mais ils n'ont jamais osé tenter, du moins sérieusement et directement, de lui enlever sa langue et su nationalite, Or, cette province peut se débarrasser du Hbéralisme qui l'assiege et la menace: elle peut garder sa foi intacte. comme dans les siecles passés: elle pent demeurer dans son attachement filial à <es pontifes et à <es prêtres Ni les Canadiens-français venaient à trahir leur foi et à renier leurs traditions, ils deviendiaient bien vite le jouet de leurs ennemis : mais S'ils demeurent unis à leurs evéques, et par suite unis entre eux dans l'amour de l'Eglise et de leur nationalité, inv a pas de force au monde qui puisse leur faire perdre leur langue. Au contraire, les tentatives qui pourraient étre faites en vue de les assimiler à la race anglaise auraient pour effet de les attacher plus fortement à leur nationalité et a leurs traditions,
Puis, F'Angleterre ne verra-t-elle pas les revers succéder à cette étonnante prospérité dont elle est constamment favorisée depuis trois siecles 2 Nous ne souhaitons pas que les maux dont elle à afflige les Acadiens. les Peaux-Rouges et tant de peuples indigenes, que Le Tong martyre qu'elle & fait subir à lrlande catholique, que le< injustices dont elle <'est rendue coupable envers la France et plusieurs autres nations civilisées, laccablent à son tour, Non: nous désirons au contraire qu'elle continue d'être visitee par les rosces du ciel et de recevoir la graisse de la terre, de poursuivre son immense tralie avec toutes les nations du monde, de leur vendre les produits de son industrie et d'en rapporter ce qu'elles ont de plus rare et de meilleur. Mais De Maistre dit quelque part que toute la puissance de l'Angleterre repose sur une banque: en cas de banqueroute, que deviendra cette puissance? Cet empire colonial, qui s'étend sur la moitié de Funivers ne ressemble-til pas à la statue de Nabuchodonosor® aux pieds d'argile ? Une pierre détachée on ne sait d'où sans que
(1) Onnis ego qui audit veba mea héec et facit ea, assimilabitur viro sapienti qui ædificavit domum suam supra petrun : et descendit plavia, et Venérant flumina,
et foveraut venti et inrueront in domain illam, et non cecidit: fandata enim erat super petrain. Matth VII 24-25.
personne y ait pris beaucoup de peine, ne peut-elle pas réduire- trait en poussière ce colosse qui étonne maintenant l'univers? L'Es- laiss
pagne a eu d'immenses colonies dans le monde entier : que lui en reste-t-il aujourd'hui ? Que restera:t-il à l'Angleterre de «es race vastes colonies dans cent ans, et peut-être bien plus tôt ? dest Il y a longtemps que l'Angleterre envahit toutes les nations de la de la terre, ne connaîtra-t-elle pas à son tour l'invasion ? Elle à su] jette depuis trois siècles quelques bandes de mercenaires dans rabl toutes les îles des océans et sur toutes les plages des continents “Le pour faire la loi à tous les peuples : ne verra-t-elle pas quelque est | jour une armée aguerrie descendre sur ses côtes, et visiter Lon- hais dres, Manchester et Liverpool ? les el
les ë de 1 tés
Il y a cinquante ans, en France même, dans les collèges où était élevée la jeunesse, les maitres présentaient l'Angleterre à l'admiration de leurs éléves. À per près comme on montre un
‘Sphant aux enfants sur les foires, On nous vantait le génie
, * , . . . » "É colonisateur de l'Angleterre et son régime constitutionnel, que un
l'on félicitait la France et les nations latines d'avoir adopté. A Na
l'heure présente, quel Français est encore sous l'erapire de cette vien étrange fascination ? Le génie d'Albion, pour avoir des colonies. fra n'est-il pas surtout un génie d'hypocrisie et de mensonge, un r'act
génie de brigandage et de rapine ? Nous voyons arriver le mo-
ment où l'introduction Gu régime constitutionnel dans les peu- et s ples latins sera vue du même œil que l'introduction de la franc- la j maconnerie parnti eux, Gu que l'entrée de lopium en Chine. Dès hiss maintenant, les peuples se réveillent de leur stupeur et de leur enfi torpenr à l'égard d'Albion : ils la declarent solennellement la grande corruptrice de la terre, l'injuste dominatrice, la reine de ven malheur : ils s'apprêtent à la mettre au ban du monde civilisé. cat] La Prusse parle de se réconcilier avec la France en vue d'une pee coalition contre la grande usurpatrice, avec la restitution de l'Al- pee sace et de la Lorraine à la France et une compensation largement ve mesurée sur les colonies anglaises pour l'Allemagne, comme con- Fes
ditions fondamentales. L'Angleterre n'a qu'à préter l'oreille pour
entendre de toutes parts le formidable grondement des inimenses voi colères qu'ont soulevées ses usurpations et sa domination. he:
Toutes ces colères amoncelees depuis trois siecles peuvent se les déchaîner brusquement en une tempête terrible qui jette pau il
terre ce colosse aux pieds d'argile. L'Angleterre est toute-puissante maintenant ; elle peut être étrangemeut humiliée dans da quelques années. Elle à une superbe et une arrogance qui semblent défier tous les peuples de la terre et jusqu'au ciel lui-même : ta qui sait si bientôt elle ne demandera pas merci aux nations qu'elle
traite si insolemment et ne sollicitera pas humblement qu'on lui laisse quelques lambeaux de son ancien empire ?
Or,et c'est là que nous en voulons venir, les abaissements de la race anglaise peuvent rendre les anglomanes du Canada plus modestes. Serait-il possible, lorsque tous les peuples rompront le joug de la grande dominatrice, que les Canadiens-français continuassent à subir l'oppression ? Les chances de la lutte, si longtemps favorables aux oppresseurs, se retrouveront en faveur des victimes, “Levez vos veux, Canadiens-françcais, parce que votre rédemption est proche." Vous, battus et conquis par l'Angleterre, toujours haïs et resserrés davantage par la race ennemie de la vôtre, dont les enfants sont forcés de parler la langue des oppresseurs dans les écoles des Etats-Unis et du Manitoba, vous verrez enfin l'astre de la liberté se lever pour vous et vos droits 5ieinement respectés par ceux qui les ont violés si losgtemns
Cette relâche sera plus compléte encore si les Etats-Unis sont enveloppés dans un même châciment que l'Angleterre, comme ils out participé à la même jactance et revendiqué la même domination, Nous avons remarqué le fond d'opposition contre la race francaise qui se trouve dans l'américanisme, et en est un des caractères principaux, et même en est comme l'essence,
Si cette république insolente était humilée avec l'Angleterre et si la race anglaise était frappée en Europe et en Amérique par la justice des hommes et la justice divine, elle serait moins envahissante et moins insolente dans le reste de l'univers et laisserait enfin au Canada la race francaise se développer librement,
Qui sait si l'épreuve ne contribuerait pas à accroître le mouvement de retour des Anglais protestants vers l'unité de l'Eglise catholique ? De Maistre avait pressenti cet heureux mouvement, parce que l'Eglise anglicane était à la fois, de toutes les églises protestantes, et la plus évidemment prés de la vérité et ia plus évidemment en dehors de la vérité. Depuis, d'innombrables conversions se sont opérées parmi les protestants d'Angleterre.
Si ce peuple <e trouvait abandonné de cette prospérité mer- \cilleuse dont il jouic depuis plusieurs siècles, le malheur, le malheur qui est si fécord en réflexions salutaires, ouvrirait peut-être les veux à des multitudes et on verrait l'Angleterre redevenir l'île des saints.
Des lors tomberait l'une des principales causes qui entretient dans une foule d’'Anglais la haine contre Ia race francaise : en cessanc d'être protestants, ils perdraient leur fanatisme protestant contre la véritable religion et contre la race française, qui leur paraît, comme elle l'est, la fille aînée de l'Eglise et la nation
catholique par excellence, Sans doute il n'est pas possible d'unir
ensemble les Anglais et les Français comme ont été unis autrefois deux
les Fra anis et les Polonais: les deux peuples se sont fait la rite «
guerre avant d'être divisés par l'hérésie 5 ils continueront d'être
rivaux apres qu'ils se trouveront catholiques l'un comme l'autre, dans
Mais ln vérité tendra à les unir: les Anglais perdront cette géné
opposition que l'hérésie entretient maintenant en eux contre la alTIX véritable religion et ceux qui la professent, Alors commencera tue
peut-être cette cre nouvelle annoncée par le grand voyant De lui-n Maistre, où l'Eglise catholique marchera de conquête en conquête dess
dans le monde entier, quand la nation anglaise sera unie à lu Ses
. ‘ . ‘ . , . n [LI 9 nation francaise pour porter là vérité catholique à tous Îles rh peuples, fonc
Concluons, cou Si la race canadienne-francaise demeure étroitement unie
dans son attachement à la vraie foi et sa docilité à ses pasteurs, selo si d'autre part la race anglaise se trouve hamiliée, comme on peut leut
le prestuner d'aprés un grand nombre d'indices, et revient à l'unité mat
catholique, comme lespérent invinciblement les hommes les plus just
religieux du mondé entier, la race francaise pourra conserver sa et |
langue et sa nationalité au Canada. On continuera alors de voir \ sou
au Canada les deux peuples vivre ensembie et parler chacun leur des langue sur le même territoire. l'a Ce
La constitution présente du Canada, toute enticre fondée sur fra l'égalité civile et politique des deux nationalités, au lieu de périr, vol comme le révent les anglomanes, sera confirmée: les deux peu- ligi ples vivront côte à côte, mêlés dans les conseils publics et toutes nel les branches de l'administration publique : avant tous les jours lui et partout de continuelles relations d'amitié, d'affaires, de ma- cai riage méme. Leurs: qualités diverses établiront entre eux une leu émulation salutaire qui sera une source féeconde de progrès inces- tio sant=, Lei union deviendra toujours plus étroite, sans devenir mo jamais une confusion ou l'assimilation de l'un par l'autre. Il vien- se] era un temps où les Anglais comme les Français apprendront dés tic l'enfance les deux langues et les parleront toute la vie, comme en de beaucoupde regions de Ex France, les enfants apprennent Ssimulta- les
nement, sur les genoux même de leur mère, la langue francaise et le vieux patois provincial, et continuent de parler lun et l'autre à tous les âges, indifféremment et quotidiennement, Les deux peuples <e trouveront unis sur un même territoire, dans une même vie religieuse, politique et sociale, tout en demeurant disbinct<. à peu près comme en Orient, on voit vivre ensemble, sans se confondre, plusieurs nations d'origine, de langue et de morurs différentes, par exemple Iles Arméniens et les Syriens.
Telle est la solution que nous désirons à la lutte entre les deux races, solution pacifique, conforme aux principes de la charité chrétienne et par conséquent de la vraie civilisation,
Mais est-ce celle que réserve au Canada la Providence divine, dans les conseils de sa justice et de sa miséricorde, pour le bien général de l'Eglise catholique, fin et raison d'être de tout ce qui arrive en ce monde ? Qui peut se flatter de connaître avec certitude l'avenir ? * Mes pensées ne sont pus vos pensées, dit Dieu lui-même : comme le ciel est élevé au-dessus de la terre, ainsi mes desseins surpassent les calculs de Ta prudence humaine, Les pensées de l'homme sont timides et ses prévisions incertaines : "car #* l'horame juge selon les apparences "mais Dieu “serute les profondeurs ” et “ juge “et règle tout “ selon les dispositions du cœur ‘et le vrai mérite des actions libres,
Il juge les actions de chaque homme comme de chaque peuple selon une justice exacte, récompense où punit les nations selon leurs actions bonnes où mauvaises, leur ménage les biens et les maux, la grandeur ou les abaissements, selon les décrets de <a justice et de sa miséricorde, pour la manifestation de sa gloire et le plus grand bien des âmes, Qu'il lui plaise seulement de <e souvenir de sa miséricorde en faveur de la race française dans les destinées qu'il prépare au Canada! Qu'il lui plaise d'épargner la
ace anglaise, mais qu'il lui plaise plus encore de sauver la race francaise ! Qu'il lui plaise d'inspirer aux protestants honnêtes la volonté ferme de résister aux tendances exclusives de leurs coreligionnaires fanatiques, et de maintenir le principe constitutionnel de l'égalité des deux peuples et des deux langues : ais qu'il lui plaise aussi de multiplier de plus en plus les Canadiens-fran: cais, de les unir étroitement entre eux et avec leurs evéques et leurs prêtres, pour qu'ils puissent résister aux causes de dissolution et de ruine qui les menacent ! Qu'il lui plaise surtout, au moment présent, de donner la liberté à la race française dans les sept provinces et de lui rendre ses écoles au M£nitoba ! Si la ju-tice peut prévaloir sur la violence dans les relations entre les deux races, le Canada est l'un des pays du monde qu'attendent les plus magnifiques destinées,