‹ L'anglomanie au Canada [microforme]Chapitre 8 sur 9 · PAPE TAN A LE · texte numérisé non relu

PAPE TAN A LE

tn LL LE

hommes d'Etat comme les hommes d'Eglise, qui ardentes des tnies religieuses et est

% Chacun le comprend, la lutte

préoccupe les provoque les prieres les plus le theme des manifestes électoraux céculaire des deux races, des deux langues et tes deux religions se trouve concentree aujourd'hui dans la Jutte scolaire du Mani-

toba,

Quelques conjectures sur issue de la lutte entre les deux races

Quelle sera au Canada l'issue de ln lutte entre la race franaise et la race anglaise ? L'anglonmante arivera-t-elle un jour A ses | Ou la rare francaise parviendra-t-elle à =auver son exis- +ence, an moins dans tune partie du Canada ?

Avons-nous besoin de remiurquer que si nous HOUs hasardons

Dons SA VoNs Lien que calculs de la sagesse hu-

à essayer une reponses mille circonstances deranger les

jmprevues peuvent venir de prevoir avec certitude l'a-

maine. Jhappartient à Dieu seul venir, parce QU'A Lui seul il un besoin pour l' voir les évenements fu-

appartient d'en disposer souveraine-

nent. Cependant, c'est prit de Fhomime de se cherchera pre

portel Vers l'avenir. et de haines, ou éloignées. En voyant l'op-

turs dans leurs causes proc le qu'il y a dans lAameriq que va-t-il arriver ? L'An-

position proton ue entre les deux races, se demander:

eut empecher de au Canada et y demeurera-

a-t-it definitivement

on ne | glais Feniprorter

t-il seul? Où Île Franceai- S'y conserver nne place

reussira-t-il a

au soleil 7 Si l'on procede pau analagie, c'est-à-dire, si l'on juge de Fa-

venir par le passe. O8 à tout lieu de eraindre pour la race francaise.

Nous avons compte pri rivales. les deux

cedeniment trois Guerres de cent ans entre des deux races Dremieres terminées, la troisieme qui se poursuit actuellement. Or la premiere guerre de cent ans devait naturellement aboutir au t'iomphe de l'Angleterre : si les Francais sont demeures

territoire. ils l'ont dû a une

independants et maitres de

teur intervention miraculeuse de

RATES RASED A Ir € RE d

Dieu, à la mission surnaturelle de Jeanne d'Arc. La seconde guerre de cent ans s'est terminée par le triomphe de la race anglaise : lefdrapeau britannique a fini par flotter sur toute l'Amérique du Nord, même sur l'Acadie. même sur le territoire de Québec.

Donc, en raisonnant par analogie, on peut craindre que la troi-

sième guerre de cent ans, engagée presentement entre les anglo-

manes canadiens et les Canadiens-francais, ne se termine un jour par l'extinction de la langue et de la race françaises sur le continent américain. j

La comparaison entre le caractère des deux peuples conduit à la même conclusion.

La race française est toute chevaleresque : elle prodigue volontiers son or et son sang pour toutes les nobles causes, et souvent même pour des causes mauvaises qui la séduisent par une: apparence de grandeur.

La race anglaise se conduit toujours par des instincts positifs, dans le sens moderne du mot, par le désir de l'argent, du plaisir ou de la domination.

“ Le dévouement est francais, selon le vieux dicton des nations européennes, et Fégoiïsme est anglais.” Le Français a besoirm de se donner, de se sacrifier : l'Anglais n'est pas capable de s'im-moler pour le prochain où pour un idéal, et poursuit avant tout ses propres intérêts. (1) Dévouee et généreuse, la nation francaise se jette en avant, pleine d’élan, affrontant tous les dangers, emportant les résistances d'assaut, ‘avec une sorte de furie,” devenue proverbiale. Egoïste et positive, la nation anglaise ne se résout à une entreprise que lorsqu'elle ÿ voit son profit et peut compter sur le succès ; elle prend les chemins détournés plus souvent que les voies directes : elle à soin de se ménager des intelligences dans la place qu'elle assiege : elle aime mieux faire sauter les citadelles ennemies par des mines souterraines que d'y faire des bréches par des batteries ouvertes.

Or la partie n’est pas égale entre le lion qui bondit sur le sol,

(1) Nous nous souvenons d'avoir entendu dite à un évêque missionnaire de la Nouvelle-Calédonie que les libres perseurs français eux-mêmes avaient plus de cœur pour les pauvres indigènes de ses missions que les Anglais les plus religieux, # Les athées francais, disait-il, comprennent que nous puissions aimer nos sauvages ét nous dévouer à leur faire du bien: car en eux la hbre pensée n'a pas encore étoufte la générosité française ; mais j'ai ratement rencontre des Anglais qui compriscent rien à notre dévouement ; très souvent, j'en ai entendu me dire. Pourquoi perdie votre peine après des êtres dégradés” "+ Eux-mêmes, ajoutait l'évêque missionnaire, les exp oitent comme un vil bétail, et Sils mettent des bornes à leur dureté et ne les traitent pas tout-icfait comme les esclaves du pr ganisme, ce n'est point qu'ils soient reteuts par un sentiment d'humanité, mais par la crainte des regards de Euroie civilisée."”

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et le serpent eaché sous l'herbe, entre le chevalier qui avance cr

rase campagne et le mineur qui approche par des souterrains invisibles, entre une armée qui déploie au soleil tous ses corps et tous ses moyens d'attaque, et un» trornpe dont toute la tactique ne consiste qu'en embuscades et en surprises. —* La patience est plus puissante que la force," et le calcul que la furie qui emporte la ville d'assaut. La nation qui prend conseil et force de son

égoisme réfléchi et en suit avec persévérance les basses résolu-:

tions, finira par circonvenir, embrasser, aveugler et enchaîner, eomme un autre Samson, la nation qui demande ses inspirations à la foi et à l'idéal.

* Les enfants de ténébres.”" qui trament des complots dans l'ombre et vont à l'ennemi dans la nuit ‘sont plus prudents ” et plus heureux sur la terre * que les enfants de lamière ”, que ceux qui <'inspirent des vues élevées et font la guerre en plein jour.

Concluons. Wellington à battu Napoléon ler : la race anglaise, selon les lois de la nature déchne, doit prévaloir sur la race française au Canada,

Cartain:s circonstances particulieres favorisent les pr'tentions anglaises,

Le libéralisme introduit présentement dans la race française du Canada des divisions profondes qui vont probablement augmanter, et un affariblissement funeste et peut-être irrémédiable de la religion et des bonnes mœurs. Tout homme de sang français ne devrait-il pas être pour la cause française et pour la religion catholique au Canada ?

Cependant que voyons-nous depuis quelques années ? Un certain nombre de Francais se liguent avec la race anglaise protestante, avec les pires ennemis de l'Eglise catholique. Pourquoi ? Parce qu'ils sont libéraux, parce que, pour les libéraux, “le eléricalisme, voilà l'ennemi,” et qu'étant les ennemis de lEgli-e et de ses ministres, ils s'allient aux ennemis de la religion catholique et de la langue française, qui est la langue de cette religion dan Amerique du Nord. Dites à ces Français venus de France ou des Etats-Unis qu'ils font cause commune avec les ennemis de la “ace française : plusieurs l'avoueront eyniquement et ajouteront lâchement qu'ils aiment autant parler anglais que français: les autres le nieront et chercherout à se boucher les veux pour ne pas voir l'anglomanie de leurs alliés et traiter vos craintes de chimeériques,

L'Angleterre, au XVIIIe siecle, à donné à la France la francmaconnerie, et ce don à été plus efficace pour abattre sa rivale que

la bataille d'Azincourt où de Trafalgar Dans le Canada. elle -allie aux liberaux de lingue francaise, les groupe dans des loges

et des clubs emploie des Francais pour faire la guerre à la race franeaise, Nous erovons que langlomanie est deux fois plus

redoutable depuis qu'elle a le Hiberalistie pour instrument,

La situation deviendrait beaucoup plus critique pour la race canadienne-francaise si les angloinanes d'Ontario et du Canada, au Heu d'étre peu sympathiques conne ils l'ont été jusqu'ici, aux Yankees et a leur republique, se reconciliaient avec eux et se omettaient a vouloir Fannexion du Canada aux États-Unis. Cette reconethation est possible, car a haine de la religion catho- Hque et de la race francaise est profonde dans le grand nombre des Anglais protestants des deux pese: elle peut leur faire oublier un jourles differences secondaires cuites divisent et les réunir dans us ecroite alliance contre a religion et li race enneimies. Mais si Ps anzlonanes du Canada se mettaient a travailler à l'annexion, ju pourait l'empêcher? Le Canada demeurerait-il longtemps udlependunt des Etats-Unis? Orune fois annexé aux États-Unis, ee Cabo deviendraitit pas rapidement et completement angluis ?

Éinporte dans le tourbillon de la vie américaine, pris dans lenirenage des evoles nationales, abandonnant à cet immense cnouvement daffiires avec les Yankees, garderait-ilencore longtetnpe une empreinte et des couleurs francaises? Que resterait-il, au bout de chqnante ans, des centres francais du Manitoba. de l'Ontario et des autres provinces où domine déja l'élément anclais La provinee de Québec élle-méme pourrait-elle demeurer toujours francaise quand tant d'Etats travailleraient de concert a lui communiquer la vie anghuse, et ne deviendrait-elle pas un jour ce qu'est aujourd'hui la Nouvelle-Orléans? Nous Croyons que si le Canada finissait par être annexe aux Etats-Unis, il ne mettrait guere plus d'un siecle pour perdre l'esprit, les mœurs et la fangne de nos pères,

Nous venons de passer en revue les principaux dangers qui menacent la race francaise an Canada, soit dans le présent, soit dans l'avenir. Heureusement, d'autres considérations donnent heu a des conclusions plus rassurantes.

Tout peuple catholique, fortement attaché à sa

religion, est invincible. FE peut avoir des épreuves,

“La pluie peut tomber, et les enves se précipiter, et les vents souffler et <e déchaîner : mais ce peuple, comme une maison immobile, ne succombera D

as

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