BLAISE PASCAL
L'an de grâce 1654, luiidy 23 novembre, jour de St-Clcmenl pape et martir
et autres, au marlirologe, Veille de Sl-Chrysogone marlir et autres, Depuis environ dix heures et deniy du soir Jusques environ minuit et demy,
Feu.
« Dieu d'Abraham, Dieu d'isaac, Dieu de Jacob,
non des philosophes et des scavans.
Certitude, Certitude, Sentiment, Joye, Paix Dieu de Jesus-Chrisl.
Dcani nu'uni et Deuin vestrani.
« Ton Dieu sera mon Dieu. »
Oubly du monde et de tout, hormis Dieu.
U) Bibliothèque Nationale. Ms. Fr. 9202. Pensées de Pascal, fol. D. — Une reproduction en fac-similé, de ce manuscrit, a été, publiée en 1905, par M. Léon Brunschvicg (Paris, Hachette in-folio.) Au verso du fol. D. de ce document, on lit ce qui suit: « Je soussigné, Prestre, chanoine de l'église de Clermont, certifie que le papier de l'autre part collé sur cette feuille, est écrit de la main de M. Pascal, mon oncle, et fut trouvé après sa mort cousu dans son pourpoint, sous la doubleure avec une bande de parchemin où étoient écrits les mesmes mots et en la mesme forme qu'ils sont icy copiez. « Fait à Paris, ce 25 sepf're mil sept cent onze. Perier. »
Il ne se trouve que par les voyes enseignées dans
l'Evangile.
Grandeur de l'âme humaine.
« Père juste, le monde ne t'a point connu, mais je t'ay
connu. »
Joye, joye, joye, pleurs de joye.
Je m'en suis séparé...
Dereliquerunt me fontem aqiiœ vivœ.
« Mon Dieu me quitterez-vous... »
Que je n'en soyes pas séparé éternellement. « Cette est la vie éternelle, qu'ils te connoissent seul
vray Dieu, et celuy que tu as envoyé. J.-G. »
Jesus-Christ
Jesus-Ghrist
Je- m'en suis séparé, je t'ay fuy, renoncé, crucifié.
Que je n'en soyes jamais séparé...
Il ne se conserve que par les voyes enseignées dans
l'Evangile.
Renonciation totale et douce.
[Soumission totale à Jesus-Christ et à mon directeur.] [Eternellement en joye pour un jour d'exercice sur la
terre.] [Non obliviscar sermones tuos. Amen.] (I).
(1) Les dernières lignes, placées entre crochets, ne figurept pas dans l'original. Elles nous ont été fournies par une copie insérée dans le même manuscrit des Pensées (fol. E.) et qui porte au début cette note marginale : « C'est icy la copie figurée d'un parchemin trouvé après la mort de M. Pascal, mon oncle, écrit de sa main, et cousu dans la doublure de son pourpoint. Perier, Prestre Chanoine, de lEglise Cathédrale de Glermont. » En regard de la dernière phrase, après ces mots : sermones tiios, l'abbé Perier a noté, en marge : « On n'a pu voir distinctement que certains mots de ces deux lignes. » ,
{Note des Editew-s.)