‹ L'animateur: pièce en trois actesChapitre 17 sur 34 · Scène XVI · texte numérisé non relu

Scène XVI

Ls8 JtÈaiES, RENEE

Renée, entrant — Qu'est-ce qui se passe f... J'étais mortellement inquiète toute la journée !... Bonjour, maman !... Quand j'ai su que vous étiez tous au journal, je suis vite accourue, pressentant bien qu'il se passait quelque chose de grave... Et dès la porte, en bas, un coUaborateur m'apprend qu'on te débarque!... Je suis outrée!... Mais peut-être est-ce que je m'exagère...

Dartès. — Non!... C'est la vérité.

Renée. — Tu ne vas pas te laisser faire, je suppose !... Tu vas te défendre... tu vas leur montrer qui tu es!... Je te vois d'ici leur répondre... je...

Geneviève, prenant ia parole. — Renée, les événements sont encore plus gi'aves que tu ne le penses... Nous venons de prendre, ton père et moi, avec l'assen-

timent de Frédéric, des déterminations irrévocables... et nous allons, dès aujourd'hui, les mettre à exécution.

Renée. — C'est-à-dire ?...

Geneviève. — Ton père, pour s'adonner à la force de ses convictions... à une lutte qui va Tabsorber entièrement, réclame une complète liberté. Nous avons donc décidé, momentanément, de nous séparer!... Il désire vivre seul, se recueillir et agir ainsi, sans blesser ni atteindre les siens qui ne voudraient pas avoir, dans ces conditions^ à le juger ou à le blâmer... Cette séparation prend date dès maintenant... Nous vivrons, toi, moi et Frédéric, à la maison, comme de coutume...

Renée. — C'est vrai, çaf...

Dartès. — C'est vrai!...

René. — Tu veux te séparer de nousT...

Dartès. — Je veux... éloigner le passé... tout le passé!... dont le contact, dont la vue seule me fait mal!

Renée. — Alors... le divorce!... Dame, ça s'appelle ainsi! Deux camps... nous et toi?...

Dartès. — Si tu veux!...

Geneviève. — C'est la volonté de ton père!... Nous ne pouvons plus vivre en commun, après cette journée et ce qui s'est passé, c'est impossible!...

Renée. — Et vous acceptez ça, vous?

Geneviève. — Il le faut, pour l'intérêt de tous !...

Renée. — Alors, au moment où tout l'accable, vous allez l'abandonner, comme ça, à lui-même!... Il sera tout seul à souffrir, à lutter!...

Dartès. • — Je ne souffre pas !...

Renée. — H ne souffre pas, cet homme-là f...

Non? Il ne souffre pasf Mais il n'y a qu'à le regarder, tenez... regardez-le! Ses lèvres tremblent... son pauvre front est en sueur !... Il lutte, parce qu'il a du courage !... Mais son angoisse intérieure, tenez !...

Dartès. — Renée, veux-tu te taire !...

Renée. — Sa désolation!

Dartès. — Renée... voyons... assez !... Tu me brises, ne le vois-tu pasf

Renée. — Et il va s'en aller, tout seul... comme un homme puni d'avoir dit ce qu'il avait dans le cœur... tandis que nous! Pas moi... papa... pas moi, ca je te le garantis!...

Dartès. — Renée !...

Renée. — Avec toi, jusqu'au bout, et à tes côtés !... Puisqu'il y a deux camps... c'est tout choisi : je reste là!

Geneviève. — Tu n'as pas à émettre une prétention de ce genre!...

Renée. — Je n'ai pas à... Avec ça!... Nous allons bien voir! N'aie pas peur que je t'abandonne, papa, à l'heure où tu souffres et où tu te bats !... J'aimerais mieux mourir que de ne pas être à tes côtés... ou dans tes brafl!...

Dartès, qui t'est contenu juaque-là, ne pouvant retenir un cri déchirant de triomphe et de douleur. — Ah! VOUS pouvez VOUS en aller!... Vous pouvez disparaître!... Allez-vous-en!... allez-vous-en!... Je suis payé!

Il rétreint.

BZDXAU

LA PETITE ILLUSTRATION

Le cablncl de Invall de Darlès, à Saint-Cloudr

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