‹ L'animateur: pièce en trois actesChapitre 34 sur 34 · LES VOIX · texte numérisé non relu

LES VOIX

— Aasassinl

— Il dit qu'il va ee venger Bnr Gibert!

— Entendez-le, il l'enferme à def pour le tuer!

— Deeeendez-le I

On entend dsni les vocifirations dominer: • Assassinl >

Dartès. ■ — Messieurs, écoutez-moi, je voue en

prie... Aucun bomme n'a le dioît d'en tuer un autre.

Les Voix. — Non, non, descendeE-le...

Dartès. — - Messieurs... éooutez-moi, je vous en

supplie... vous voua trompez,., je disais que je ne suis pas venu venger mon honneur... La vie humaiue

est sacrée... (Un coup de feu relenUt. Datti, recule 1«EJremeiit. Ren^ » précipite ver> lui en criant.) Ce n'est rien,

ce n'est rien... Je suis touché, je crois... Ce n'est rien I...

QiBERT, à u fenêtre. — Quel sst le fou qui a tiret

— Lui. lui 1...

— Mais non, mais non!..,

QiBERT. — Mais, sacredieu, arrêlez-le! Vous l'avez Atteint, monsieur. Je voua renie!... Vous n'êles pas des nôtres!... 11 n'y a pas d'assassin chez nous!... Empoignez-le !

Renée. — Mais tu saignes, \h... Assieds-toi, ne reste pas deboui..

Gibert, à la fenêtre. — Un médecin, vite, un médecin. Allez rue de Tournon, au 23.

Renée, éperdue. — Au secours!... Au secours!...

Gibert. — Le docteur Vallier... Mais oui, mais oui... enfoncez la porte, et vite!

Dartès. — Je souffre, tout à coup, beaucoup... Ne t'effraie pas comme ça!...

Renée. — Non, c'est une égratignure... I.a balle n'a pas traversé le cou... Viens là... sur le canapé...

Gibert. — Ne laissez pas la tête penehi^e en arrière. Maintenez-la droite.

Une

r le toit de

mprlmerîe tend

Dartès. — Si je meurs, mon petit, dis-toi bien que je t'aurai adorée jusqu'à la An...

Renée. — Papa chérit

Dabtès. — Tu es là, Renéef Je ne te vois plus, il faut que tu vives, toi... C'est mon ordre!... Tu es mon enfant, mon enfant adorée... Je n'ai aimé que toi... Pense à la cause... il faut... et puis, que ta leur dises que mon dernier mot a été... en avant, eu avant !...

Gibert, à la porte qu'il vient d'ouvrir, — Entrez tous!

i ks

I Ave:

i tous qilt

les camelots, les lypos en blouse. On s.

VOUS arrêté le misérable t

Thalabert, — Immédiatement.

Un Rédacteur. — Il a eru que vous étiez en danger!

Gibert. — C'est une indignité qui rejaillit sur nous tousl...

Thalabert. — Eh bien, patron, publions-nous î

Gibert. — Attendez de nouveaux ordres. (On s'empresse autour de la viciïrne. Gihen, désiriant le sac à main

prés de Renée.) Enlevez-lui ça.., vite, elle serait capable, dans son désesj>oir...

Renée, k débatunt. — Laissez-moi... laissez-moi ! Assassins! bourreaux!... Laissez-moi, me l'avez tué!...

Thalabert. — Nous ne l'avons pas tué.

Gibert. — Non, nous ne l'avons pas tué!

Renée. — Oui, vous avez raison ! II n'est pas mort... 11 vit!... Des êtres comme lui on ne peut pas les tuer, en tendez- vous, bandits!... 11 vivra en moi qui suis sa eréatnre!... en moi qui ai reçu son souffle!... Il vivra en des millions d'âmes! II eriera par des millions de bouches : En avant, en avant! Laissez-moi... laissez-moi, tous.,. (Elle te précipite sur

Dartii expirant et esiaie de le loulfver.) Père, lève-toi,.. Il

le faut, allons-nous-en... Viens que je t'emporte, mon araour, viens, papa, mon seul amour au monde... Ne t'en va pas... Ils ne t'ont pas tué, ce n'est jin.s possible ! Viens, viens... Ton souffle, ton souftle, jusqu'au bout!

Elle tient la téle inanimée. Tout à coup elle s'apcrsoii que l'âme en cet partie... Elle pouuc un hurlement de détreiie. La tête de Dirtèi retombe lut le canipé.

(liberl iM. Uumiuy>

L'Animateur, au théâtre du Qymnase.

rlïDis qae la Vierge folle, reprise au Théâtre de Paris, poursuivait devant des salles pleines le cours de ses représentations» de telle sorte que la direction de oet établissement ne prévoyait alors que pour une date éloignée la reprise de la pièce qui lui succéderait (un autre succès :

VEnfani de Toffiour), Fauteur de ces deux œuvres, M. Henry Bataille, donnait, au Gymnase, la première représentation de VAnimateur^ pièce d'amour, de passion comme les précédentes, quoique ces mots puissent être pris, oette fois, dans un sens plus burge, plus généraL

M. Henry Bataille a d'ailleurs, dans Exulâior, à la veille de cette représentation, résumé le dessein de son ouvrage, exposé comment V Animateur se conformait exactement à la conception qu'il s'est faite depuis longtemps de Fart dramatique, insistant notamment sur ceci qu'aucune des individualités représentées dans ces trois actes ne doit être considérée comme son porte-parole :

« Les déclarations, les pétitions de principe des personnages n'engagent que leur propre responsabilité Aucune d'entre elles n'est qualifiée pour représenter les opinions de Fauteur.

Celui-ci, simple . observateur, vivant à Fécart de tout parti ^ris intellectuel, appartient à oette mnombrable phalan^ d'êtres humains dont les aspirations tendent à Fapaiwement, à ta raison, et qui se refusent à considérer 1» haine comme Faboutissement suprême de nos efforta Humble dootnne, qui fait 1» foi de bien des cœurs ! Et je ne sadke pas que la simple et formelle croyance en un avenir meilleur, plus fraternel, la soumission à des idéals de pitiés de justice, qu'ils nous viennent a travers les sièckt de Fexpérieiioe nazsdréenne ou des horizons de la libre pensée, puisse mériter le nom dd thèse spécifiquement politique ? Ce sont là des tendances générales, voilà f^nt.

Elles peuvent baigner Fatmospnère et le principe de la pièce sans influer poor cela sur le libre arbitre de nos personnam, que nous voulons absolu.

■ La vérité est que Fouvràge prend pour fond (pour fond seulement) le vaste champ clos des aspirations sociales actuelles. Ce n'est ik qu'un terrain préparatoire. Le . tijtie indiqué déjà à hu seul que Fintérêt de la'pâce est ailleurs et qu'il réside ezchuSî^ ment, comme d'habitude, dans une peinture de caractère généralisée et dans une crise de sentiment.

» Ce mot d'animateur doit être pris dans son sens double : Fanimateur d'une créature et aussi Fanimateur d'une idée et d'une foule. Que désigne, en effet, au juste, ce substantif 7 CV'lui qui, d'abord, possède le don par-

ticulier de donner vie aux idées et ensuite de les insuffler aux autres ; un éveiUeur d'ftmes, qui, en les initiant à la vie supérieure, les modèle, les façonne, non pas à sa propre image, mais à Fimage d'âmes plus universelles. Ce n'est pas le créateur. H faut établir une distinction importante entre le créateur et Fanimateur. Le créateur, c'est le père direct, naturel, intellectuellement ou physiquement parlant; sa fonction implique ou le uen charnel ou la transmission normale d'une pensée, d'un idéal, d'un dogme que la progéniture ne fera que continuer. Tout père est créateur de son ensuit, nuûs il n'en est pas fatalement Fanimateur. Ce que désigne donc ce dernier nom, c'est un directeur de conscience, qui a le don d'intensité, un organisme spirituel qui exerce une attraction irrésistible et communique à des ftmes, plus ou moins passives jusque-là, le pouvoir de palpiter par elles-mêmes et d'accéder a la vie supérieure, celle des idées ou de la passion... L'animateur n'est pas nécessairement le promulgatenr de la doctrine, ou de la théorie à laqueUe il se dévoue. H ne Fa pas lui-même découverte; la plupart du temps, c'est, au contraire, un miroir réfracteur, parfois très inférieur à ceux qui ont ^nis les rayons. H ne l'emporte sur eux que par des qualités spéciales... C'est le cas, précisément, du personnage qui donne son titre à ma pièce, et qui, tardivement marqué du signe, anime aussi bien une créature, une âme près de la sienne (et ceci est au premier plan de la pièce : les réatstions d'un cerveau sur un autre) qu'une foule éloignée dont on ne percevra sur la scène que de lointains échos...

» Notez que Fanimateur n'a pas besoin, pour convertir, de développements oratoires : il n'excelle pas, loin de là, dans la dialectique ou Fanalyse, non. H appelle, il crie, il prouve :

cela suffit, il procède par impulsion.

La passion de la vérité ou de ce qu'il croit la vérité, s'empare de lui, à mesure qu'il la découvre ou qu'il Fapprofondit ; il lui sacrifie joie et honneur. Dans ma pièce, on ne le verra qu'agir et non disbourif; il n'appa?

raît. nécessairement qu'^ raccourci^ oonfondu dans Faction et les tourments de sa propre existence...

» Sous ce double caractère intime et flénér&l, la pièce prétend montrer la rorce, la suprématie des idées — des grandes idées qui conduisent le monde -7-' supérieures aux liens de la duûr, aux liens naturels des ind^ vidos. C'est une vérité merveilleuse que les idées nous absorbent, que leurs attractions rompent les liens de famille, de sang, de race, les ascendances, ■ ces groupements naturels qu'elles passent d'ailleurs beaucoujp en', puissance et en .qualité,, pour nous réunir, les uns et les autres dans de prodigieux agrégats,' dans oette fratendâ supiime d'où sortent les

grands mouvements sociaux de Fhistoxre et de la vie des peuples 1

M. Henry Bataille peut se flatter d'être lui-même, au thâtre, un exceptionnel c animateur b de foule. H y a longtemps qu'un public n'avait été aussi vibrant, aussi frémissant que celui de la répétition générale de oette pièce. Les passions qui, sur la scène, soulevaient lea personnages»

faillirent, à plus d'une reprise, passer en tornade dans la salle où, après des c mouvements divers », pour employer la formule des comptes rendus sténographiques du Journal offU delt tout s'acheva, ainsi qu'aux représentations ultérieures, en applaudissements pour Fauteur et ses interprètes.

Les journaux du lendemain et des jours suivants sont natureUement» à plus d'un titre, intéressants à consulter.

M. Nozière, dans filventr, constate qu'avec ce drame Henry Bataille a triomphé une fois encore :

« UAnimaieur est, sans doute, la

Êièce la plus puissante, la plus sobre, h plus directe qu'il ait écrite. Ses adversaires lui ont souvent reproché d'orner son théâtre de développements qu'ils qualifiaient — avec un dédaôn assez comique ! — de littéraires. Us Faccusaient aussi d'être un auteur immoral parce que — tout comme le fait M. François de Curel — il a étudié les confiits de la chair et de Feeprit. Tout le monde devra reconnaître qu'en cet ouvrage il s'est interdit toute digression et nul ne pourra découvrir des germes morbides en ces trois actes. »

Et M. Nozière conclut :

c BataiDe ne nous offre pas seulement aujourd'hui une œuvre psychologique. Cest aussi une comédie politique, — comédie très âpre, très violente, très hardie. »

M. Antoine se déclare extrêmement heureux que Bi. Henry Bataille consente enfin à délaisser un peu ses babituellee études de psychologie féminine et de théâtre romanesque pour se jeter dans là bataille des idées :

I II paraissait, en effet, depuis quelques années^ à ses plus ardents admirateurs, que Fauteur pénétrant de tant d'aventures passionnées se devait, et nous devait» de mettre son talent inaffuifique au service des questions ^générales, qui, désormais, sont les semés susceptibles d'animer vraiment nos consciences ravagées et nos écrits ancoissés de Favenir... Certes, lorsqiTil fouillait jusqu'aux ontndlles une créature égarée de passion ou folle de désespoir, il réalisait

LA PETITE ILLUSTRATION

d'émouvantes visîonSy mais il est bon que, Fun des premiers, il démêle que, désormais, nous ne nous passionnerons plus guère aux catastrophes intimes lorsque F humanité entière saigne, déchirée, et que la vie des peuples est en suspens. »

Ce n'est pas qu'au point de vue strictement dramatique rAnitnaieur se classe, pour le fameux chroniqueur théâtral de rinfonnaiion, au-dessus des pièces précédentes :

c Certaines de oelles*oi atteignirent une telle perfection qu'elles restent les parfaits témoignages d'un réel génie dramatique, mais par sa palpitation, sa générosité, le nouveau drame propage une émotion plus large et plus profonde. Des questions si graves sont posées, partout autour de nous, que tout esprit ressent le choc puissant de T Animatelir ; la

Êièoe prend la conscience publique à b gorge, et, avec F énorme retentissement du théâtre, dans la lumière aveuglante de la scène, elle sonime chacun de nous de se découvrir, de se

Srédser et de choisir sa itoute; Point 'équivoque devant.' ce r< réquisitoire contre les mœurs publiques,, cette peinture de la démocratie montante et des résistances désespérées dû vieux monde : on nous requiert d'oser, enfin, dire à naute voix lés pardfes décisives qui enrôleront chacun datis les forces i^trogrades ou vers les espoirs nouveaux. »

M. Roland Dorgelôs n'hésite pas à proclamer qu'il y a là un chef-d'œuvre :

a Surtout — écrit-il dans la Lanieme — qu'on n'aille pas voir dans ote trois actes déchirants une pièce à clé, qu'on ne cherche pas à mettre des noms sur ces personnages ; oh ! non, ce serait impie. L'Animateur vaut mieux que cela» ce n'est pas telle c affaire » ou telle autre qu'elle évoque, elle les fait revivre toutes, intensément, et Fon croit retrouver, épurées, des angoisses, des stupeurs, des colères, qu'on a déjà connues. V Animateur ya prendre dans le théâtre contemporain une place capitale : regardez bien, c'est notre époque qui passe... »

Dans le Oaulois, M. Pierre Wolff, sans vouloir discuter la question de l'opportimité d'un pareil sujet à l'heure actuelle, constate que « jamais M. Henry Bataille n'avait fait preuve d'une pareille maîtrise b :

c L'intrigue, qui permet aux personnages de soutenir les différentes thèses opposées, est d'une grande élévation et d'une réalisation dramatique puissante. »

M. André Rivoire, dans VEcho de Pariât convient également que M.

Henry Bataille a trouvé là une preuve nouvelle de sa maîtrise dramatique et qu'il a pu, en écrivant certaines pages de son œuvre, qui sont d'un poète sensible et frémissant, avoir l'impression qu'il se gardait pur de

tout parti pris intellectuel et social.

Mais, ajoute- 1- il, ceux de ses personnages qui se rattachent aux partis d'avant-garde sont parés de toutes les qualités qui peuvent les rendre sympathiques, les autres ont contre eux tout ce qui peut les faire détester...

Tel n'est pas absolument Favîs de M. Adolphe Brisson, dans le Tempe, pour qui le personnage principal est, au contraire, fort loin d'être irréprochable, ayant, dans l'acte initial du drame, manqué de franchise ou d'audace... Objections que le public ne formule point :

c Jl est conquis par la rapidité du drame, les grâces émouvantes d'un verbe frémissant et nuancé^ le prolongement humain des personnages. Il subit Fensoroellement du.poète, toujours' vibrant et apitoyé. .»

Mais M. Femand Gregh nous avoue, dans Comadia, 'qu'il est sorti' fort troublé de la représentation dé cette pièce, dont la «sincérité, dit-il, est d'ailleius indiscutable et qui xoaintient spn auteur aU premier rang :

« On ira chercher plus tard, dans ses dri^mes, des témoignages sur uétre sensibilité et E(ur' nôtre esprit. On y verra qu'un an après Farmistice la France recommençait à tendre les mains, ces maibs sanglantes, ces mains meurtries, ces mains qui ont failli être Coupées par le glaive allemand, vers la flamme lointaine de l'amour... b

' M. Robert de fiers a. éprouvé des sentiments assez semblables à ceux de M. Femand Gregh, tout en reconnaissant aussi qu'il y a peut-être là ce que M. Henry Bataille a écrit de plus parfait : '

« Nous y avons admiré, une fois de plus, une étonnante maîtrise dans la conduite de l'action, une manière plus simple, plus directe, plus dépouillée d'artifice dans l'exécution des scènes, une observation audacieuse et profonde du cœur et de l'esprit, et pardessus tout ce frémissement pathétique de la vie, que M. Henry Bataille enrichit sans cesse de ses dons dramatiques et poétiques, b

Mais M. Robert de Fiers voit, dans ces troii actes, deux pièces fondues en ime seule, une pièce d'idées et une pièce de sentiment :

« La seconde absorbe la première...

Le véritable sujet de l'ouvrage est, avant tout, un drame de famille, un drame intime dont la signification essentielle se résume à ceci : Existet-il de père à fille des liens spirituels, supérieurs aux liens du sang et susceptibles de les remplacer 7 M.

Henry Bataille a traité ce sujet-là avec une puissance admirable. »

Quelques autres critiques font la même distinction et déclarent même préférer le drame de sentiment au drame d'idées. Cependant, au Jour-

nal des Débats, JA, Henry Bidou fait une intéressante étude précisément sur la force grandissante des idées dans le théâtre de M. Henry Bataille. Ses drames furent faits d'abotd imiquement de passions déchaînées, puis de passions ou de sentiments en conflit avec des idées, puis de sentiments en collaboration avec des idées ; cette fois les idées engendrent les sentiments et les grandes passions ne sont que des idées déchaînées :

« Ici nous voyons F idée toute-puissante emporter les résistances do l'homme, se substituer à la naturo dans une parenté plus forte que la chair, vaincre Fégoîsme, créer l(*s passions et les actes. Que tout soit esprit. M. Bataille Fa montré par le»

moyens 'dont il dispose, c'est-à-diro dao? les images d'un drame pathétique. B

Critique ^gace et pénétrante, Colette écrit dans le Matin :

a Echo sonord B, Henry Bataille est celu: qiii recueille les moindres vibrations d'une? époque et nous les rejette. Lé théâtre dé BataiÛe est écrit avec % nos oei:f^, 'nos passions, nos idées, nos r^vilenies» notre politique et ses eirements ptbrfois nobles, MeAa combien la main qui nous peint & nous-mêmes' est' sûre, comme elle mène, par un ôhéinin parfois insaisissablo, presque toujours infailliblf^, F idée pure jusqu'au sentiment humain ! ^i Dartès, ni sa fille éperdue ne nous disent, en tirades, qu'un homme ^hd est celui qui a immolé à son; idéal . Famour, la famille et la paix d^Une vie simple ; non : ils ont vécu devant nous cet arrachement quasi mystique. »

n n'est évidemment pas possible d'aller plus loin que M"^ Yvonne de Bray dans l'identification d'une interprète avec le personnage qu'elle est chargée de représenter. Cette belle artiste s'e^t, de l'aveu de tous, égalée aux plus grandes.

M. ArquiUière a manifesté, dans le rôle de Dartès, les dons abondants de sa nature généreuse et forte.

Deux rôles particulièrement difficiles, pour dos raisons diverses, sont celui du pamphlétaire Gibert et de Mme Dartès. Ils ont été tenus avec toute F énergie et tout le tact désirables par M. Dumény et par M""® Henriette Roggers. Des rôles d'importance moindre ont été d'ailleurs joués avec un soin égal. Entre autres, M. Armand Bour a campé un type étonnamment juste de révolutionnaire idéaliste, et M. Berthier un tyjïe saisissant de vieux parlemontaiitî rompu aux présidences de conseils d'administration.

Gaston Sobbets.

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